Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Sponsoring érotique

PROSTITUTION qui ne dit pas son nom pour les uns, phénomène de société pour les autres, le «sponsoring érotique» a désormais droit de cité en Pologne dans la mesure où il s’affiche au grand jour dans les petites annonces de plusieurs journaux. Si l’institution de la femme – ou de l’homme – entretenue est vieille comme le monde, c’est la manière de chercher ouvertement des «sponsors» ou des «assistées» qui a changé à une vitesse surprenante dans un pays profondément catholique. L’une des séquelles inattendues de la chute du communisme en Pologne avait été la multiplication de maisons closes, appelées «agences mondaines», qui font leur publicité dans la grande presse ou en glissant sous les balais essuie-glaces des voitures des tracts avec des images de femmes nues. Le «sponsoring», grâce à l’utilisation d’un terme associé aux initiatives culturelles ou humanitaires, et aussi à son aspect «relation d’affaires», semble apporter aux intéressés une sorte d’acceptation sociale apparente. Pourtant, la véritable nature de l’activité est évidente. «Une jeune femme de 19 ans, pas prude, sexy, très bien faite, svelte, réalisera les rêves intimes d’un sponsor généreux»: tel est le texte type, dont des centaines d’exemples remplissent le mensuel spécialisé «Kontakt». suit l’adresse d’une boîte postale et, parfois, la proposition d’envoyer des photos nues contre un billet de 10 zlotys (3 dollars). Cependant, même si certaines insistent sur leur «liberté» voire leur «appétit inassouvi», de nombreuses femmes y ajoutent des détails destinés à suggérer qu’il s’agit plus de la recherche d’une relation stable que de l’échange de quelque prestation sexuelle contre espèces sonnantes et trébuchantes. Femmes-femmes Ainsi, elles voudraient avoir un sponsor «cultivé» et «soigné», «avec de l’humour». D’autres offrent «une amitié» voire «un amour sincère», parlent de leur solitude ou de leurs loisirs préférés. Certaines vont jusqu’à insérer leurs photo, adresse et numéro de téléphone. Peut-être pour illustrer leur situation matérielle, elles demandent aux intéressés de leur envoyer une carte téléphonique avec leur numéro de téléphone. Enfin, les candidates au sponsoring se disent souvent «mariée» ou «veuve». On peut supposer qu’un sponsor préfère une femme mariée pour être sûr de ne pas tomber dans un piège conjugal, mais il est difficile de cerner l’objectif poursuivi par les veuves, nettement plus nombreuses que les divorcées. A moins qu’il s’agisse encore de tendre un voile de respectabilité sur la plus vieille profession du monde. Les rares femmes sponsors cherchent généralement non pas des hommes, mais d’autres femmes. Parmi les annonces des hommes, on remarque de nombreux étrangers, surtout des Allemands, tant des hommes d’affaires que des agriculteurs. Quant aux Polonais, certains soulignent d’avance que leurs finances sont «modestes», tandis que d’autres vantent leurs talents de bricoleur, laissant supposer un troc «sexe contre réparation du robinet». Le supplément hebdomadaire du quotidien polonais «Gazeta Wyborcza» a récemment interrogé à ce propos un historien de la littérature, le professeur Andrzej Makowiecki. Ce dernier pense, notamment, que le sponsoring est socialement plus acceptable que la prostitution car il apporte «un succédané de fidélité, une vertu bourgeoise par excellence». (AFP)
PROSTITUTION qui ne dit pas son nom pour les uns, phénomène de société pour les autres, le «sponsoring érotique» a désormais droit de cité en Pologne dans la mesure où il s’affiche au grand jour dans les petites annonces de plusieurs journaux. Si l’institution de la femme – ou de l’homme – entretenue est vieille comme le monde, c’est la manière de chercher ouvertement des «sponsors» ou des «assistées» qui a changé à une vitesse surprenante dans un pays profondément catholique. L’une des séquelles inattendues de la chute du communisme en Pologne avait été la multiplication de maisons closes, appelées «agences mondaines», qui font leur publicité dans la grande presse ou en glissant sous les balais essuie-glaces des voitures des tracts avec des images de femmes nues. Le «sponsoring», grâce à...