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Actualités - Chronologie

Un amour d'anoure

Un petit crapaud menacé de disparition, le pélobate brun, évolue depuis plusieurs semaines dans la forêt lorraine (est de la France) avec une bonne fée dans le ventre: un mini-émetteur. Cette technique, appelée «radio tracking», permet de suivre sans faille ses déplacements pour mieux connaître ses habitudes et favoriser le développement de son milieu de prédilection afin de le protéger. Tandis que ses congénères grenouilles et crapauds communs batifolent dans des crapoducs (petits tunnels) en Alsace pour traverser sans danger la route vers leur mare d’amour, rien n’est épargné au pélobate brun: en plus d’un émetteur, il porte sous la peau un transpondeur, petite puce électronique permettant de l’individualiser. Chaque jour, Christophe Eggert, étudiant au laboratoire d’écologie des vertébrés de l’université de Savoie, surveille donc la gente pélobate de Saint-Avold, l’un des huit sites français et le seul en Forraine où cet amphibien existe encore. «Chaque émetteur fait environ deux grammes. Il est implanté dans l’abdomen des pélobates qui sont anesthésiés et opérés. La plupart des spécimens sont aussi dotés d’un transpondeur, de la taille d’un grain de riz. Je peux lire chaque numéro sur un petit écran», précise l’étudiant qui prépare depuis trois ans une thèse de doctorat sur le petit crapaud. «Il vit la nuit et peut rester enfoui jusqu’à dix centimètres de profondeur en milieu sableux», ce qui rend son étude difficile, «hors période des amours», ajoute-t-il. Il y a un siècle encore, on pouvait rencontrer le petit anoure (comme les grenouilles et les crapauds par différence avec les salamandres et les tritons) à la croisée des chemins dans la région parisienne, en Picardie et en Champagne. Aujourd’hui, outre la Lorraine, il n’a survécu qu’en Alsace. On le trouve aussi en Allemagne, en Europe centrale et en Roumanie. «Ses taux de reproduction et de survie sont très faibles. Le plus vieux spécimen découvert avait neuf ans», explique encore le scientifique. Depuis 1996, une modélisation mathématique de la dynamique de la population est en cours de réalisation. Quatre mares ont été créées à Saint-Avold et colonisées en 1997. D’autres aménagements seront réalisés après l’étude par radio tracking, notamment la diminution de la couverture arbustive qui a tendance à fermer le milieu naturel du pélobate. Selon l’étudiant, «une population d’environ 350 adultes (âgés de trois ans) a été répertoriée sur le site de Saint-Avold, en 1996, année très sèche. Sept cents jeunes pélobates sont nés depuis dans une mare, mais le taux de survie est faible pour l’instant, probablement en raison de l’hiver 96-97, qui a été très froid». (AFP)
Un petit crapaud menacé de disparition, le pélobate brun, évolue depuis plusieurs semaines dans la forêt lorraine (est de la France) avec une bonne fée dans le ventre: un mini-émetteur. Cette technique, appelée «radio tracking», permet de suivre sans faille ses déplacements pour mieux connaître ses habitudes et favoriser le développement de son milieu de prédilection afin de le protéger. Tandis que ses congénères grenouilles et crapauds communs batifolent dans des crapoducs (petits tunnels) en Alsace pour traverser sans danger la route vers leur mare d’amour, rien n’est épargné au pélobate brun: en plus d’un émetteur, il porte sous la peau un transpondeur, petite puce électronique permettant de l’individualiser. Chaque jour, Christophe Eggert, étudiant au laboratoire d’écologie des vertébrés de...