Les échanges extérieurs de la France ont enregistré un excédent record de 256 milliards de francs, représentant 3,2% du produit intérieur brut. Le record de l’année précédente (114 milliards) a ainsi plus du doublé. Dans une étude rendue publique mardi, l’INSEE explique cette performance par le dynamisme de la demande mondiale, mais aussi et surtout par la compétitivité des produits français dans un contexte de change rendu favorable par la hausse du dollar, du sterling et de la lire italienne. Qu’il s’agisse des échanges de biens, de services ou du tourisme, toutes les composantes du commerce extérieur se sont améliorées l’an dernier. A la seule exception de la facture énergétique qui a pâti de la hausse du billet vert. Avec la meilleure compétitivité des produits français, l’excédent des échanges de biens a été porté à un record de 150 (contre 66) milliards de francs. Le commerce de produits manufacturés y a principalement contribué, ainsi que le téléphone cellulaire mais aussi et surtout l’automobile. Le tourisme a pareillement bénéficié de l’appréciation du dollar et de la livre sterling, qui a attiré Américains et Britanniques dans l’Hexagone et placé la France au 3e rang des pays d’accueil des touristes étrangers, derrière les Etats-Unis et l’Italie. Au total, grâce à une croissance des recettes deux fois plus forte que la hausse des dépenses, l’excédent touristique français a atteint 66 milliards de FF en 1997 contre 54 milliards en 1996. Les reculs de 1995 et de 1996 ont ainsi été stoppés. Par ailleurs, les échanges de services ont fortement augmenté l’an dernier, avec un excédent porté à 105 (contre 86) milliards de francs, sous la conduite des services rendus aux entreprises et des organismes financiers. Par zones géographiques, l’Union européenne est restée — de très loin — le principal partenaire de la France. C’est d’ailleurs là qu’elle a réalisé l’essentiel de son excédent (89 milliards de FF), notamment dans l’automobile et l’équipement professionnel. Ces deux secteurs sont aussi responsables de l’amélioration du surplus français avec les pays de l’Est. Par contre, la France a creusé son déficit avec le Japon et l’a maintenu à un niveau très élevé vis-à-vis des Etats-Unis. Enfin, elle est devenue excédentaire avec les pays à développement rapide d’Asie, grâce à une forte croissance des exportations de biens d’équipement professionnel et d’aéronautique. Mais cette amélioration risque d’être de courte durée car les effets de la crise monétaire et boursière asiatique n’étaient pas encore perceptibles fin 1997, note l’INSEE. Ainsi, dans la plupart des régions du monde, l’année 1997 a été marquée par une forte dynamique des exportations françaises, qui a joué un rôle moteur essentiel dans la reprise de la croissance économique. Mais depuis la fin 1997, on assiste à une accélération des importations, tirée par la demande intérieure. Aussi, pour l’année en cours, le secrétaire d’Etat au Commerce extérieur, Jacques Dondoux, prévoyait dernièrement une simple stabilisation de l’excédent commercial français — «sauf catastrophe sur le yen» — avant une diminution en 1999. Les 256 milliards d’excédent de 1997 pourraient alors être le record du siècle. (Reuters)
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