L’avionneur français Dassault, fort des succès remportés par ses avions Falcon, a présenté à Nice (sud-est) une première ébauche de l’avion d’affaires supersonique qu’il pourrait lancer au début du prochain millénaire, si le projet aux coûts encore largement inconnus trouve une clientèle. Le président de Dassault Aviation, Serge Dassault, et le vice-président, Bruno Revellin-Falcoz, ont présenté lors d’une convention d’utilisateurs d’avions Falcon (les jets d’affaires de Dassault) une maquette du futur appareil. Sorte de mini-Concorde, il pourrait transporter 8 personnes à Mach 1,8 sur une distance de 4.000 milles nautiques (environ 7.200 km). Long de 32,40 m, muni d’une aile Delta de 130 m2, l’avion très étroit (2 m de large dans la cabine) serait propulsé par trois moteurs du type de ceux qui équipent actuellement les avions de combat supersoniques. Pour limiter les coûts de développement, Dassault s’est en effet assuré de pouvoir utiliser des moteurs déjà existants, comme le F414 de General Electrics ou le M88 de la Snecma, a expliqué M. Revellin-Falcoz. Les moteurs seront équipés d’un dispositif visant à réduire les bruits au décollage. Pour qu’il soit viable, il faudra également que l’avion obtienne l’autorisation de survoler à vitesse supersonique certaines terres «partiellement habitées», a reconnu M. Revellin-Falcoz. Le vice-président de Dassault Aviation s’est refusé à donner tout ordre de grandeur sur les coûts de développement de l’appareil, ni sur ses coûts d’achat et d’utilisation, qui seront forcément beaucoup plus élevés que pour un appareil subsonique. Dassault souhaite également s’associer à des partenaires, notamment aux Etats-Unis, où se situe la moitié du marché mondial des jets d’affaires. Selon M. Revellin-Falcoz, l’appareil pourrait être mis sur le marché en 5 ans, si Dassault décidait de lancer le projet. Avec cet appareil, Dassault entend s’attaquer à la clientèle des avions d’affaires à très long rayon d’action, créneau jusqu’à présent occupé par ses concurrents Bombardier (Canada) et Gulf Stream (Etats-Unis). Selon les calculs de Dassault, le jet d’affaires supersonique pourrait réduire de près d’un tiers la durée totale des très longs trajets comme les voyages au-dessus du Pacifique. Alors qu’un jet d’affaires à très long rayon d’action met plus de 13 heures sans escale pour relier Sydney à Los Angeles, un jet d’affaires supersonique pourrait ne mettre que 8 heures 30, avec escale d’une heure comprise, selon les calculs de Dassault. Les jets d’affaires ont pris une importance nouvelle pour l’avionneur français, confronté ces dernières années à la baisse des commandes françaises d’avions de combat. En 1997, les avions d’affaires, assemblés à l’usine de Mérignac (sud-ouest), ont représenté la moitié du chiffre d’affaires total de Dassault (21 milliards de francs, environ 4 milliards de dollars) contre 37% un an plus tôt. Après des années de vaches maigres au milieu de la décennie 90, les commandes affluent de nouveau. Dassault, qui revendique 50% du marché mondial des jets d’affaires, a reçu 98 commandes en 1997 et celles de 1998 ont déjà dépassé la trentaine, a souligné Serge Dassault. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’avionneur français Dassault, fort des succès remportés par ses avions Falcon, a présenté à Nice (sud-est) une première ébauche de l’avion d’affaires supersonique qu’il pourrait lancer au début du prochain millénaire, si le projet aux coûts encore largement inconnus trouve une clientèle. Le président de Dassault Aviation, Serge Dassault, et le vice-président, Bruno Revellin-Falcoz, ont présenté lors d’une convention d’utilisateurs d’avions Falcon (les jets d’affaires de Dassault) une maquette du futur appareil. Sorte de mini-Concorde, il pourrait transporter 8 personnes à Mach 1,8 sur une distance de 4.000 milles nautiques (environ 7.200 km). Long de 32,40 m, muni d’une aile Delta de 130 m2, l’avion très étroit (2 m de large dans la cabine) serait propulsé par trois moteurs du type de ceux qui...