«Je suis une vieille dame, sauf quand je navigue sur l’Internet, là où j’ai 37 ans, je suis blonde, et prête à m’amuser». C’est l’aveu d’une respectable dame, membre de SeniorNet, une communauté virtuelle de retraités branchés. Avec 8 à 10 millions d’internautes de plus de 50 ans, soit le cinquième des Américains ayant un accès à l’Internet, le troisième âge au sens large tient bien sa place sur la Toile (Web). Parmi eux figurent nombres de pionniers du Net, qui naviguaient déjà il y a plus de dix ans. SeniorNet (http:// www. Seniornet, org) se flatte de compter dans ses rangs le doyen des cybernautes, 104 ans. Ce réseau à but non lucratif fonctionne grâce aux contributions volontaires de 25.000 membres cotisants et à une poignée de retraités assumant les fonctions de «webmasters» (les concepteurs du site) et de «modérateurs» (ceux qui supervisent les plus de 200 groupes de discussions constitués sur SeniorNet). «Bien entendu, les thèmes liés à la retraite y sont très présents, comme les finances et la santé, mais ils sont loin d’être dominants», assure Glen Gilbert, directeur du développement du site. Tous les sujets sont abordés, de la cuisine et du tricotage aux caméras numériques et à la politique. «C’est un endroit où l’on peut rompre son isolement sans quitter sa chambre, se soutenir dans les épreuves de la maladie mais aussi partager des événements heureux, anniversaires et mariages», raconte Glen Gilbert. La liberté d’expression presque totale qu’offre la Toile, alliée au sens de la correction qu’apportent les années, permet le côtoiement d’un «salon pour hommes», que leurs épouses sont priées d’éviter, avec un groupe d’«homosexuels du troisième âge». Des archives en chair et en os C’est l’occasion pour ces hommes et femmes de se débarrasser d’un secret que les mœurs d’antan stigmatisaient. L’un d’eux souligne ainsi que, pour le professeur qu’il était, «révéler son homosexualité équivalait un peu à signer sa peine de mort». Aujourd’hui, la seule chose dont Marv ait à se plaindre est que «les vieilles tantes comme moi persistent à m’appeler Mary parce que les petits caractères de l’écran trompent leur vue défaillante». Ces membres de SeniorNet s’attaquent volontiers aux mystères des nouvelles techniques, comme en témoigne le groupe abordant les casse-têtes de la Xe version de Windows. Et quand le «gourou du PC» qui modère la discussion ne peut que conseiller à Beth de faire un tour à l’école la plus proche pour y dénicher le simulateur de vol dont rêve son mari, c’est un autre membre du réseau, Win le Texan, qui vole à son secours en lui suggérant le nom de logiciels. SeniorNet a aussi établi un réseau de 130 centres d’apprentissage à l’informatique, ils offrent des rudiments de navigation sur la Toile et des trucs pour construire son propre site, mais aussi un ordinateur connecté à Internet pour ceux qui n’en sont pas encore équipés. Pour Glen Gilbert, cette communauté virtuelle apporte quelque chose d’unique. «Nos membres sont dépositaires de la mémoire du passé», souligne-t-il. «Par exemple, les jeunes d’une école étudiant la lutte des Noirs pour la reconnaissance de leurs droits civiques ont pu y entrer en contact avec une femme qui a marché aux côtés de Martin Luther King». C’est ainsi qu’est né un projet d’«archive vivante». Sa première manifestation, disponible sur America Online (AOL), et bientôt sur le Web, offre déjà les récits et témoignages de ceux qui ont vécu la Seconde Guerre mondiale. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats «Je suis une vieille dame, sauf quand je navigue sur l’Internet, là où j’ai 37 ans, je suis blonde, et prête à m’amuser». C’est l’aveu d’une respectable dame, membre de SeniorNet, une communauté virtuelle de retraités branchés. Avec 8 à 10 millions d’internautes de plus de 50 ans, soit le cinquième des Américains ayant un accès à l’Internet, le troisième âge au sens large tient bien sa place sur la Toile (Web). Parmi eux figurent nombres de pionniers du Net, qui naviguaient déjà il y a plus de dix ans. SeniorNet (http:// www. Seniornet, org) se flatte de compter dans ses rangs le doyen des cybernautes, 104 ans. Ce réseau à but non lucratif fonctionne grâce aux contributions volontaires de 25.000 membres cotisants et à une poignée de retraités assumant les fonctions de «webmasters» (les...