Le coordinateur américain pour Chypre Thomas Miller a averti à Nicosie que «la situation à Chypre pourrait empirer avant de s’améliorer» et plaidé pour l’accession de la Turquie à l’Union européenne. «Le temps travaille contre une solution du problème chypriote et la situation pourrait empirer avant de s’améliorer», a déclaré M. Miller lors d’un colloque organisé par l’hebdomadaire britannique «The Economist» sur le thème: «Faire des affaires à Chypre» (Doing Business in Cyprus). «L’objectif des Etats-Unis est de lancer un processus» de solution, a ajouté le diplomate américain, qui a réaffirmé que les efforts américains se situaient dans le cadre de la volonté des Nations Unies d’établir une fédération chypriote bizonale. M. Miller a souligné, à cet égard, q’«une solution à Chypre demeurait une haute priorité pour les Etats-Unis», ajoutant que «toutes les parties avaient demandé aux Etats-Unis de rester impliquées» dans la recherche d’une solution. «Nous promettons de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir les efforts de l’ONU», a-t-il ajouté. Le coordinateur américain pour Chypre a réitéré, dans ce cadre, l’opposition de Washington au déploiement, prévu cet été, de missiles solaires russes S-300 dans le sud de l’île. «Nous disons simplement que cet achat rend les efforts plus difficiles», a-t-il dit. Un aimant «C’est une mauvaise idée de les apporter ici», avait déclaré auparavant M. Miller à l’issue d’un entretien avec le président chypriote Glafcos Cléridès. «Nous ne discutons pas du droit de Chypre à prendre des décisions: nous disons simplement que la livraison des missiles n’aide pas», à sortir de l’impasse le dossier de l’île divisée depuis 24 ans, avait-il ajouté. La Turquie, qui occupe le tiers nord de Chypre depuis 1974 et où elle maintient 35.000 militaires, menace de détruire ces missiles dès leur déploiement dans le secteur grec de Chypre. Dans des déclarations aux journalistes à l’issue du colloque, M. Miller a indiqué que Washington avait également mis en garde la Turquie contre toute réaction déplacée à un éventuel déploiement des missiles russes à Chypre. «Nous avons clairement dit aux Turcs que nous estimons qu’une réaction serait mauvaise», a-t-il déclaré, en soulignant que les missiles étaient un «aimant» pour des hostilités déclenchées par la Turquie. M. Miller a également affirmé que sa visite à Nicosie «témoignait de la poursuite des efforts» américains visant à trouver une solution à Chypre, en dépit de l’«impasse sérieuse et temporaire» signalée début mai à Nicosie par l’émissaire américain Richard Holbrooke. M. Cléridès a récemment annoncé une nouvelle mission à Nicosie de M. Holbrooke en juin. M. Miller a plaidé avec force, devant le colloque de l’«Economist», en faveur de l’accession de la Turquie à l’UE, tout en admettant que cela prendrait «plusieurs, plusieurs années». Il a appelé l’UE à «faire un pas en arrière et à adopter une perspective stratégique à long terme»pour rapprocher la Turquie de l’Europe. «Nous avons clairement dit à nos amis européens que la candidature de la Turquie devrait être considérée sur les mêmes bases que les autres», a-t-il souligné. Tout en se déclarant favorable à la demande du gouvernement chypriote (grec) de faire partie de l’UE, le diplomate américain a estimé que les conditions posées par le leader chypriote-turc Rauf Denktash pour reprendre les discussions intercommunautaires compliquaient la situation. M. Denktash réclame la reconnaissance de son Etat séparatiste de Chypre du nord et le retrait de la demande chypriote d’accession à l’UE. (AFP).
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