Les Californiens se sont prononcés par référendum en faveur d’un usage exclusif de la langue anglaise dans les écoles de l’Etat, y compris pour les nombreux enfants hispaniques, mais cette décision était assurée d’être contestée devant les tribunaux. 63,7% des votants ont approuvé la proposition 227, nom de ce référendum sur «la langue anglaise dans les écoles publiques». 36,3% des électeurs ont voté contre. Les résultats de ce scrutin étaient suivis avec attention dans l’ensemble des Etats-Unis, notamment dans les Etats ayant une forte population d’immigrés hispaniques, comme le Texas. La Maison-Blanche y était opposée ainsi que les principales organisations hispaniques. Actuellement, les enfants ne parlant pas anglais peuvent suivre un enseignement dans leur langue natale, presque toujours l’espagnol, jusqu’à ce qu’ils parlent anglais. La proposition 227, dont un millionnaire républicain, Ron Unz, était le promoteur, prévoit en revanche qu’après un an d’enseignement intensif de la langue anglaise, tous les enfants seront plongés dans le système éducatif général, même s’ils ne parlent pas couramment anglais. 3,4 millions d’écoliers à travers les Etats-Unis ne parlent pas anglais et quelque 40% d’entre eux vivent en Californie. Leur nombre ne cesse de s’accroître: ils étaient 520.000 en 1985, ils sont aujourd’hui 1,4 million, soit un écolier sur quatre fréquentant les écoles publiques californiennes. Pour l’essentiel, il s’agit d’enfants d’immigrants hispaniques. La population latino-américaine de l’Etat est passée de 4,5 millions en 1980 à 9,3 millions en 1996 et les hispaniques représentent déjà 40% des habitants du comté de Los Angeles. En justice Les organisations hispaniques voyaient dans cette volonté de mettre fin à un enseignement en espagnol une nouvelle manifestation d’hostilité envers les immigrés, après la suppression en 1984 des avantages sociaux pour les immigrants illégaux et la fin en 1996 de la politique d’«action affirmative» favorisant l’emploi des minorités ethniques. Les sondages précédant le scrutin semblaient indiquer que les électeurs hispaniques avaient adopté un autre point de vue et considéraient l’anglais comme la langue de l’insertion sociale et de la réussite économique. Le texte officiel de la proposition 227 présentait d’ailleurs l’anglais comme une langue «permettant de participer pleinement au rêve américain de progrès social et économique». La proposition 227 est maintenant assurée d’être contestée devant les tribunaux. «Nous prendrons les mesures nécessaires pour empêcher son application», avait averti à l’avance Thomas Saenz, un responsable du Fonds pour l’éducation et la défense légale des Mexicains américains. Selon lui, la proposition 227 prive les enfants qui ne parlent pas anglais de leur droit fondamental à recevoir une éducation équivalente à celle obtenue par leurs condisciples anglophones. Les recours en justice constituent le destin traditionnel des référendums californiens. De 1962 à 1992, 35 référendums ont été approuvés par les électeurs mais la moitié d’entre eux ont été annulés totalement ou partiellement par les tribunaux. (AFP)
Les Californiens se sont prononcés par référendum en faveur d’un usage exclusif de la langue anglaise dans les écoles de l’Etat, y compris pour les nombreux enfants hispaniques, mais cette décision était assurée d’être contestée devant les tribunaux. 63,7% des votants ont approuvé la proposition 227, nom de ce référendum sur «la langue anglaise dans les écoles publiques». 36,3% des électeurs ont voté contre. Les résultats de ce scrutin étaient suivis avec attention dans l’ensemble des Etats-Unis, notamment dans les Etats ayant une forte population d’immigrés hispaniques, comme le Texas. La Maison-Blanche y était opposée ainsi que les principales organisations hispaniques. Actuellement, les enfants ne parlant pas anglais peuvent suivre un enseignement dans leur langue natale, presque toujours...
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