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Actualités - Chronologie

Jean-Paul II appelle les scientifiques à éclaircir le mystère du Saint-Suaire

Jean-Paul II s’est rendu dimanche à Turin au nord de l’Italie à l’occasion de l’ostentation du saint-suaire et a adressé un appel aux scientifiques pour éclaircir le mystère qui l’entoure. L’Eglise ne se prononce pas sur l’authenticité du linceul qui, selon la tradition, aurait enveloppé le corps du Christ, a dit le pape. C’était la première fois qu’un chef de l’Eglise catholique intervenait d’une façon aussi claire et nette sur le saint-suaire, la relique la plus vénérée du monde catholique et qui est considérée par certains comme un faux datant du Moyen-âge. Tout en «vénérant» ce «témoignage» de la mort et de la résurrection du Christ, le souverain pontife a cependant tranché le débat en affirmant qu’une réponse au mystère devait encore être trouvée. Le pape est venu à Turin pour prier devant le linceul, après avoir béatifié trois religieux lors d’une messe en plein air, en présence de 60.000 fidèles, dont le prix Nobel pour la paix, Rigoberta Menchù, arrivée du Gautemala, au nom de l’évêque Giulio Girardio, assassiné dans son pays il y a un mois. Le saint-suaire est exposé dans la cathédrale de Turin depuis le 18 avril dernier. Plus d’un million de pèlerins l’ont déjà vu et plus d’un million d’autres fidèles ont réservé leur tour de visite d’ici le 14 juin prochain. Après avoir prié très intensément pendant quelques minutes devant la toile de lin, abritée dans un reliquaire blindé, et ventilé artificiellement, le pape n’a pas caché jusqu’à quel point il était lui-même intrigué par «le magnétisme mystérieux« exercé par le saint-suaire. Le pape avait qualifié le linceul de véritable «relique» en 1980, avant que des analyses au carbone 14, aujourd’hui contestées, n’indiquent qu’il datait du Moyen-âge. «Ne s’agissant pas d’une matière touchant la foi, a-t-il déclaré, l’Eglise n’a pas de compétence spécifique pour donner des réponses adéquates aux questions que l’on se pose au sujet de ce linceul». Un signe particulier «L’Eglise, a-t-il ajouté, exhorte à aborder l’étude du saint-suaire sans a priori et dans le respect aussi bien de la méthodologie scientifique que de la sensibilité des croyants». Jean-Paul II a cependant laissé comprendre qu’il croyait à l’authenticité du linceul, sur lequel est reproduit en négatif, comme sur une pellicule de photo, l’image d’un homme crucifié, mesurant 1,62 m, la tête ensanglantée, les mains et les pieds percés, une plaie au côté. «L’image reproduite, a-t-il commenté, a un rapport si profond avec ce que les évangiles racontent au sujet de la passion et la mort de Jésus que tout homme sensible est intérieurement touché en la voyant». Le souverain pontife a affirmé que «personne n’était en mesure aujourd’hui de pouvoir donner une explication» au saint-suaire qui restait un «signe vraiment particulier» évoquant Jésus Christ. Le saint-suaire, a-t-il dit, «rappelle aux hommes distraits par le bien-être et par les conquêtes technologiques, le drame de tant de leurs frères» ainsi que «la capacité de l’homme à apporter la douleur et la mort à son prochain». «Devant le saint-suaire, a-t-il ajouté, on est obligé de penser aux millions d’hommes qui meurent de faim, aux horreurs perpétrées dans toutes les guerres, à l’exploitation brutale des femmes et des enfants, aux millions d’êtres humains qui vivent dans la privation et dans l’humiliation dans les grandes banlieues, surtout dans les pays en voie de développement». «Notre temps, a-t-il conclu, a besoin de redécouvrir la fécondité du silence pour surmonter la chienlit des sons, des images, du bavardage qui trop souvent empêchent d’écouter la voix de Dieu».
Jean-Paul II s’est rendu dimanche à Turin au nord de l’Italie à l’occasion de l’ostentation du saint-suaire et a adressé un appel aux scientifiques pour éclaircir le mystère qui l’entoure. L’Eglise ne se prononce pas sur l’authenticité du linceul qui, selon la tradition, aurait enveloppé le corps du Christ, a dit le pape. C’était la première fois qu’un chef de l’Eglise catholique intervenait d’une façon aussi claire et nette sur le saint-suaire, la relique la plus vénérée du monde catholique et qui est considérée par certains comme un faux datant du Moyen-âge. Tout en «vénérant» ce «témoignage» de la mort et de la résurrection du Christ, le souverain pontife a cependant tranché le débat en affirmant qu’une réponse au mystère devait encore être trouvée. Le pape est venu à Turin pour...