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Actualités - Reportage

Croissance, énergie et pollution

Dans un récent rapport, l’«Association libanaise pour la maîtrise de l’énergie» a relancé le débat sur le rapport entre la croissance, non uniquement industrielle, le besoin grandissant d’énergie et la pollution à outrance qu’entraîne un volet encore mal géré de l’économie au Liban. Selon le rapport, le problème a atteint, sous certains aspects, un seuil critique et de nombreux dommages sont même irréversibles. Le «smog» sur Beyrouth, les pluies acides des centrales thermiques de Zouk et Jiyeh, les poussières de Chekka, etc. sont autant d’éléments incontrôlés qui se sont accrus ces dernières années, en raison de l’essor formidable de l’économie libanaise, croissance dont on maîtrise mal, aussi, les effets en matières d’énergie, notamment, dans son rapport avec la pollution. Pourtant, des normes ont été établies quant à la teneur maximale en polluants dans l’air; des spécifications relatives à la qualité des carburants et des combustibles sont connues. Toutefois, en l’absence de contrôles, même épisodiques et sans mesure de la pollution, il est très difficile de mener des actions de lutte. Un nombre très réduit d’industries, telles certaines cimenteries du Liban-Nord, ont pris à leur propre initiative, des mesures, mais l’ensemble des industries sont encore par trop polluantes. Par ailleurs, l’usage domestique de l’énergie et celle utilisée pour les générateurs sont à incriminer sérieusement, selon le rapport. Eu regard, «bien peu d’actions ont été menées jusqu’à présent, au niveau tant du secteur privé que du secteur public», a déclaré M. Saïd Chéhab, président de l’association. D’une façon globale, le Liban a importé, par exemple en 1996 plus de 5.000 kilotonnes de combustibles et carburants, sans compter les 200 kilotonnes de charbon. Ces produits, par leur combustion, ont généré des émissions de pollution pour quelque 80 kilotonnes de SOX, 40 kilotonnes de NOX et 3 kilotonnes de poussières. Ces effets ont aussi produit plus de 3,5 millions de tonnes de CO2. Tous ces volumes risquent de doubler d’ici 15 ans, dans la mesure où la croissance annuelle en énergie serait d’environ 5% par an. La répartition sectorielle de l’énergie finale en 1996 a confirmé que ce sont les moyens de transport qui sont les plus consommateurs et donc les plus polluants (pour environ 45%) et, loin derrière, le secteur industriel, qui ne compte que pour 25% de cette même consommation. Parmi les solutions: l’adoption de mesures de précaution économiques permettrait de maîtriser les émissions atmosphériques. Il est notamment indispensable d’accélérer les réglementations en la matière. Une stimulation de la recherche et de l’utilisation des moyens connus serait aussi une méthode moderne de développement du Liban. Le recours aux énergies renouvelables en remplacement de l’énergie conventionnelle dans certaines applications pourrait couvrir environ 5 à 8% des besoins au Liban, alors qu’à peine un pour cent de la consommation énergétique nationale est réalisée par ces moyens. L’utilisation de fuel à très basse teneur en soufre serait recommandée, liée à l’introduction d’audit environnemental. Si l’usage des carburants sans plomb se développe, il faut aussi penser à d’autres carburants, moins polluants, tels le méthanol, l’électricité, le pétrole synthétique, etc. Enfin, le rapport préconise l’adoption d’un coût réel des carburants qui incluerait, en plus du coût direct, les dépenses indirectes liées aux travaux nécessaires à la réduction des pollutions, notamment celles dues au transport. Pour le financement de toutes ces mesures, l’Etat libanais est-il en mesure de prévoir un budget, à l’heure de la réduction du déficit ? La question reste donc de savoir qui devra payer l’addition pécuniaire, outre la santé de tout un chacun.
Dans un récent rapport, l’«Association libanaise pour la maîtrise de l’énergie» a relancé le débat sur le rapport entre la croissance, non uniquement industrielle, le besoin grandissant d’énergie et la pollution à outrance qu’entraîne un volet encore mal géré de l’économie au Liban. Selon le rapport, le problème a atteint, sous certains aspects, un seuil critique et de nombreux dommages sont même irréversibles. Le «smog» sur Beyrouth, les pluies acides des centrales thermiques de Zouk et Jiyeh, les poussières de Chekka, etc. sont autant d’éléments incontrôlés qui se sont accrus ces dernières années, en raison de l’essor formidable de l’économie libanaise, croissance dont on maîtrise mal, aussi, les effets en matières d’énergie, notamment, dans son rapport avec la pollution. Pourtant, des...