Olof Palme, assassiné le 28 février 1986 à la sortie d’un cinéma de Stockholm alors qu’il rentrait chez lui à pied et sans escorte, détonnait dans un pays où la pondération et la mesure sont considérées comme des vertus cardinales. Vif, polémique et cinglant, il avait dérangé beaucoup de monde pendant sa carrière publique, de l’extrême-droite qu’il a combattue sans faiblesse, aux Soviétiques et aux Américains contre lesquels il a manifesté dans la rue. Nourri d’une ardente passion politique qu’il appelait son «mécontentement», ce fils de grands bourgeois s’était engagé avec fougue dès sa jeunesse en politique étrangère. «Il est insensé de penser que le fait d’exprimer librement un point de vue doive être calculé au prorata du volume de nos exportations», avait-il coutume de dire. Né en 1927, Olof Palme avait grandi dans une société qui s’était installée dès 1938 dans le consensus social-démocrate. Ses fréquents séjours chez ses grands-parents maternels, des aristocrates demeurant à Riga (Lettonie), dans une zone alors prise en tenaille entre le nazisme et le communisme, avaient fait de lui un polyglotte — à cinq ans, il parlait le suédois, le russe, l’allemand et le français — doublé d’un voyageur effréné. En 1945, à l’âge de 18 ans, il avait participé au transport à Goeteborg des réfugiés du camp de Bergen-Belsen (Allemagne). Entré en politique en 1951, à 24 ans, comme collaborateur de Tage Erlander, premier ministre de 1946 à 1968 et «père» de la social-démocratie suédoise, il était devenu ministre des Télécommunications en 1963. En 1968, alors qu’il était ministre de l’Education, il était descendu dans la rue pour protester contre l’invasion de la Tchécoslovaquie par les chars russes, puis contre les bombardements américains sur Hanoï. Sa photo, à côté de l’ambassadeur du Nord-Vietnam, avait été publiée par des centaines de journaux aux Etats-Unis, et Washington avait rappelé son ambassadeur en Suède. Succédant en 1968 à Tage Erlander à la tête du parti social-démocrate, il avait été premier ministre à deux reprises: de 1969 à 1976, puis de 1982 à son assassinat. Deux mandats au cours desquels ce «Kennedy à la suédoise» était devenu le porte-drapeau de son pays sur la scène internationale. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Olof Palme, assassiné le 28 février 1986 à la sortie d’un cinéma de Stockholm alors qu’il rentrait chez lui à pied et sans escorte, détonnait dans un pays où la pondération et la mesure sont considérées comme des vertus cardinales. Vif, polémique et cinglant, il avait dérangé beaucoup de monde pendant sa carrière publique, de l’extrême-droite qu’il a combattue sans faiblesse, aux Soviétiques et aux Américains contre lesquels il a manifesté dans la rue. Nourri d’une ardente passion politique qu’il appelait son «mécontentement», ce fils de grands bourgeois s’était engagé avec fougue dès sa jeunesse en politique étrangère. «Il est insensé de penser que le fait d’exprimer librement un point de vue doive être calculé au prorata du volume de nos exportations», avait-il coutume de dire. Né en...