L’Europe, déjà performante dans le domaine de l’observation de la Terre, de l’atmosphère et des océans, va se doter au XXIe siècle de satellites ultramodernes qui contribueront à améliorer considérablement les prévisions météo et l’observation des changements climatiques. Ces satellites météo sont les «vedettes» de la conférence «Satellites, Météorologie et Océanographie», organisée jusqu’à vendredi à Paris par l’American Meteorological Society, la Société météorologique de France et l’organisation européenne EUMETSAT. Cette dernière finance et exploite les satellites Météosat qui aliment 24 heures sur 24 les services météo de ses 17 Etats membres. Trois sont aujourd’hui en orbite, dont l’un, Météosat-5, participe à l’expérience INDOEX d’étude des polluants, des nuages, du rayonnement solaire et des interactions des nuages dans la zone de convergence intertropicale sur l’océan Indien. «Ce système sera maintenu jusqu’à fin 2003 pour assurer la transition avec son successeur», a précisé M. Tillmann Mohr, directeur d’EUMETSAT. «Mais nous travaillons, en étroite collaboration avec l’Agence spatiale européenne (ESA) et l’industrie européenne, à l’établissement d’un nouveau dispositif, Météosat seconde génération (MSG), opérationnel à l’orée du troisième millénaire». Le premier des trois satellites de cette série, construits par Aérospatiale, sera lancé à l’automne 2000. Très pointu, ce système produira des données dans 12 bandes spectrales contre trois aujourd’hui. La confection d’une image ne prendra que 15 minutes, contre 30 actuellement et la résolution des images visibles sera ramenée à 1 km, contre 2,5 au mieux de nos jours. Le programme MSG se poursuivra jusqu’en 2012. Au-delà des frontières Par ailleurs, EUMETSAT collabore avec les Etats-Unis, l’ESA, le CNES (Centre national d’études spatiales, France), à la préparation du «Système polaire Eumetsat» (EPS). Il existe en effet deux catégories de satellites, les géostationnaires, «immobiles», à 36.000 kilomètres au-dessus de l’Equateur, et les «polaires», «défilants» ou «héliosynchrones» qui survolent la Terre au niveau des pôles, à 840 kilomètres d’altitude et 90 minutes. Ils couvrent la totalité du globe deux fois par jour. Les Etats-Unis viennent ainsi de lancer, en orbite quasi-polaire, un satellite d’observation météorologique, NOAA-15, également équipé du système SARSAT (Search and Rescue Satellite-aided Tracking) permettant de repérer bateaux, avions ou personnes perdues en mer. Le programme EPS, d’une durée de quatorze ans, couvre la fabrication et le lancement de trois satellites «Metop» ainsi que la réalisation de l’infrastructure sol nécessaire. Le groupe franco-britannique Matra Marconi Space (MMS) est maître d’œuvre. Le premier lancement est prévu en 2003. En plus de sa «mission météo» – transmission d’images à haute résolution, profils verticaux de température et d’humidité, avec une précision sans précédent, températures de surface de la mer à l’échelle du globe –, Metop mesurera l’ozone et la circulation des vents sur les océans. Il dressera aussi des cartes de l’évolution de la végétation, utiles pour prévoir les récoltes et prévenir les famines. Le système EPS répondra aussi bien aux besoins européens qu’à ceux de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et fournira des données au Programme mondial de recherche sur le climat (WCRP) ou au système mondial d’observation du climat (GCOS), reflétant plus que jamais le fait que l’atmosphère ne connaît aucune frontière. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Europe, déjà performante dans le domaine de l’observation de la Terre, de l’atmosphère et des océans, va se doter au XXIe siècle de satellites ultramodernes qui contribueront à améliorer considérablement les prévisions météo et l’observation des changements climatiques. Ces satellites météo sont les «vedettes» de la conférence «Satellites, Météorologie et Océanographie», organisée jusqu’à vendredi à Paris par l’American Meteorological Society, la Société météorologique de France et l’organisation européenne EUMETSAT. Cette dernière finance et exploite les satellites Météosat qui aliment 24 heures sur 24 les services météo de ses 17 Etats membres. Trois sont aujourd’hui en orbite, dont l’un, Météosat-5, participe à l’expérience INDOEX d’étude des polluants, des nuages, du...