A genoux devant un président du jury médusé, Roberto Benigni a régalé le public de la soirée de clôture du Festival de Cannes d’un véritable «show», laissant exploser sa joie et son humour après avoir obtenu le Grand Prix du jury pour «La vie est belle». L’acteur-réalisateur italien a bondi sur la scène et s’est jeté aux pieds de Martin Scorsese, avant d’embrasser les chaussures du président du jury qui tentait vainement de le relever en piquant un fard mémorable. Roberto Benigni est alors passé parmi les autres jurés, distribuant des bises à tout va. «Merci, merci. Je n’ai pas les mots pour vous dire comment je vous aime», a-t-il lancé en français. Avant d’enchaîner sur un tonitruant: «J’ai gagné la palme d’or». Et de regarder interloqué son diplôme sous les éclats de rire du public: «Qu’est-ce que c’est?». Puis, sérieux, il a dédié son prix, obtenu pour un film traitant de la shoah, «à tous ceux qui ne sont plus là, disparus pour nous faire comprendre ce que c’est que la liberté et la vie». Le public a apprécié le numéro et offert au cinéaste deux longues ovations debout. Le public était venu nombreux, malgré un ciel menaçant, pour assister à la dernière montée des marches du 51e Festival. Et il n’a pas été déçu, avec la présence de nombreuses stars du petit ou du grand écran et du «show-biz». Les flashes ont crépité tandis que dans le ciel quatre avions tiraient des banderoles publicitaires pour «Godzilla», super-production américaine présentée à la soirée de clôture et dont le héros, Jean Reno, s’est taillé un franc succès parmi les fans. Dans le grand amphithéâtre du palais, les invités en smoking et robe du soir cherchaient leurs places, puis Isabelle Huppert lançait la cérémonie. «Ça y est, le rêve éveillé est presque fini», lançait l’actrice française. Passé les hors-d’œuvres — prix des courts métrages et de la technique — et la Caméra d’or (premier film) très applaudie, le jury faisait son entrée sous des applaudissements vite transformés en cris à l’apparition de Sigourney Weaver dans une robe de mousseline noire transparente. Enfin, le président Martin Scorsese recevait une ovation à son arrivée, la précieuse petite feuille contenant le palmarès à la main. Commence le défilé des lauréats. Todd Haynes, pour la «contribution artistique» avec «Velvet Goldmine», sa fresque «glam-rock», Thomas Vinterberg, look de jeune premier très applaudi pour sa cruelle «Fête de famille» et Claude Miller pour sa «Classe de neige», prix spécial du jury ex aequo. Les remerciements restent volontairement brefs dans cette cérémonie, réglée comme du papier à musique, qui commence et s’achève à l’heure. Mais le cœur a toute sa place. John Boorman dédie sous un tonnerre d’applaudissements son prix de la mise en scène «au peuple irlandais qui vient de voter pour la paix». Les jeunes Elodie Bouchez et Natacha Régnier, prix d’interprétation fémine ex aequo, s’étranglent d’émotion. La vraie palme sera remise à Theo Angelopoulos sous les applaudissements polis de l’assistance. Le cinéaste grec avait froissé le festival en 1995 en manifestant ouvertement son mécontentement d’avoir raté la récompense suprême. La cérémonie s’achève. On démonte rapidement le décor qui cache l’écran. «Godzilla» va clore le Festival, Rideau. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats A genoux devant un président du jury médusé, Roberto Benigni a régalé le public de la soirée de clôture du Festival de Cannes d’un véritable «show», laissant exploser sa joie et son humour après avoir obtenu le Grand Prix du jury pour «La vie est belle». L’acteur-réalisateur italien a bondi sur la scène et s’est jeté aux pieds de Martin Scorsese, avant d’embrasser les chaussures du président du jury qui tentait vainement de le relever en piquant un fard mémorable. Roberto Benigni est alors passé parmi les autres jurés, distribuant des bises à tout va. «Merci, merci. Je n’ai pas les mots pour vous dire comment je vous aime», a-t-il lancé en français. Avant d’enchaîner sur un tonitruant: «J’ai gagné la palme d’or». Et de regarder interloqué son diplôme sous les éclats de rire du public:...