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Actualités - Chronologie

Le gouvernement russe agite le spectre d'une dévaluation du rouble

Le gouvernement russe a agité lundi le spectre d’une dévaluation du rouble pour convaincre les députés d’adopter rapidement un programme anticrise qu’ils doivent examiner à partir de mercredi. Le ministre des Finances Mikhaïl Zadornov a averti qu’une dévaluation de la devise russe était à craindre dans les prochains mois si la collecte des impôts n’augmentait pas, l’un des principaux objectifs visés par le plan gouvernemental adopté sous la pression du Fonds monétaire international (FMI). C’est la première fois qu’un responsable russe évoque aussi ouvertement une dévaluation du rouble jusqu’à présent exclue sur tous les tons par les autorités qui ont à chaque fois que nécessaire relevé les taux d’intérêt. A la veille de l’examen par la Douma du plan de grande rigueur, le gouvernement n’a cessé de dramatiser la situation économique pour mettre les députés face à leurs responsabilités. Soit dans les 3 ou 4 prochains mois, «la collecte des impôts est augmentée d’un tiers, soit nous aurons une dévaluation», a averti le ministre russe devant la commission budgétaire de la Douma à laquelle il présentait la moitié de la vingtaine de projets de loi accompagnant le plan anticrise. «Soit nous collectons des impôts par la voie des amendements législatifs, soit d’autres scénarios différents nous attendent», a-t-il averti. Si les députés refusent d’adopter ce programme, cela signifiera d’importantes hausses des prix et «nous mettra sous la menace d’autres pertes dues au changement du cours du rouble», a prévenu M. Zadornov, cité par l’agence Interfax. «Vous n’aiderez pas la population si vous rejetez les propositions du gouvernement sur le programme anticrise», a-t-il lancé. Le premier ministre russe Sergueï Kirienko a joint sa voix lundi à celle de son ministre des Finances en déclarant que si ce plan n’était pas «mis en œuvre dans les plus brefs délais, alors la sécurité et l’intégrité de l’Etat seraient menacées». M. Kirienko s’exprimait à l’issue d’un entretien au Kremlin avec le président Boris Eltsine qui a profité de l’occasion pour appeler les députés «à travailler plus vite» pour adopter le programme de rigueur. Celui-ci prévoit une réduction des dépenses de 42 milliards (6,7 milliards de dollars environ) et une augmentation des recettes de 20 milliards de roubles (3,2 milliards de dollars environ). Dimanche soir, le vice-premier ministre russe Boris Nemtsov a déjà exhorté les députés à sauver la Russie de la «faillite». Le chef du PC russe, qui domine la Douma, Guennadi Ziouganov a d’ores et déjà prévenu que le débat serait difficile au Parlement, qualifiant pour sa part le plan du gouvernement de «programme de faillite». Martin Gilman, le chef de la mission du FMI en Russie, a estimé ce week-end qu’une dévaluation du rouble «ne résoudrait pas le problème budgétaire mais l’aggraverait». La stabilité du rouble est le principal acquis de six ans de réformes. Sous pression depuis plusieurs semaines, le rouble s’est redressé lundi sur le marché interbancaire gagnant 3 kopecks grâce au relèvement des taux d’intérêt par la Banque centrale, le dollar s’inscrivant à 6,194 roubles contre 6,225 roubles vendredi. Les investisseurs demeurent cependant nerveux à l’égard de la Russie craignant qu’elle ne soit pas en mesure de maîtriser un endettement croissant. Les actions ont ainsi poursuivi leur glissade lundi perdant la mi-journée 4,6%, selon l’indice RTS. «Il y a un climat d’incertitudes dû notamment à la baisse des cours du pétrole», une importante source de devises pour le pays, a remarqué un courtier Tom Brackenbury de la firme Rinako Plus. (AFP) Le manque de confiance des investisseurs a également été reflété par une nouvelle hausse des rendements sur les bons du trésor qui ont grimpé à 83% pour les obligations à un an, alourdissant d’autant le service de la dette interne constituée d’obligations d’Etat. Une mission du FMI se trouve actuellement à Moscou pour négocier une aide d’urgence d’au moins 10 milliards de dollars à la Russie, seule susceptible aux yeux des experts d’éviter à l’économie russe un effondrement dans le sillage des turbulences en Asie.
Le gouvernement russe a agité lundi le spectre d’une dévaluation du rouble pour convaincre les députés d’adopter rapidement un programme anticrise qu’ils doivent examiner à partir de mercredi. Le ministre des Finances Mikhaïl Zadornov a averti qu’une dévaluation de la devise russe était à craindre dans les prochains mois si la collecte des impôts n’augmentait pas, l’un des principaux objectifs visés par le plan gouvernemental adopté sous la pression du Fonds monétaire international (FMI). C’est la première fois qu’un responsable russe évoque aussi ouvertement une dévaluation du rouble jusqu’à présent exclue sur tous les tons par les autorités qui ont à chaque fois que nécessaire relevé les taux d’intérêt. A la veille de l’examen par la Douma du plan de grande rigueur, le gouvernement n’a...