Le président Slobodan Milosevic est confronté à une pression croissante de l’Occident qui tente d’arrêter par des moyens diplomatiques l’escalade du conflit au Kosovo en renonçant pour le moment à une action militaire. Le ministre autrichien des Affaires étrangères Wolfgang Schuessel devait s’entretenir vendredi à Belgrade de la crise au Kosovo avec le chef de l’Etat yougoslave et des membres du gouvernement. M. Schuessel doit se rendre également à Pristina, chef-lieu du Kosovo. Il sera le premier chef de la diplomatie d’un pays de l’Union européenne à visiter cette province du sud de la Serbie, théâtre depuis trois mois d’affrontements entre forces serbes et séparatistes albanais qui ont fait plus de 300 morts. M. Schuessel devrait proposer à M. Milosevic la réintégration de la Yougoslavie (RFY — Serbie et Monténégro) dans l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), à condition que Belgrade accepte l’installation d’une mission de l’OSCE au Kosovo, selon la presse serbe indépendante. A Tirana, le directeur politique du ministère allemand des Affaires étrangères, Wolfgang Ischinger, a déclaré que le Kosovo était soumis à un «intolérable nettoyage ethnique» et a invité le Conseil de Sécurité de l’ONU à se saisir du problème. «Il est très important que la communauté internationale prenne des mesures humanitaires urgentes pour permettre à l’Albanie de faire face à la vague de réfugiés du Kosovo», a-t-il souligné après s’être entretenu avec les dirigeants albanais. Fuyant les combats dans la province, environ 12.000 Kosovars se sont réfugiés en Albanie depuis dimanche dernier, selon Tirana. «Notre but est de créer les conditions nécessaires pour un retour rapide des réfugiés du Kosovo chez eux», a dit le diplomate allemand. Il devait gagner dans la journée Skopje pour des entretiens avec les dirigeants macédoniens avant de se rendre ce week-end à Belgrade et Pristina, chef-lieu du Kosovo, a indiqué l’ambassade d’Allemagne à Belgrade. Le Pentagone s’est déclaré préoccupé par un risque «d’escalade inquiétante» au Kosovo, «surtout si des unités de l’armée serbe sont impliquées dans les attaques contre les Albanais», qui constituent 90% des deux millions d’habitants de cette province. L’étendue de l’implication de l’armée serbe reste à déterminer, a note le porte-parole du Pentagone, Kenneth Bacon, en raison de l’opposition des autorités serbes à la présence sur place d’observateurs internationaux. Toutefois, en ce qui concerne un déploiement dans la région d’une force de l’OTAN, M. Bacon a affirmé: «Aucune décision n’a été prise et aucune ne devrait l’être pour un certain temps. Nous pensons que la meilleure solution à ce problème est une solution diplomatique». Le premier ministre britannique Tony Blair, président en exercice de l’Union européenne, a souligné la nécessité de faire comprendre aux dirigeants de Belgrade et aux responsables kosovars qu’une détérioration de la situation au Kosovo était «inacceptable». Il faut «envoyer un message fort à M. Milosevic et aussi à M. (Ibrahim) Rugova», le chef des Albanais du Kosovo, a-t-il déclaré jeudi soir à La Haye. A Moscou, le porte-parole du président Boris Eltsine a tenu à souligner que l’OTAN ne peut envoyer de troupes au Kosovo sans un accord préalable des autorités yougoslaves et du Conseil de Sécurité de l’ONU, où la Russie dispose d’un droit de véto. (AFP)
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