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Actualités - Chronologie

Tennis Roland Garros : l'année de l'Espagne

L’Espagne est sortie en triomphe du court central de Roland-Garros transformé en arène par Carlos Moya et Alex Corretja, vainqueur et finaliste du simple messieurs, et Arantxa Sanchez, victorieuse du simple dames. Mais au-delà de cet exploit que seule l’Australie en 1969 et l’Espagne, déjà, en 1994, avaient réussi, c’est le tennis féminin qui a donné ses plus jolis moments et ses plus beaux matches à la grande quinzaine annuelle de la terre battue. Martina Hingis, numéro un mondiale toujours précise dans son jeu et ses analyses, l’a dit avec fierté: «Le tennis féminin est à son sommet, beaucoup plus haut que jamais. Nous jouons bien, tout le monde a sa personnalité et c’est passionnant». La première partie du tournoi a été animée par les joueuses de la nouvelle vague — Venus et Serena Williams, Anna Kournikova — et par leur rivalité avec Martina Hingis qui a le même âge qu’elles mais un temps de palmarès et de maturité d’avance. Pendant trois tours, le «trio des ados» a répandu la terreur sur Roland-Garros mais elles sont tombées l’une après l’autre. Kournikova et son joli minois ont disparu en huitième de finale face à Jana Novotna, en deux jours, à cause de la nuit et au prix d’une obscure histoire de visite refusée aux toilettes. Serena Williams l’athlétique a quitté le tournoi au même tour face à Arantxa Sanchez et en trois sets de pure violence avec passing shot tiré au corps par l’Américaine et accusation de non-respect de la part de l’Espagnole. Venus Williams au jeu et au look travaillés a passé un tour de plus mais son quart contre Martina Hingis a tourné court. Le match avait été sacré finale avant la lettre mais la Suissesse qui disait ne pas avoir de rivale en a découvert une revenue d’un autre temps. Victoire des anciennes Monica Seles l’a balayée en deux petits sets et 69 minutes, à un rythme infernal de «Ha» et de «Hi» de plus en plus en plus stridents et de revers au ras du filet et des lignes. Seles, Novotna, Sanchez, les «anciennes» avaient gagné tous leurs duels avec la nouvelle vague. La Tchèque est restée en route et l’Américaine et l’Espagnole sont restées seules pour une finale qu’elles avaient déjà jouée en 1991. Contre toute autre joueuse qu’Arantxa, le central n’aurait vécu que pour Monica, avec son passé douloureux, sa carrière interrompue par le coup de poignard d’un fanatique de Steffi Graf en 1994 et le décès de son père, le 14 mai. Mais Sanchez avait pour elle son éternel courage, sa rage de ne pas perdre qui font aussi les grandes finales. L’Espagnole a si bien défendu qu’elle a gagné et décroché son troisième titre à Paris après ceux de 1989 et 1994, son quatrième dans le Grand Chelem avec l’US Open de 1994. Seles a promis qu’elle reviendrait — «comme toujours», a-t-elle souligné — chercher sa quatrième victoire à Roland-Garros, sa dixième dans le Grand Chelem. Le scénariste du simple messieurs avait beaucoup moins de talent que celui du simple dames même s’il a respecté les grandes règles du genre: éliminations, révélations, marathons. Les premiers jours ont donc donné lieu au traditionnel jeu de massacre. En huitièmes de finale, le Chilien Marcelo Rios (No 3) était le seul survivant des onze première têtes de série. Il a disparu en quarts. Face au futur vainqueur, il est vrai. Andre Agassi et Petr Korda n’ont fait qu’un tout petit tour, médiatique pour l’Américain, besogneux pour le Tchèque tête de série numéro deux. Pioline et l’armada Sur un court alourdi par la pluie, le numéro un, Pete Sampras, a perdu dès le second tour ses espoirs de vaincre la malédiction qui, depuis Jimmy Connors et John McEnroe, pèse sur les grands joueurs américains à Roland-Garros. Son vainqueur s’appelait Ramon Delgado, il venait du Paraguay. Il a été sacré révélation du tournoi et a disparu deux matches plus tard. La vraie révélation venait de Russie en passant par l’Espagne et les qualifications. Vainqueur d’Agassi au premier tour, Marat Safine, 18 ans, 1m95, a confirmé au deuxième face à Gustavo Kuerten, tenant du titre, puis au Tchèque Vacek. Il n’a cédé qu’au cinquième set 6-4 en huitièmes de finale face à Cédric Pioline qui le devançait de 97 places au classement mondial. Petite variation de scénario, les révélations de l’année précédentes, à l’exception de Kuerten, ont confirmé. Jusqu’en quarts de finale, le Belge Dewulf a promené son envergure de pélican et le Marocain Hicham Arazi a fait passer un souffle de fraîcheur sur les courts oppressés par une chaleur lourde. Une fois encore, Pioline a été l’exécuteur des basses œuvres face à Harazi et une fois encore en cinq sets. De marathon en marathon, le Français s’est retrouvé seul face aux vaisseaux amiraux de l’armada espagnole. Partis à 17, dont cinq têtes de série, les Espagnols étaient encore six en huitièmes, trois en quarts, trois en demi-finales. Que voulez-vous que Pioline fît contre trois? Il sombra ou plutôt s’effaça à bout de fatigue physique et mentale. Il restait donc à son vainqueur, Alex Corretja, et à Carlos Moya à jouer la deuxième finale hispano-ibérique de l’histoire de Roland-Garros. Et à Moya à la gagner et à faire la transition avec la Coupe du monde football en recevant la Coupe des Mousquetaires des mains du roi Pelé. (Reuters)
L’Espagne est sortie en triomphe du court central de Roland-Garros transformé en arène par Carlos Moya et Alex Corretja, vainqueur et finaliste du simple messieurs, et Arantxa Sanchez, victorieuse du simple dames. Mais au-delà de cet exploit que seule l’Australie en 1969 et l’Espagne, déjà, en 1994, avaient réussi, c’est le tennis féminin qui a donné ses plus jolis moments et ses plus beaux matches à la grande quinzaine annuelle de la terre battue. Martina Hingis, numéro un mondiale toujours précise dans son jeu et ses analyses, l’a dit avec fierté: «Le tennis féminin est à son sommet, beaucoup plus haut que jamais. Nous jouons bien, tout le monde a sa personnalité et c’est passionnant». La première partie du tournoi a été animée par les joueuses de la nouvelle vague — Venus et Serena Williams, Anna...