Les forces rebelles de Guinée-Bissau résistaient toujours avec acharnement dimanche matin dans leur bastion du camp de Bra, dans le nord de la capitale, Bissau, alors que la prise de la caserne avait été annoncée samedi soir par l’état-major de l’armée sénégalaise à Dakar. L’état-major avait déclaré que le camp, après «plusieurs heures de farouches combats», était tombé aux mains des forces loyalistes à l’issue d’une opération qui a fait, selon lui, une soixantaine de morts chez les insurgés. Des tirs intensifs à l’arme lourde ont cependant repris dimanche matin entre les mutins toujours retranchés dans le camp et les forces loyalistes, soutenues par des troupes sénégalaises et guinéennes. «Les combats ont repris au lever du jour et se poursuivent à coups d’obus, de mortiers et d’orgues de Staline, la situation est loin d’être stabilisée», selon une source diplomatique à Bissau. Les insurgés sont toujours retranchés dans le camp de Bra, vaste structure militaire dotée de souterrains où ils peuvent trouver refuge et d’où ils continuaient dimanche matin de tirer sur le centre de la ville. D’importantes poches de résistance subsistaient dans le camp, empêchant les troupes «alliées» de poursuivre leur offensive vers l’aéroport international de Bissau, toujours aux mains des rebelles. «Le camp tire plus vers la ville qu’il ne reçoit», ont indiqué des témoins. Des tirs provenaient également du camp de Cumeré, situé à 10 kilomètres à l’est de Bissau. La situation semble loin d’être stabilisée à Bissau, qui s’est vidée d’une partie de sa population en raison des échanges de tirs intenses que la capitale connaît depuis une semaine. Les habitants qui n’ont pas fui restent terrés chez eux, alors que des milliers de candidats au départ attendent dans la zone portuaire d’être évacués par bateau vers Dakar. La situation alimentaire devient préoccupante dans une ville qui n’est plus approvisionnée depuis une semaine, incitant ses habitants à prendre le chemin de l’exode. Quelque 200 personnes fuyant les combats, essentiellement des Bissau-guinéens, sont mortes noyées vendredi, leur pirogue ayant chaviré au large de Bissau, a-t-on appris dimanche auprès de Français évacués à Dakar. La pirogue tentait de gagner les îles Bijagos situées au large de la capitale. Le bilan des victimes, qui reste à établir, s’est alourdi depuis le début de la rébellion il y a une semaine. Outre la soixantaine de rebelles tués samedi à Bra, des témoins arrivés à Dakar ont fait état de nombreuses victimes civiles, atteintes par les bombardements. Dix personnes, militaires et civils, avaient été tuées le 7 juin lors du déclenchement du soulèvement. Plusieurs tentatives de médiation ont été entreprises ces derniers jours pour permettre l’ouverture de négociations entre les rebelles et les autorités. Le président gambien Yahya Jammeh, qui a offert sa médiation, pourrait se rendre prochainement à Bissau pour tenter de faire se rencontrer le président Vieira et le chef des rebelles, le général Ansumane Mané, a-t-on appris de source diplomatique. Le limogeage du général Mané de son poste de chef d’état-major avait provoqué le début de la rébellion. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les forces rebelles de Guinée-Bissau résistaient toujours avec acharnement dimanche matin dans leur bastion du camp de Bra, dans le nord de la capitale, Bissau, alors que la prise de la caserne avait été annoncée samedi soir par l’état-major de l’armée sénégalaise à Dakar. L’état-major avait déclaré que le camp, après «plusieurs heures de farouches combats», était tombé aux mains des forces loyalistes à l’issue d’une opération qui a fait, selon lui, une soixantaine de morts chez les insurgés. Des tirs intensifs à l’arme lourde ont cependant repris dimanche matin entre les mutins toujours retranchés dans le camp et les forces loyalistes, soutenues par des troupes sénégalaises et guinéennes. «Les combats ont repris au lever du jour et se poursuivent à coups d’obus, de mortiers et d’orgues de...