Reprise du procès du maire de Téhéran dans une ambiance tendue
le 17 juin 1998 à 00h00
La troisième audience du procès public du maire réformateur de Téhéran, Gholamhossein Karbastchi, s’est déroulée mardi dans une ambiance de confrontation entre le maire et le juge religieux du tribunal. M. Karbastchi, accusé d’escroquerie et de corruption, a été pris à partie dès l’ouverture de la séance, au moment où il a voulu citer l’imam Ali, gendre du prophète Mahomet, particulièrement vénéré par les musulmans chiites iraniens. Le juge, un religieux, l’hodjatoleslam Gholamhossein Mohseni Ejei, l’a interrompu sèchement en déclarant: «Chaque chose à sa place, ceci est un tribunal, pas une mosquée!». «Cela va faire perdre le temps à l’audience», a-t-il lancé. Le maire, visiblement surpris, lui a répondu: «Je ne pensais pas que quelques phrases de l’imam Ali pouvaient constituer un manque de respect à une cour qui se veut surtout islamique». Le juge a également demandé au maire, l’un des plus proches partisans du président iranien Mohammad Khatami, d’éviter de faire des digressions et de répondre aux accusations. M. Karbastchi a rejeté une nouvelle fois tout ce que lui reproche la justice et estimé que son procès est le résultat d’un «dossier fabriqué à des fins politiques» par la justice, dominée par l’aile conservatrice du régime, pour affaiblir le gouvernement du président Khatami. «Le déroulement du procès n’est pas sain», a-t-il affirmé, défendant longuement ses collaborateurs à la municipalité de Téhéran dont plusieurs ont été, selon lui, maltraités et parfois torturés en détention. L’adjoint financier du maire, Gholareza Ghobeh, appelé à la barre, a affirmé «avoir été détenu pendant 191 jours, dont 55 jours dans une cellule individuelle». Le juge a aussitôt convié ce témoin à regagner sa place. M. Karbastchi, visiblement en colère, a quant à lui accusé le magistrat de «partialité». Le juge, qui s’exprime depuis le début de ce procès, il y a dix jours, avec calme et de manière méthodique, a par ailleurs évoqué l’acquisition par des membres du personnel de la municipalité de 80 voitures Toyota. Selon l’acte d’accusation, la Fondation des déshérités, qui est également concessionnaire de plusieurs marques de voitures en Iran, avait accordé «des remises importantes» à ces personnes, recommandées par le bureau du maire. Le juge a par ailleurs annoncé la comparution de l’ancien ministre de l’Intérieur, Ali-Mohammad Bécharati, proche des conservateurs, lors de la prochaine audience. (AFP)
La troisième audience du procès public du maire réformateur de Téhéran, Gholamhossein Karbastchi, s’est déroulée mardi dans une ambiance de confrontation entre le maire et le juge religieux du tribunal. M. Karbastchi, accusé d’escroquerie et de corruption, a été pris à partie dès l’ouverture de la séance, au moment où il a voulu citer l’imam Ali, gendre du prophète Mahomet, particulièrement vénéré par les musulmans chiites iraniens. Le juge, un religieux, l’hodjatoleslam Gholamhossein Mohseni Ejei, l’a interrompu sèchement en déclarant: «Chaque chose à sa place, ceci est un tribunal, pas une mosquée!». «Cela va faire perdre le temps à l’audience», a-t-il lancé. Le maire, visiblement surpris, lui a répondu: «Je ne pensais pas que quelques phrases de l’imam Ali pouvaient constituer un manque...
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