Responsables et milieux financiers américains ont les yeux braqués sur la tourmente financière russe, multipliant les encouragements publics dans l’espoir d’éviter une coûteuse réédition de la crise asiatique. La Maison-Blanche a réaffirmé sa confiance dans l’équipe économique russe. «Le président a grande confiance dans le premier ministre Sergueï Kirienko (...) Les réformes qu’ils veulent mener à bien nous semblent être les bonnes», a déclaré Michael McCurry, porte-parole de la Maison-Blanche après que la Banque centrale russe eut triplé mercredi ses taux d’intérêt, clé pour enrayer la chute du rouble. James Rubin, le porte-parole du département d’Etat, a également estimé que le gouvernement russe «était capable de conduire l’économie vers une croissance réussie». Le Trésor américain a admis de son côté être en contact téléphonique avec Moscou «deux, trois, quatre fois par jour», selon un officiel. Selon un autre responsable du Trésor non identifié et cité par le «New York Times» «la Russie est particulièrement vulnérable (...) et fait face à des substantielles pressions financières, du fait de plusieurs facteurs». La firme de notation financière Standard and Poors a placé la note (B) de la dette russe à long terme en devises étrangères sous surveillance avec implications négatives. L’agence new-yorkaise s’inquiète d’«une intensification des tensions sur le service de la dette et sur le budget de l’Etat qui pourraient conduire à un abaissement des notations». La forte hausse des taux d’intérêt va entraîner encore davantage de tensions sur le budget en accroissant le coût du service de la dette. Face à ces inquiétudes, les Américains se gardent de promettre une aide financière directe, mais renvoient sur le Fonds Monétaire International. Il y a bon espoir pour que, vu les mesures budgétaires prises par Moscou (réduction des dépenses et augmentation des recettes), le FMI débloque dans les jours qui viennent une nouvelle tranche de 700 millions de dollars environ. Cette tranche fait partie du programme de 10 milliards de dollars signé en mars 1996 entre le FMI et la Russie et sur lequel 5,8 milliards ont déjà été versés. Le directeur général du FMI, Michel Camdessus, actuellement au Kirghizstan, a fait savoir qu’il était «impressionné» par les mesures russes et a rendu «hommage au courage de la Banque centrale de Russie qui a été capable de prendre des mesures très dures pour résister aux pressions». Mais les responsables russes espèrent l’octroi d’une aide supplémentaire de grande ampleur ce qui n’est pas évoqué par le FMI. Un porte-parole du Fonds a déclaré jeudi ne pas être au courant de nouvelles tractations sur un autre soutien financier. Le FMI a même démenti qu’il allait mettre en place un fonds de stabilisation pour aider le gouvernement russe à défendre le rouble. Comme il l’a répété à l’envi ces derniers temps devant le Congrès américain réticent à lui fournir des fonds, une nouvelle grave crise financière serait difficile à gérer pour le FMI. L’institution n’a pour l’instant plus que 15 milliards de dollars de réserves immédiatement disponibles pour intervenir, après avoir engagé 35 milliards de dollars pour juguler la crise asiatique en Indonésie (10 mds USD), en Thaïlande (4 mds) et en Corée (21 mds). (AFP)
Responsables et milieux financiers américains ont les yeux braqués sur la tourmente financière russe, multipliant les encouragements publics dans l’espoir d’éviter une coûteuse réédition de la crise asiatique. La Maison-Blanche a réaffirmé sa confiance dans l’équipe économique russe. «Le président a grande confiance dans le premier ministre Sergueï Kirienko (...) Les réformes qu’ils veulent mener à bien nous semblent être les bonnes», a déclaré Michael McCurry, porte-parole de la Maison-Blanche après que la Banque centrale russe eut triplé mercredi ses taux d’intérêt, clé pour enrayer la chute du rouble. James Rubin, le porte-parole du département d’Etat, a également estimé que le gouvernement russe «était capable de conduire l’économie vers une croissance réussie». Le Trésor américain a...
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