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Actualités - Biographies

30 ans à courir les océans

Tombé de son bateau au large des côtes galloises quelques semaines avant son 67e anniversaire, le célèbre navigateur français Eric Tabarly a vécu pendant plus de 60 ans une véritable histoire d’amour avec la mer. Cette histoire a commencé alors que le petit Eric âgé de sept ans — il est né le 24 juillet 1931 à Nantes — découvre sur le bord de Loire le «Pen Duick», un cotre centenaire, pour lequel il a le coup de foudre. Dans le livre qu’il a publié en 1997, «Mémoires du large», il raconte comment il a sauvé de la casse et a fait naviguer ce bateau que lui avait légué son père à sa majorité. «Pen Duick», une petite mésange à tête noire en breton, allait lui être indéfectiblement associé. De cette rencontre entre l’enfant et le bateau allait naître l’une des plus belles épopées de la voile sportive. En 1964, le jeune enseigne de vaisseau, ingénieur de l’Ecole navale, qui a débuté en compétition en 1959 à la barre d’un «Pen Duick» restauré de ses propres mains, remporte l’«Ostar», La «Transat» anglaise en solitaire, entre Plymouth et Newport (Etats-Unis). S’ensuivront une série de victoires sur les différents «Pen Duick» comme le fameux «Fastnet» et «Sydney-Hobart» en 1967, «San Francisco-Tokyo» en 1969, «Los Angeles-Tahiti» en 1972, mais également des échecs comme ses deux démâtages dans la «Whitbread» (1974). Mais c’est après sa seconde victoire dans l’«Ostar» en 1976 qu’il deviendra un mythe vivant. A la barre de son grand monocoque «Pen Duick VI», qui n’était pas conçu pour la course en solitaire, le marin breton tente le pari. Après un démâtage qui l’a contraint à rentrer à Brest pour réparer, il réussit à doubler le grand monocoque d’Alain Colas, qui fait escale à Terre-Neuve, et surgit de la brume du Rhode Island, à Newport, pour remporter la course. Le retour en France sera triomphal. Précurseur du multicoque, il s’approprie en 1980 le record, vieux de 75 ans, de la traversée de l’Atlantique en 10 jours, 14 minutes et 20 secondes. Alors âgé de 49 ans, Tabarly ne songe pas pour autant à prendre ses distances avec les océans. Son mariage tardif avec Jacqueline, une Antillaise, va transformer sa vie. Une petite Marie naît en 1984. Mais Eric ne s’assagit pas pour autant... Sa rage de vaincre va lui valoir quelques désillusions. Une grave avarie dans la «Route du Rhum» en 1986 le contraint pour la première fois à actionner sa balise de détresse et à abandonner son bateau. Puis il est victime de deux retournements, dans la «Baule-Dakar» et dans «Lorient-Saint Barthélémy-Lorient». Enfin, malgré ses efforts, il ne peut réaliser son rêve, celui d’inscrire son nom au palmarès de la «Whitbread», la course autour du monde en équipages avec escales. Durant 15 ans, de 1980 à 1995, il ne remporte pas le moindre succès. A 66 ans, en 1997, après deux années sans naviguer, le capitaine de vaisseau de réserve décide de repartir en course sous les ordres d’Yves Parlier, son cadet de trente ans. Cette association à bord du monocoque «Aquitaine innovations» où le capitaine est Parlier, mais la star Tabarly débouchera sur une superbe victoire le 31 octobre dans la «Route du Café» entre Le Havre et Carthagène (Colombie). (AFP)
Tombé de son bateau au large des côtes galloises quelques semaines avant son 67e anniversaire, le célèbre navigateur français Eric Tabarly a vécu pendant plus de 60 ans une véritable histoire d’amour avec la mer. Cette histoire a commencé alors que le petit Eric âgé de sept ans — il est né le 24 juillet 1931 à Nantes — découvre sur le bord de Loire le «Pen Duick», un cotre centenaire, pour lequel il a le coup de foudre. Dans le livre qu’il a publié en 1997, «Mémoires du large», il raconte comment il a sauvé de la casse et a fait naviguer ce bateau que lui avait légué son père à sa majorité. «Pen Duick», une petite mésange à tête noire en breton, allait lui être indéfectiblement associé. De cette rencontre entre l’enfant et le bateau allait naître l’une des plus belles épopées de la voile...