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Actualités - Chronologie

La presse iranienne sous la pression des durs du régime

La presse iranienne, qui s’exprime avec davantage de liberté depuis l’élection l’an dernier du président Mohammad Khatami, est mise sous pression par les partisans d’une ligne dure qui lui reprochent d’aller trop loin. Les attaques se sont intensifiées au cours des derniers jours contre les journaux favorables au chef de l’Etat et viennent principalement des Gardiens de la révolution (Pasdaran), les troupes d’élite du régime, de la police et de certains députés conservateurs. La presse modérée est régulièrement accusée de complaisance envers la culture occidentale, de publier des articles critiques envers l’establishment du pays, ou encore de soulever les problèmes de société. Le commandement des Pasdaran a porté plainte contre le journal «Jameeh» (Société) pour avoir publié récemment des propos prêtés à son chef, le général Yahia Rahim Safavi. Selon, «Jameeh», mais aussi d’autres journaux, le général s’en était violemment pris à toute évolution libérale du régime lors d’une réunion d’officiers, menaçant de «couper la tête à certains et la langue à d’autres». Selon les Pasdaran, ces propos tenus à huis clos ont été déformés et font l’objet d’une «fuite» malveillante, et «Jameeh» aurait «violé les lois sur la presse en publiant des secrets relevant des forces armées». A la suite de cette plainte, le directeur du journal, Hamid-Reza Jalaïpour, a comparu lundi devant la Cour spéciale de justice pour la presse, une instance d’arbitrage chargée de dire ou non si des poursuites peuvent être engagées. Le directeur du journal fait valoir que le général Safavi n’a jamais démenti ses propos sur le fond. La suite des auditions a été reportée aux premiers jours de juin. La police a, de son côté, porté plainte contre la revue pro-Khatami «Zanan» (Femmes), pour un article sur le comportement des forces de l’ordre vis-à-vis des femmes sur les plages iraniennes, où les deux sexes sont séparés. La Cour a toutefois décidé de ne pas donner suite aux demandes de poursuites. Plusieurs responsables des Gardiens de la révolution ont tenu au cours des derniers jours des propos menaçants à l’égard des journaux jugés trop audacieux dans leurs demandes de réformes. Dernier en date, le colonel Kazem Rassoulian, chef des Pasdaran de la région de Dezfoul (ouest), cité mardi par le journal gouvernemental «Iran Daily», a déclaré que «la liberté ne signifie pas que quiconque puisse écrire tout ce qu’il souhaite, ou insulter qui que ce soit». Insulter les forces de l’ordre «revient à insulter le Guide de la révolution», l’ayatollah Ali Khamenei, numéro un du régime, a-t-il affirmé. L’officier a affirmé que, si le Guide le jugeait utile, les Pasdaran pourraient être amenés à «calmer la conspiration intérieure». Un député conservateur, Mehdi Reza Darvichzadeh, a enfoncé le clou en affirmant qu’un «grand nombre de publications préparaient un coup d’Etat contre les valeurs islamiques et révolutionnaires» et constituaient des «instruments de corruption culturelle». La presse écrite iranienne est, depuis l’arrivée au pouvoir du président Khatami, plus nombreuse, plus diversifiée et plus libre dans ses critiques. Cette ouverture est largement le fait du ministre de la Culture, Atoallah Mohadjerani, l’un des hommes-clé du cabinet Khatami et bête noire des conservateurs. M. Mohadjerani a répété lundi son credo selon lequel «le niveau de développement d’une société se caractérise par la possibilité d’entendre différentes voix, idées et opinions». «La presse écrite est désormais une institution puissante, qui a la possibilité de déterminer l’opinion publique», a-t-il ajouté. Le ministre, régulièrement accusé de laxisme par les conservateurs, a toutefois tenu à rappeler que «la presse devait respecter les lois» et que «toute publication était responsable des articles qu’elle publiait». (AFP)
La presse iranienne, qui s’exprime avec davantage de liberté depuis l’élection l’an dernier du président Mohammad Khatami, est mise sous pression par les partisans d’une ligne dure qui lui reprochent d’aller trop loin. Les attaques se sont intensifiées au cours des derniers jours contre les journaux favorables au chef de l’Etat et viennent principalement des Gardiens de la révolution (Pasdaran), les troupes d’élite du régime, de la police et de certains députés conservateurs. La presse modérée est régulièrement accusée de complaisance envers la culture occidentale, de publier des articles critiques envers l’establishment du pays, ou encore de soulever les problèmes de société. Le commandement des Pasdaran a porté plainte contre le journal «Jameeh» (Société) pour avoir publié récemment des propos...