La province de Kunduz est le seul point d’appui de la milice des Taliban dans le nord du pays, bastion traditionnel mais très instable de la coalition de l’opposition. La capitale Kunduz, qui a donné son nom à la province, est un petit bourg pauvre, sale et sans charme. Le rare passage d’un véhicule y soulève un nuage de poussière ocre qui a fini par imprégner les murs des maisons. L’ordre des Taliban pachtounes y règne. Les miliciens intégristes des «étudiants en théologie», souvent jeunes, sont reconnaissables à leurs tenues et à leurs gros turbans noirs. Il y a, bien sûr, l’absence presque totale de femmes dans les rues. Les rares silhouettes féminines sont effacées par le fameux «burga», ce long vêtement qui recouvre la femme de la tête aux pieds, avec simplement une petite résille devant les yeux. Mais en revanche, la sécurité de la population y est assurée — comme dans les deux tiers du pays contrôlés par les miliciens intégristes — ce qui tranche avec l’insécurité des zones de l’opposition, dans les provinces environnantes, où des bandes armées incontrôlées se livrent à toutes sortes d’exactions. Les Taliban y sont pourtant peu nombreux en ce moment. Selon des sources sur place, la plupart d’entre eux ont été envoyés dans le sud-est de la province d’où ils ont lancé ces dernières semaines des attaques contre les forces tadjikes du commandant Ahmed Shah Massoud, l’un des chefs militaires de la coalition de l’opposition, dans la région d’Ishkemish, dans la province voisine de Takhar. L’issue des combats est pour le moment incertaine, d’autant que la victoire est essentielle pour les deux camps. Pour les Taliban, il s’agit de rompre un encerclement et un isolement de la province de Kunduz qui durent depuis un an. C’est en effet en mai de l’année dernière qu’une colonne Taliban envoyée au secours de la milice intégriste en difficulté à Mazar-i-Sharif s’était fait prendre au piège à Pul-i-Khumri, une petite bourgade au nord du tunnel de Salang, qui traverse la chaîne montagneuse de l’Indou Kouch. Les Taliban — qui avaient pris la ville à l’occasion d’une révolte de troupes ouzbèkes contre leur chef le général Abdul Rachid Dostam — durent l’évacuer quelques jours plus tard en raison d’une révolte de leurs récents alliés. Dès lors, pour les miliciens piégés à Pul-i-Khumri — qui ne pouvaient repasser le Salang coupé entre-temps par Massoud — il n’existait d’autre solution que de se rendre à Kunduz, la province peuplée de pachtounes, comme eux. Cette région de montagne est riche. C’est le «grenier à grains» du nord. Dans les hautes et immenses vallées qui la traversent de part en part pousse le blé, tandis qu’autour de la ville de Kunduz un réseau complexe de canaux d’irrigation permet la culture du riz. Les affaires étant les affaires, la province continue de nourrir les autres provinces du nord, aux mains de l’opposition, mais beaucoup moins favorisées en matière agricole.(AFP)
La province de Kunduz est le seul point d’appui de la milice des Taliban dans le nord du pays, bastion traditionnel mais très instable de la coalition de l’opposition. La capitale Kunduz, qui a donné son nom à la province, est un petit bourg pauvre, sale et sans charme. Le rare passage d’un véhicule y soulève un nuage de poussière ocre qui a fini par imprégner les murs des maisons. L’ordre des Taliban pachtounes y règne. Les miliciens intégristes des «étudiants en théologie», souvent jeunes, sont reconnaissables à leurs tenues et à leurs gros turbans noirs. Il y a, bien sûr, l’absence presque totale de femmes dans les rues. Les rares silhouettes féminines sont effacées par le fameux «burga», ce long vêtement qui recouvre la femme de la tête aux pieds, avec simplement une petite résille devant les yeux....
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