Sur les cimaises de la galerie Alice Mogabgab, av. Charles- Malek, jusqu’au 13 juin, une rétrospective partielle des œuvres de cet artiste polyvalent qu’est Hussein Madi. L’exposition, organisée à l’occasion des soixante ans de Madi, est consacrée à ses gravures. Au tout début des années soixante-dix, premières eaux-fortes qui mettent en scène d’étranges duos de Vénus callipyges face au cheval. A partir de 1973, les corps se segmentent en formes géométriques, assemblés harmonieusement. Brun, ocre, orange, l’aquateinte sera la vedette des années 75 et 76. Les années 80 sont marquées par une abstraction de plus en plus poussée qui transforme les silhouettes et les attitudes en signes. Puis les années 90 voient éclore un remixage des thèmes passés: silhouettes plantureuses, symboles et arabesques. Noir et blanc et aquateinte... La galerie Maraya, Sami el-Solh, présente jusqu’au 13 juin une quarantaine de clichés en couleurs sur les colonnes de Baalbeck. Rien de nouveau, si ce n’est la technique qu’utilise Mahmoud Issa, un jeune photographe professionnel diplômé de la «New England School of Photography» de Boston aux Etats-Unis. Dans les photographies de Issa, les fameuses colonnes s’habillent de lumière sur fond bleu-noir opaque, jouent les contrastes de couleurs artificielles (coucher de soleil bois de rose sur ciel gris tourterelle), offrent des angles de vues insolites et parfois surréalistes. Une atmosphère un brin magique... La galerie Noah’s Ark, Zalka, accueille jusqu’au 23 juin une quarantaine de tableaux de trois peintres arméniens appartenant à l’école absurde-surréaliste. Les toiles très colorées de Samuel Gareguinian jouent les mélanges de genres et d’époques. On y voit des personnages à figure verte, en chausses et pourpoint, jouer au billard, des poissons voler au-dessus des villes, un policier moderne parachuté dans un monde moyenâgeux... Epoque médiévale également chez Vahram Tavtian qui représente, par un dessin lisse, net et des couleurs vives, sa propre conception de l’amour courtois. Jeux de masques, troubadours et chevaliers duellistes... Changement d’atmosphère chez Roupen Apovian dont l’œuvre se distingue par une touche plus classique: silhouettes évanescentes en costumes d’époque sur fond très sombre. Des peintures qui évoquent délibérément des toiles anciennes... Le Kulturzentrum, Jounieh, expose jusqu’au 3 juin une trentaine de sculptures en bois de Marwan Saleh. L’artiste qui se dit «obsédé par les contradictions et les conflits de la vie» les cisèle au burin en figures filiformes, silhouettes enchevêtrées, jaillissant l’une de l’autre en un mouvement ascendant. «Esprits rebelles», «Esprits perdus», «Naissance et développement», «Le moi divisé»... En bois lisse — de caroubier, d’olivier ou de cèdre — des œuvres semi-abstraites, de petite et moyenne dimension, aux formes élancées, sinueuses, aux contours arrondis et qui dégagent à la fois mysticisme et sensualité... Rodolphe Chamoun au Rizk Plaza Les visages de marbre de Rodolphe Chamoun trônent jusqu’au 7 juin dans les salons du Rizk Plaza, Broummana. Une vingtaine de têtes sphériques, longitudinales, ovaloïdes, triangulaires, hexagonales, rectangulaires... Toutes les formes des visages humains reproduites en marbre blanc ou coloré, lisse ou rugueux. Posées sur des socles carrés en pierre, des faces figées, aux traits bien dessinés, estompés ou même complètement absents... Cela va du figuratif caricatural au cubisme en passant par le semi-abstrait. La galerie Varoujan, Zalka, accroche jusqu’au 2 juin les dernières œuvres de Hagop Kevorkian. Joie, douleur, angoisse, tristesse, sérénité, plénitude, complicité, rêve... Les femmes — en solo, duo ou groupe — de Kevorkian passent par toute la gamme des sentiments et des émotions... Une soixantaine de tableaux à l’huile, aquarelle ou pastel, déclinent donc cet éternel féminin fait de grâce, d’attitudes et de mystère. Camaïeux de couleurs chaudes, froides ou pastels selon le thème traité et tonalités harmonieuses sous-tendent une composition toute en nuance, sensibilité et épurement...
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