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Actualités - Chronologie

Canon électrique franco-allemand

Cinquante-trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une équipe franco-allemande de chercheurs a mis au point un prototype de canon électrique qui pourrait remplacer d’ici vingt ans les armes classiques. L’équipe du Dr Francis Jamet vient d’achever la mise au point d’un équipement expérimental grand format de cette arme du futur au sein de l’ISL, l’Institut franco-allemand de recherche militaire de Saint-Louis (Haut-Rhin). Ce centre de recherche créé en 1958, qui mène des travaux de balistique ainsi que des recherches sur l’aérodynamique, les lasers et la métrologie, est financé à parité par les ministères de la Défense français et allemand. «Cette installation de 10 mégajoules va nous permettre d’étudier sur une échelle représentative des phénomènes qui se produisent quand on accélère un projectile», a indiqué Francis Jamet, directeur de la division «lanceurs et projectiles» de l’ISL. Une équipe de quinze personnes travaille depuis 1987 sur le programme PEGASUS (pour Programme of an Electric Gun Arrangement to Study the Utilisation in Systems). La réalisation de cette installation, qui a coûté 48 millions de francs, a pris elle-même trois ans et demi. Le canon de six mètres de long est alimenté par un «mur» de 200 condensateurs développant une énergie de 10 mégajoules et une puissance de 12 à 15 gigawatts. Il peut envoyer un projectile d’un kilo à la vitesse de 2.600 mètres/ seconde (7,5 fois la vitesse du son). 40 secondes suffisent, ensuite, pour recharger les condensateurs. Les munitions à poudre, lancées par les canons traditionnels, n’atteignent qu’une vitesse fixe de 1.800 mètres/ seconde, alors que la performance du canon électrique peut être régulée en fonction de l’énergie fournie. «Atteindre 10.000 mètres/ seconde n’est pas un problème», assure Francis Jamet. Le canon lui-même se présente sous la forme d’un tube de 50 millimètres de diamètre interne équipé de deux «rails» de cuivre qui permettent de guider la charge. Le courant transmis, via des anneaux disposés tout au long de l’affût, passe d’un rail à l’autre au travers du projectile conducteur, qui est propulsé par le champ magnétique ainsi créé. L’équipe de Francis Jamet n’est pas la seule à travailler sur le canon électrique. La Norvège en 1901, la France en 1914 et l’Allemagne en 1940 s’y sont déjà intéressées. A chaque fois, les recherches furent suspendues devant le problème alors insoluble de l’encombrement du stockage de l’énergie. Ces recherches ont été relancées au début des années 80 par les Etats-Unis qui voyaient dans le canon électrique une arme antimissiles de l’espace particulièrement adaptée à la «guerre des étoiles» chère à Ronald Reagan. Ce programme n’a toutefois pas survécu à la guerre froide. Vitesse modulable Des équipes militaires américaines, australiennes et européennes continuent aujourd’hui d’étudier la question dans le cadre des programmes d’armements classiques. Le prototype de l’ISL se distingue par un gain de compacité obtenu grâce au concept modulaire du stockage de l’énergie et à l’emploi de semi-conducteurs, qui n’étaient pas adaptés jusqu’ici aux courants forts, en guise de commutateurs. L’équipe franco-allemande a également innové en développant un tube de résine renforcée de fibres de verre et de carbone. Le contact entre les projectiles, eux aussi en résine, et les rails conducteurs a par ailleurs été amélioré au moyen de tampons de brins filamentaires de cuivre disposés sur la charge. Ces travaux ont été menés en partenariat avec des entreprises comme GEC-Alsthom, Thomson Short Systems ou LERC en France, ABB Semiconductors en Suisse ou TZN en Allemagne. Outre sa vitesse inégalée et modulable, ce canon sans culasse, ouvert aux deux extrémités, permet de limiter le recul et les risques inhérents aux systèmes de propulsion à poudre. Toutefois, les techniques actuelles ne permettent pas encore d’envoyer des charges très lourdes sur de longues distances, celles pour lesquelles une énergie considérable est requise. «Mais on peut déjà envisager une application pour la défense antiaérienne ou des applications civiles pour le perçage de certains matériaux, là où les techniques classiques ne sont pas efficaces», estime Francis Jamet. (Reuters)
Cinquante-trois ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une équipe franco-allemande de chercheurs a mis au point un prototype de canon électrique qui pourrait remplacer d’ici vingt ans les armes classiques. L’équipe du Dr Francis Jamet vient d’achever la mise au point d’un équipement expérimental grand format de cette arme du futur au sein de l’ISL, l’Institut franco-allemand de recherche militaire de Saint-Louis (Haut-Rhin). Ce centre de recherche créé en 1958, qui mène des travaux de balistique ainsi que des recherches sur l’aérodynamique, les lasers et la métrologie, est financé à parité par les ministères de la Défense français et allemand. «Cette installation de 10 mégajoules va nous permettre d’étudier sur une échelle représentative des phénomènes qui se produisent quand on...