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Actualités - Chronologie

Iran : Khatami contre-attaque

Le président iranien Mohammad Khatami, privé de son ministre de l’Intérieur par les conservateurs, majoritaires au Parlement, ne montre aucun signe de fléchissement dans sa politique d’ouverture politique et sociale, se permettant même de contre-attaquer: outre le maintien de Nouri au pouvoir à un autre poste, il a décidé de confier le portefeuille de l’Intérieur à Mostafa Tajzadeh, principal conseiller de l’ancien ministre. La nomination rapide du ministre Abdollah Nouri au poste de vice-président pour le Développement et les Affaires sociales, juste après sa destitution, montre la détermination du président à mener à bien les réformes promises avant son élection-surprise il y a un an, estiment hier les observateurs. Le commentaire du quotidien «Jomhuri Eslami», défenseur des conservateurs, souligne la gêne de ces derniers, qui sont conscients de la popularité de Khatami — il a recueilli 75% des suffrages en mais 1997. La motion de censure adoptée dimanche par le Majlis contre le ministre de l’Intérieur, accusé d’ébranler la stabilité politique et sociale de la République islamique, ne devrait pas être un motif de fierté, écrit-il. «Le groupe, qui a obtenu la destitution (...), doit garder à l’esprit que les intérêts de la nation et de la révolution (islamique)priment sur ceux d’une quelconque faction». L’évolution de Nouri, promoteur de modestes réformes enveloppées sous le terme d’«évolution politique»— un assouplissement encore mal défini des règles strictes de la République islamique — ne semble pour l’instant pas avoir déstabilisé le président Khatami. Eviter l’exemple libanais Au contraire, celui-ci a choisi la contre-attaque. Outre le maintien de Nouri au gouvernement, à un autre poste, il a provisoirement confié le ministère de l’Intérieur au principal conseiller de l’ancien ministre, Mostafa Tajzadeh. Il entend ainsi assurer une certaine continuité dans une administration hautement sensible qui a la responsabilité d’autoriser les manifestations, d’organiser les élections et de nommer les gouverneurs provinciaux. L’action de Nouri à ce poste, même timide, a montré «que les conservateurs étaient réellement vulnérables à la liberté et à la participation populaire, ainsi qu’aux nouvelles tendances économiques», estime l’économiste privé Fariborz Raisdana. Le président est prêt à attendre le renouvellement du Majlis actuel d’où il espère évincer ses adversaires lors des prochaines élections législatives en mars 2000, ajoute-t-il. «Khatami persuadera les gens de faire preuve de patience pour ensuite voter contre la droite». Le débat qui a précédé le vote de la motion de censure contre Abdollah Nouri a nettement souligné la crispation du clergé conservateur face à la politique de Khatami, chantre de la société civile, des jeunes et des femmes en particulier. «Notre pays fait face à de graves problèmes économiques qui ne peuvent être résolus que dans une atmosphère apaisée. Malheureusement le ministre de l’Intérieur se dirigeait dans la direction opposée», avait dit le vice-président du Majlis, Mohammad Rezza Bahonar, lors du débat. «Si cette tendance se poursuit, le résultat sera proche de ce qu’était le Liban il y a quelques années ou de la Yougoslavie. L’attitude de M. Nouri est dangereuse pour l’avenir politique du pays», avait-il ajouté. A la tribune, Abdollah Nouri avait de son côté défendu son bilan et ajouté que sa révocation serait sans effet sur la politique d’ouverture menée par Khatami. «Soyez certains que le gouvernement est si fort que semblable question ne peut pas l’affaiblir. Quel que soit le ministre de l’Intérieur, il devra continuer sur la voie de l’évolution politique». (Reuters)
Le président iranien Mohammad Khatami, privé de son ministre de l’Intérieur par les conservateurs, majoritaires au Parlement, ne montre aucun signe de fléchissement dans sa politique d’ouverture politique et sociale, se permettant même de contre-attaquer: outre le maintien de Nouri au pouvoir à un autre poste, il a décidé de confier le portefeuille de l’Intérieur à Mostafa Tajzadeh, principal conseiller de l’ancien ministre. La nomination rapide du ministre Abdollah Nouri au poste de vice-président pour le Développement et les Affaires sociales, juste après sa destitution, montre la détermination du président à mener à bien les réformes promises avant son élection-surprise il y a un an, estiment hier les observateurs. Le commentaire du quotidien «Jomhuri Eslami», défenseur des conservateurs, souligne la...