Le conflit du Chiapas (sud du Mexique), vieux de quatre ans, a brusquement pris les allures d’une véritable guerre après l’intervention de quelque 1.000 soldats et policiers contre un village zapatiste faisant neuf morts, neuf blessés et 57 arrestations. Quarante-huit heures après l’entrée des forces de l’ordre dans la «municipalité autonome» zapatiste de San Juan de la Libertad del Bosque près de San Cristobal (deuxième ville du Chiapas, à 1.200 kilomètre au sud-est de Mexico), le dernier organisme de médiation encore en fonction, la COCOPA, Commission législative pour la concorde et la pacification, a lancé un appel «désespéré» au gouvernement pour mettre un terme à la violence. «Nous lançons un appel désespéré et urgent pour que le gouvernement cesse les hostilités et la violence et que l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) rompe son silence», a déclaré German Martinez, président de la COCOPA, seul organisme susceptible de parvenir à une reprise du dialogue, interrompu depuis plus d’un an, entre les autorités et la guérilla après la dissolution, dimanche dernier, de la Commission nationale de médiation (CONAI, civile et religieuse). Depuis plusieurs mois, le chef suprême de la guérilla, le sous-commandant Marcos n’a effectivement réagi à aucune des actions gouvernementales pour régler le conflit du Chiapas et qui consiste globalement à isoler au maximum le mouvement zapatiste, comme l’a démontré l’expulsion depuis le début de l’année d’une centaine d’étrangers, considérés comme favorables à la guérilla. En mai dernier, le gouvernement a de plus annoncé clairement par la voix du gouverneur du Chiapas, Roberto Albores, que l’un de ses principaux objectifs était de démanteler les 38 «municipalités autonomes» créées par les zapatistes après l’éclatement du conflit en janvier 1994. «Solution finale» Les trois premiers démantèlements, réalisés à partir de la mi-avril, ont tous eu lieu sans violence, tandis que le quatrième, effectué mercredi, a pour la première fois donné lieu à des coups de feu qui ont tué huit paysans, vraisemblablement pro-zapatistes, et un policier. Alors que l’armée affirme être tombée dans une embuscade, selon des témoignages d’habitants de la région, il n’y a pas eu d’affrontement et la police a ouvert le feu à son entrée dans le village de San Juan de la Libertad. «Les morts du village d’El Bosque marquent le début d’une nouvelle étape au Chiapas», a estimé le quotidien d’opposition «La Jornada», en ajoutant: «C’est le début de la phase d’affrontement direct qui, à son tour, ouvre la voie vers la solution finale». La dissolution de la CONAI, a affirmé par ailleurs le même journal, a été interprétée par le gouvernement comme «le feu vert pour mettre à genoux les communautés insurgées» du Chiapas. Ce scénario-catastrophe, pronostiqué par «La Jornada», peut sembler d’autant plus vraisemblable que depuis le début de l’année, selon diverses sources indépendantes, sont concentrés au Chiapas quelque 70.000 soldats. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le conflit du Chiapas (sud du Mexique), vieux de quatre ans, a brusquement pris les allures d’une véritable guerre après l’intervention de quelque 1.000 soldats et policiers contre un village zapatiste faisant neuf morts, neuf blessés et 57 arrestations. Quarante-huit heures après l’entrée des forces de l’ordre dans la «municipalité autonome» zapatiste de San Juan de la Libertad del Bosque près de San Cristobal (deuxième ville du Chiapas, à 1.200 kilomètre au sud-est de Mexico), le dernier organisme de médiation encore en fonction, la COCOPA, Commission législative pour la concorde et la pacification, a lancé un appel «désespéré» au gouvernement pour mettre un terme à la violence. «Nous lançons un appel désespéré et urgent pour que le gouvernement cesse les hostilités et la violence et que l’Armée...