Les drogues de synthèse de type amphétamine ont connu une explosion dans les années 90, particulièrement en Europe et en Asie où elles sont les drogues à la mode chez les jeunes, ce qui a suscité l’inquiétude du sommet antidrogue de l’ONU. Ce sommet, qui réunissait pendant trois jours les représentants de plus de 160 pays, a fait de la lutte contre les «stimulants de type amphétamine» une de ses actions prioritaires. Selon les experts du Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), «la consommation de stimulants de type amphétamine (STA) a progressé bien plus rapidement que celle de toutes les autres substances illicites dans les années 90». Les STA viennent maintenant en deuxième position dans la consommation de drogue, avec 30 millions de consommateurs (soit 0,5% de la population mondiale), derrière le cannabis, consommé par 140 millions de personnes, mais loin devant la cocaïne (13 millions de personnes) et l’héroïne (8 millions de personnes). En Asie et en Europe, les stimulants de type amphétamine sont généralement les premières ou les secondes drogues les plus consommées. Les métamphétamines dominent en Asie et en Amérique du Nord, alors que les amphétamines et l’ecstasy, très populaires dans les «rave parties», sont les plus répandus en Europe. Ainsi au Japon, presque 90% de toutes les violations sur le contrôle des stupéfiants sont liées à la métamphétamine. Aux Philippines, où cette drogue est appelée «shabu», elle est semble-t-il la drogue la plus consommée depuis les années 90, dit le PNUCID. En Corée, comme en Australie, la métamphétamine occupe la deuxième place, derrière le cannabis. En Europe (Grande-Bretagne, Suède), les amphétamines viennent en seconde place alors qu’aux Etats-Unis, 7% des élèves en fin de cycle secondaire consommaient en 1992 des amphétamines, selon une étude de la National Institute of Drug Abuse. Technique simple L’ampleur du phénomène se reflète dans les saisies opérées au niveau mondial: de 281 kilos en 1976, elles sont passées à 1,4 tonne en 1990 et à 14,5 tonnes en 1996. L’Europe occidentale à elle seule a représenté plus de la moitié des saisies totales. En Grande-Bretagne, les saisies ont quadruplé depuis 1987. L’ONU estime que le nombre de laboratoires clandestins fabriquant des STA a été multiplié par six entre 1980 et 1994, et a représenté plus du tiers de tous les laboratoires clandestins détectés à l’échelle mondiale. Cette expansion planétaire est due selon les experts du PNUCID à la «simplicité des techniques de fabrication, la disponibilité des matières premières, les énormes bénéfices des producteurs et les bas prix de vente». Ce nouveau phénomène a des répercussions inattendues sur le marché mondial de la drogue. Ainsi, le directeur du Programme mondial contre le blanchiment d’argent, le Français Jean-François Thony, a déclaré que «l’explosion des drogues synthétiques affaiblit directement les cartels» latino-américains, car ceux-ci «ne sont ni concurrents ni proches de ces nouveaux marchés». Cela s’est ainsi traduit par une «baisse du prix de la cocaïne», a indiqué M. Thony. Pour faire face à ce nouveau défi, l’ONU affirme que «la communauté internationale doit accorder un rang de priorité plus élevé à la lutte contre les STA dans tous ses aspects».(AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les drogues de synthèse de type amphétamine ont connu une explosion dans les années 90, particulièrement en Europe et en Asie où elles sont les drogues à la mode chez les jeunes, ce qui a suscité l’inquiétude du sommet antidrogue de l’ONU. Ce sommet, qui réunissait pendant trois jours les représentants de plus de 160 pays, a fait de la lutte contre les «stimulants de type amphétamine» une de ses actions prioritaires. Selon les experts du Programme des Nations Unies pour le contrôle international des drogues (PNUCID), «la consommation de stimulants de type amphétamine (STA) a progressé bien plus rapidement que celle de toutes les autres substances illicites dans les années 90». Les STA viennent maintenant en deuxième position dans la consommation de drogue, avec 30 millions de consommateurs (soit 0,5% de la...