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Actualités - Chronologie

Indonésie Une timide opposition commence à se mettre en place

Après trente-deux ans sous le pouvoir absolu du président Suharto, une timide opposition commence à se mettre en place en Indonésie et affirme vouloir exercer son contrôle sur le gouvernement du nouveau chef de l’Etat Jusuf Habibie. Pour la seconde fois en quelques jours, un groupe informel de personnalités publiques favorables au changement a rencontré le président Habibie pour lui répéter le même message que celui transmis au président Suharto: la population exige des réformes profondes dans tous les secteurs. La non-satisfaction de cette revendication a provoqué la chute de M. Suharto. Ce groupe, l’un des derniers à se manifester au début du mois, réunit six personnalités respectées dont M. Amien Rais, le dirigeant musulman qui souhaite accéder à la tête de l’Etat. Y figurent aussi Emil Salim, un économiste et ancien ministre de l’Environnement, le général (en retraite) Rudini, ex-ministre de l’Intérieur, Sujana Syafei, universitaire de l’Institut de technologie de Bandung, Nurcholis Majid, un intellectuel musulman, et Adnan Buyung Nasution, un juriste militant des droits de l’homme. Selon Majid, ce groupe devrait s’étendre et inclure cinq autres personnalités afin de mieux représenter les différents groupes travaillant à travers le pays à l’élaboration d’un programme de réformes. Amien Rais avait d’abord qualifié ce groupe de «Groupe des 6 de l’opposition» mais c’est finalement le nom de «forum de communication pour le groupe du contrepoids» qui a été choisi. «Le mot d’opposition, note Majid, n’est pas encore entré dans notre culture où il est trop fort, et le mot «contrepoids» est mieux adapté car il évite l’idée de confrontation directe». L’ex-président Suharto, pour sa part, définissait ce qu’il appelait la démocratie comme la prise de décision par un processus tranquille de recherche du consensus. Ce concept lui a permis de contrôler étroitement toute la vie politique et l’organisation de la moindre opposition en permettant l’élaboration de lois «anti-subversives» qualifiant toute activité en ce sens de «réunions illégales» ou de «tentative de saper le gouvernement». Le groupe a cependant beaucoup de difficultés à expliquer qu’il n’avait pas l’ambition de représenter l’ensemble du mouvement pour les réformes et qu’il n’était pas non plus une extension du gouvernement. La première rencontre de ce groupe avec M. Habibie avait eu lieu samedi, le jour même où il avait officiellement intronisé son cabinet. «Nous ne sommes pas un groupe fermé, a souligné M. Salim, nous n’avons pas l’intention de parler pour qui que ce soit, hormis nous-mêmes et nous ne représentions aucun groupe». M. Nasution, pour sa part, a tenu à souligner que le groupe «était en dehors du gouvernement et n’avait pas de structure». «Nous n’avons pas été cooptés par le gouvernement», a-t-il dit. Lors de la rencontre de mardi, le groupe du contrepoids, selon M. Salim, a discuté avec le président Habibie de la nécessité de tenir des élections parlementaires le plus tôt possible et d’établir le calendrier pour y parvenir. Il a été aussi demandé, a-t-il indiqué, que soient prises des décisions crédibles afin de débarrasser l’administration de la corruption, de la collusion et du népotisme et que soit assurée la protection des non musulmans et des non indigènes (c’est-à-dire des Indonésiens d’origine chinoise). M. Salim a déclaré qu’il avait également été souligné à M. Habibie que la liberté de la presse et celle de s’associer et de s’organiser devaient être garanties. «Notre suggestion au président, a-t-il conclu, a été qu’il devait s’ouvrir le plus largement et le plus directement possible aux suggestions et propositions de tous les autres groupes». (AFP)
Après trente-deux ans sous le pouvoir absolu du président Suharto, une timide opposition commence à se mettre en place en Indonésie et affirme vouloir exercer son contrôle sur le gouvernement du nouveau chef de l’Etat Jusuf Habibie. Pour la seconde fois en quelques jours, un groupe informel de personnalités publiques favorables au changement a rencontré le président Habibie pour lui répéter le même message que celui transmis au président Suharto: la population exige des réformes profondes dans tous les secteurs. La non-satisfaction de cette revendication a provoqué la chute de M. Suharto. Ce groupe, l’un des derniers à se manifester au début du mois, réunit six personnalités respectées dont M. Amien Rais, le dirigeant musulman qui souhaite accéder à la tête de l’Etat. Y figurent aussi Emil Salim, un...