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Actualités - Chronologie

En attendant godo-godo

Les tambours, chants et rites africains ont fait irruption chez Samuel Beckett, lors d’une présentation à Abidjan d’«En attendant Godo-Godo» présenté au Centre culturel français par la troupe théâtrale ivoirienne Bin Kadi So. Avant même que l’œuvre ne commence, les spectateurs s’installent dans une musique de fin du monde tandis que les comédiens s’échauffent et effectuent quelques acrobaties dans la pénombre sur un «arbre» de cordages, seul décor d’une scène nue. un groupe d’inconnus monte sur scène pour ramasser les ficelles, vis et autres détritus avant de repartir dans le noir... Le spectacle commence: Vladimir et Estragon peuvent entamer leur dialogue comique et angoissant. La réalisatrice Marie-José Hourantier, fondatrice du Bin Kadi So, Française mais Ivoirienne d’adoption, a choisi de restituer le texte intégral du premier acte de l’œuvre de Samuel Beckett, parfois entrecoupé d’exclamations en langue locale ainsi que de quelques extraits du «Livre de Job». «Il ne s’agit pas de folklore, mais on utilise le langage tambouriné, le rythme de la parole, ou les langues locales, pour faire passer l’émotion», explique ce professeur de français qui a effectué de nombreuses recherches sur le théâtre rituel. C’est presque par hasard qu’elle a appris que «godo-godo» en akan — ethnie du sud de la Côte-d’Ivoire — signifiait «celui qui règne de toute éternité», bonne définition selon elle du Godot qu’attendent indéfiniment les protagonistes de la pièce. Quant à l’arbre, «toujours habité par des génies dans la tradition africaine», il a été réalisé par un peintre tapissier à l’aide de cordage car en pays dogon, au Mali, «la ficelle est le symbole de la parole qui se déroule, le grand parler». A la fin de la pièce, un chant s’élève: c’est le «janjon», chant sacré de l’épopée mandingue qui attire tous les comédiens au fond de la salle. Après un moment de flottement, les spectateurs finissent par suivre les comédiens jusqu’à une galerie de peinture où des artistes ont utilisé les déchets ramassés sur la scène au début du spectacle pour une œuvre de récupération. Pour Marie-José Hourantier, qui rappelle que Samuel Beckett «travaillait avec la peinture abstraite», «Godot se retrouve ainsi dans l’art». Une explication qui a toutefois échappé à nombre de spectateurs, privés de mode d’emploi. (AFP)
Les tambours, chants et rites africains ont fait irruption chez Samuel Beckett, lors d’une présentation à Abidjan d’«En attendant Godo-Godo» présenté au Centre culturel français par la troupe théâtrale ivoirienne Bin Kadi So. Avant même que l’œuvre ne commence, les spectateurs s’installent dans une musique de fin du monde tandis que les comédiens s’échauffent et effectuent quelques acrobaties dans la pénombre sur un «arbre» de cordages, seul décor d’une scène nue. un groupe d’inconnus monte sur scène pour ramasser les ficelles, vis et autres détritus avant de repartir dans le noir... Le spectacle commence: Vladimir et Estragon peuvent entamer leur dialogue comique et angoissant. La réalisatrice Marie-José Hourantier, fondatrice du Bin Kadi So, Française mais Ivoirienne d’adoption, a choisi de...