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Actualités - Chronologie

Un article du Sunday Times ravive la colère des chypriotes contre Londres

Un article du «Sunday Times» sur un plan britannique d’évacuation massive en cas de conflit armé à Chypre cet été, continuait une semaine plus tard à faire des vagues dans l’île, ravivant de vieilles rancœurs à l’égard de la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale. La presse chypriote a noté samedi l’absence sans précédent de tout responsable chypriote-grec, notamment du président Glafcos Cléridès, à la réception donnée vendredi pour l’anniversaire de la reine d’Angleterre dans l’une des deux bases britanniques souveraines maintenues dans l’île depuis son indépendance en 1960. La thèse qui fait l’unanimité parmi les Chypriote-grecs est que l’article est le résultat d’une fuite organisée par le ministère britannique de la Défense (MoD). Le but serait, selon eux, de nuire au tourisme — les Britanniques viennent traditionnellement nombreux sur les plages de l’île — pour faire pression sur la partie sud de Chypre afin qu’elle renonce à se faire livrer prochainement des missiles sol-air russes S-300. La Turquie, qui occupe le nord de Chypre depuis 1974, a prévenu qu’elle ne resterait pas sans réagir au déploiement des missiles. «On veut nous mettre à genoux par un coup bas au point sensible de notre économie», répètent les Chypriotes-grecs. Le tourisme génère 2 milliards de dollars par an et représente 20% du Produit intérieur brut (PIB). Les Britanniques représentent 40% des 2 millions de vacanciers annuels. «Que nous veulent-ils encore, ces Anglais qui n’ont pas bronché quand les Turcs ont occupé le tiers de l’île, alors qu’ils sont garants (avec Ankara et Athènes) de notre indépendance?», s’écrie Anastasia, 66 ans, réfugiée de Kyrénia dans la partie nord contrôlée par Ankara. Politisés, voire obsédés par «le problème chypriote», les Chypriotes-grecs dont près d’un tiers (200.000) vient du nord, sont très sensibilisés à leur infériorité militaire face aux Turcs. Cléridès pour une démilitarisation «Nous avons toujours été à la portée des Turcs qui ont les moyens d’envahir toute l’île en 24 heures. Alors pourquoi 20 rampes de missiles gênent-elles ceux qui ne font rien pour mettre fin à notre drame (comme Washington et Londres) ou ceux qui nous ont vendu des missiles Exocet» comme la France, lance avec amertume Andréas, directeur de banque. «Les fuites du MoD sont l’œuvre délibérée de la perfide Albion dont le but est de faire pression sur nous et de faire peur aux touristes de Grande-Bretagne», affirme Maria, une étudiante. «Comment expliquer l’allusion à un conflit en juillet, alors que tout le monde sait que les missiles ne seront pas livrés avant l’automne, si jamais ils le sont», dit Anna, une autre étudiante. Depuis plusieurs mois, M. Cléridès et ses ministres proposent d’annuler la réception des missiles, en cas de progrès vers une solution politique ou d’un accord avec Ankara sur une démilitarisation même progressive de l’île. (AFP)
Un article du «Sunday Times» sur un plan britannique d’évacuation massive en cas de conflit armé à Chypre cet été, continuait une semaine plus tard à faire des vagues dans l’île, ravivant de vieilles rancœurs à l’égard de la Grande-Bretagne, ancienne puissance coloniale. La presse chypriote a noté samedi l’absence sans précédent de tout responsable chypriote-grec, notamment du président Glafcos Cléridès, à la réception donnée vendredi pour l’anniversaire de la reine d’Angleterre dans l’une des deux bases britanniques souveraines maintenues dans l’île depuis son indépendance en 1960. La thèse qui fait l’unanimité parmi les Chypriote-grecs est que l’article est le résultat d’une fuite organisée par le ministère britannique de la Défense (MoD). Le but serait, selon eux, de nuire au tourisme...