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Actualités - Chronologie

Le Pape demain en Autriche

Relancer la cohésion d’une Eglise qui en a grand besoin; pousser à un rôle plus efficace de l’Autriche sur le plan européen, à l’heure où ce pays se prépare à assumer, dans dix jours, la présidence de l’UE; enfin évoquer les horreurs du nazisme: tels sont les trois objectifs de la visite que le pape Jean-Paul Il se prépare à effectuer à partir de vendredi à Vienne. L’occasion pour aborder le thème de l’Europe, sur lequel l’on s’attend à une intervention du pape à l’approche du troisième millénaire, sera offerte par la rencontre du chef de l’Eglise catholique avec les autorités, samedi matin à Vienne. Dans la capitale autrichienne, Jean-Paul II avait pour la première fois développé ses idées sur le Vieux Continent et sur «la vocation de l’Europe sous le signe de la Croix», lors des «vêpres européennes» qu’il avait présidées à l’occasion de sa première visite dans le pays, en 1983. Quant au nazisme, la béatification dimanche, à Vienne, d’une religieuse d’origine tchèque, Restituta Kafka, assassinée par les nazis, lui permettra de confirmer la condamnation indignée de l’Eglise, alors que des polémiques sur les silences de Pie XII ont été relancées récemment. C’est cependant la crise de l’Eglise autrichienne qui sera au centre de sa troisième visite pastorale dans ce pays. Le scandale du cardinal Hans Hermann Groer, accusé d’attouchements sur d’anciens séminaristes, réglé avec la démission et l’exile en Allemagne du haut prélat, a été la mèche qui a fait éclater en plein jour la crise qui était jusqu’à l’an dernier maîtrisée par les autorités ecclésiastiques. Depuis plusieurs années, les six millions de catholiques autrichiens, soit 80% de la population, étaient partagés entre une large majorité obéissante à l’égard de ses prêtres et une minorité assez agressive, prête à contester des points traditionnellement «intouchables» dans l’Eglise de Rome, tels que le célibat des prêtres, le refus du sacerdoce aux femmes, la contraception, l’avortement, etc. Appel au boycott Les polémiques qui ont suivi les premières révélations concernant Mgr Groer, muré pendant des mois un silence obstiné, ont ouvert un débat agité dans lequel tout a été mis sur la table. Le moine bénédictin Udo Fischer, qui a accusé le cardinal d’abus sexuels sur sa personne, en a été l’un des protagonistes. Le père Fischer n’est pas sorti indemne de l’affaire: il a été démis de ses fonctions par Mgr Kurt Krenn, évêque de Sankt Poelten, où le pape se rendra samedi pour célébrer une messe en plein air, en présence de 35.000 fidèles. Mgr Krenn est considéré comme l’un des prélats les plus conservateurs de la conférence épiscopale autrichienne. Selon des sources ecclésiastiques, c’est sur son intervention que le pape a changé son programme, en acceptant de célébrer sa messe à Sankt Poelten, au lieu de l’abbaye de Geras, comme prévu. Le supérieur hiérarchique immédiat du père Fischer, l’abbé de cette abbaye, Joachim Angerer, a appelé au boycottage de la messe du pape. «A Sankt Poelten, a-t-il annoncé, on ne pourra pas épargner au souverain pontife le mécontentement de nombreux fidèles à l’égard de Kurt Krenn». Les retombées du scandale Groer et la sévérité de Mgr Krenn se sont mêlées à un débat sur des questions doctrinales et morales, soulevé surtout par le mouvement «Nous sommes l’Eglise». Ce dernier, en novembre 1995, avait réussi à faire signer son programme de réformes radicales par 2,8 millions de catholiques, adhésion massive sans précédent qui ne pouvait dispenser les 15 évêques autrichiens de s’interroger sur l’état de leur communauté. Les 15 évêques ont estimé nécessaire un examen de conscience général qui doit se terminer en octobre à Salzbourg avec une réunion extraordinaire des évêques avec 280 délégués ecclésiastiques, et des laïcs de toutes les paroisses du pays. (AFP, Reuters)
Relancer la cohésion d’une Eglise qui en a grand besoin; pousser à un rôle plus efficace de l’Autriche sur le plan européen, à l’heure où ce pays se prépare à assumer, dans dix jours, la présidence de l’UE; enfin évoquer les horreurs du nazisme: tels sont les trois objectifs de la visite que le pape Jean-Paul Il se prépare à effectuer à partir de vendredi à Vienne. L’occasion pour aborder le thème de l’Europe, sur lequel l’on s’attend à une intervention du pape à l’approche du troisième millénaire, sera offerte par la rencontre du chef de l’Eglise catholique avec les autorités, samedi matin à Vienne. Dans la capitale autrichienne, Jean-Paul II avait pour la première fois développé ses idées sur le Vieux Continent et sur «la vocation de l’Europe sous le signe de la Croix», lors des...