Battu mais content: le président Hussein Husseini reconnaît que les municipales étaient indispensables…pour tamiser le terrain, faire ressortir les positions effectives de toute famille comme de tout parti ou de tout courant politique. A son avis, axé comme on voit sur l’aspect politique de l’échéance plutôt que sur sa vocation utilitaire, les municipales ont permis une décantation des rapports de force devant présider à la formation des listes lors des prochaines législatives. Reprenant à son propre compte la méthode de la globalisation utilisée par ses adversaires du Hezbollah pour minimiser leur déroute à Baalbeck, l’ancien président de la Chambre relativise sa défaite à Chmestar en notant que le faisceau d’alliances auquel il appartient l’a emporté haut la main à Zahlé comme à Baalbeck ou à Jebb Jannine. Il affirme, toujours dans le cadre sédatif de la généralisation, que «le Liban, pays de la modération, ne peut vivre qu’à son ombre et il faut agir pour défendre cette ligne face à l’extrémisme». Il répète que les municipales ont effectué un véritable tri des tendances qui ont cours dans chaque agglomération libanaise, ce qui devra être pris en considération dans toute élection future. Sur le plan pratique, le père de Taëf indique que les municipales ont renforcé sa conviction qu’il faut maintenir le nombre actuel de mohafazats et qu’il faut continuer à les prendre comme base de circonscription. A cette différence près qu’il y aurait d’abord un premier tour sélectif au niveau des cazas, les candidats devant à ce stade recueillir au moins 20% des suffrages exprimés pour aller plus loin. M. Husseini précise que Beyrouth, qui évidemment ne comprend pas de cazas, serait pour le premier tour divisé en secteurs électoraux distincts puis réunifiée en tant que mohafazat au second tour décisif. Pour lui cette procédure à deux vitesses est la meilleure pour assurer tout à la fois le brassage des communautés au niveau du mohafazat et une représentativité de proximité au niveau du caza, au bénéfice à son avis de ce modérantisme dont il fait son credo politique. Car à l’en croire une vraie représentation de la volonté de la majorité des Libanais éliminerait ipso facto l’extrémisme et le radicalisme sectaire ou partisan. M. Husseini s’oppose à ce que l’élection se limite à la circonscription réduite (caza ou ville), surtout quand elle est monoconfessionnelle, justement parce qu’à son avis c’est l’extrémisme qui en tirerait profit en jouant à bon compte, en vase clos, sur une fibre communautaire qui forcerait les modérés eux-mêmes à des surenchères fanatisées. La Chambre se composerait alors d’éléments radicaux figés dans le rejet d’autrui, ce qui évidemment mettrait en péril la coexistence, l’unité nationale et la stabilité intérieure. «Comme cela se voit, dit-il sans citer de noms, dans les pays où les modérés sont dominés au Parlement par les courants de l’extrémisme religieux et où l’esprit confessionnel l’emporte sur l’esprit civique laïc». M. Husseini pense que le candidat radical qui décrocherait la timbale des 20% au premier tour aurait peu de chances d’être élu au second tour car au niveau du mohafazat il y a mélange de communautés comme de partis ou de courants et le capital recueilli au niveau du caza serait insuffisant pour accéder à la Chambre. Mesures Une logique incertaine, les municipales montrant, après les législatives de 92 puis de 96, que le Hezbollah par exemple est plus fort au niveau général de la Békaa qu’à Baalbeck pourtant considéré jusque-là comme son fief principal. Aussi d’autres personnalités répètent que le meilleur choix reste encore la petite circonscription, qui permet aux gens d’être vraiment représentés. Et de souligner que si les Libanais sont vraiment dans leur grande majorité partisans du modérantisme, cela ne peut qu’apparaître finalement dans les résultats de tout scrutin. Autre avantage selon ces sources: les cazas ou les villes étant plutôt monoconfessionnels, la compétition y opposerait des membres de même communauté et n’aurait aucune allure nocive de bras de fer entre confessions différentes. Et d’ajouter que même dans les cas où il y aurait plusieurs confessions dans un caza, les listes opposées comprendraient des représentants de chacune d’elles et tout élément aurait pour concurrent un correligionnaire, non un candidat d’une autre communauté. Ces arguments de part et d’autre ont leur valeur certes. Mais au fond on ne traite pas le problème d’un tournant dangereux en installant un hôpital à proximité, mais en élargissant la voie à cet endroit. Autrement dit, à part les découpages électoraux, il faut lutter activement contre la montée en puissance du sectarisme et du fondamentalisme en prenant des mesures concrètes: — Sur le terrain, il faut d’abord que les services de sécurité ou de renseignements qualifiés resserrent la surveillance et le contrôle, notamment sur le plan des sources de financement, des mouvements fanatiques, quels que soient les labels qu’ils se donnent. On peut, si l’on découvre que les fonds reçus sont employés à d’autres fins que celles qui sont déclarées, bloquer les comptes en banque, traduire les activistes devant les tribunaux et leur retirer leurs patentes. — Il faut promulguer un nouveau code des partis pour faire barrage aux formations de nature purement confessionnelle et promouvoir les regroupements à caractère national laïc dont les cadres appartiendraient indifféremment à diverses communautés. C’est déjà le cas, on le sait, de partis à tendance progressiste comme le Baas, le PSNS ou les communistes. Les élections deviendraient une affaire de rivalité entre programmes politiques dénués de connotation sectaire religieuse. — On doit entamer sans tarder la phase exécutive de l’abolition du confessionnalisme politique prévue dans Taëf, en mettant sur pied le comité national chargé de mener ce processus à bien. Le temps perdu à cet égard ne fait qu’aggraver les complications et les tensions confessionnelles intérieures, même au sein d’un même camp global comme l’ont montré tout récemment les municipales de Zahlé où melkites et maronites se sont affrontés ou encore de Baalbeck où les sunnites et chiites se sont fait face. Une fois assurée le tronc commun politique, les communautés pourront mieux coexister en respectant mutuellement leur foi respective ainsi que leurs particularismes socio-culturels.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Battu mais content: le président Hussein Husseini reconnaît que les municipales étaient indispensables…pour tamiser le terrain, faire ressortir les positions effectives de toute famille comme de tout parti ou de tout courant politique. A son avis, axé comme on voit sur l’aspect politique de l’échéance plutôt que sur sa vocation utilitaire, les municipales ont permis une décantation des rapports de force devant présider à la formation des listes lors des prochaines législatives. Reprenant à son propre compte la méthode de la globalisation utilisée par ses adversaires du Hezbollah pour minimiser leur déroute à Baalbeck, l’ancien président de la Chambre relativise sa défaite à Chmestar en notant que le faisceau d’alliances auquel il appartient l’a emporté haut la main à Zahlé comme à Baalbeck ou à Jebb...