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Actualités - Conferences Et Seminaires

Séminaire sur l'utilisation responsable de l'amiante

L’amiante-ciment, qui a fait l’objet d’une grande controverse dans le pays en raison de son utilisation dans de nouvelles canalisations d’eau potable au Liban-Nord, a trouvé hier ses défenseurs. En effet, un séminaire sur «l’utilisation responsable et sûre de la chrysotile (amiante blanche)» a été organisé par l’ambassade du Canada, auquel des experts étrangers ont été invités afin de donner des arguments favorables à l’emploi de ce produit qui, s’il est doublé de mesures sécuritaires, ne pose aucun danger de maladie. Des membres de Greenpeace ont par ailleurs fait une apparition très remarquée au séminaire La rencontre était placée sous le patronage des ministres de l’Environnement, de la Santé et de l’Industrie, respectivement MM Akram Chehayeb, Sleimane Frangié et Nadim Salem (qui était absent). L’ambassadeur du Canada, M. Daniel Marchand, a expliqué le but du séminaire: «Nous pensons que l’amiante est une matière très convenable si elle est traitée avec précaution. Il n’y a pas de preuves catégoriques sur sa nocivité dans l’absolu». Sur le fait que le Canada soit un grand exportateur d’amiante, M. Marchand a précisé: «Nous n’exportons pas d’amiante au Liban, et cette initiative n’est pas mue par des intérêts économiques quelconques». M. Chehayeb a insisté sur le fait que «le ministère se base sur des rapports mondiaux fiables, notamment sur ceux de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), pour prendre ses décisions». «Nous avons mis au point un protocole d’utilisation de la chrysotile (amiante blanche) dans l’industrie», a-t-il poursuivi. «La santé des habitants et la protection de l’environnement sont une grande cause nationale, et personne n’a l’exclusivité de l’intérêt écologique», a renchéri M. Frangié. «Si le ministère de la Santé avait su que l’amiante était dangereuse, il l’aurait bannie tout de suite», a-t-il ajouté. Les experts qui se sont succédé à la tribune ont présenté une foule d’arguments appuyant le fait que l’amiante dans l’eau ne présente aucun danger, et que son inhalation peut aussi s’avérer inoffensive. Une des idées-clés de ces interventions, l’amiante, est un produit naturel qui se trouve un peu partout dans l’eau, les roches, l’air, et auquel tout le monde est exposé en permanence. De plus, elle existe sous plusieurs formes, l’une d’entre elles, la chrysotile, n’étant pas dangereuse. Les experts ont également parlé d’études significatives qu’ils ont effectuées sur le terrain, et qui permettent de se faire une idée sur le risque de l’amiante sur la santé. Certes, personne n’a nié que des ouvriers exposés sans protection à l’inhalation d’une grande quantité d’amiante, notamment bleue et marron (appelée amphiboles), avaient de grandes chances de contracter une maladie du poumon, d’où la définition de l’«utilisation responsable». Etudes de mortalité Le Pr Jacques Dunnigan, expert en environnement auprès du gouvernement canadien, a commencé par faire la différence entre différents genres d’amiante: «La chrysotile, ou amiante blanche, est la seule serpentine et la moins nocive. Sa composition chimique et physique est différente des autres. Elle se marie mal avec l’acide, contrairement à l’amiante bleue, et elle noue un lien physique et chimique avec le ciment, dont elle devient inséparable. Aujourd’hui, c’est pratiquement le seul genre d’amiante encore utilisé». Et d’ajouter: «Alors que l’amiante bleue, dont la fibre est longue et pointue, élit domicile définitivement dans les poumons, la chrysotile est rapidement éliminée». M. Kevin Brown, expert de santé publique au Royaume-Uni, s’est référé à des études de mortalité pour montrer que «l’exposition à la chrysotile seule ne cause pas des cas de maladies graves ou de cancers, mais elle est parfois mélangée à d’autres genres d’amiante». Il a également précisé qu’«au Liban, le taux d’exposition est vingt fois inférieur au niveau d’exposition qui devient dangereux». A la question de savoir pourquoi les gens ne voulaient plus utiliser l’amiante, M. Brown a dit: «Il y a beaucoup de politique là-dedans. De plus, il y a eu à l’origine une étude sur l’amiante dans l’industrie du textile (qui est effectivement dangereuse si l’ouvrier n’est pas protégé car très polluante), qui a convaincu les Américains de la nocivité de ce produit, sans faire de distinction. D’ailleurs les produits de remplacement qu’on suggère ne sont pas nécessairement plus sûrs». Inventaire de rapports Quant à M. Brain Commins, spécialiste en environnement et en santé publique au Royaume-Uni, il a fait un inventaire des rapports permettant l’usage de l’amiante, notamment ceux de l’OMS. «On dit que l’amiante est dangereuse dans l’eau. Mais il faut savoir qu’il y a beaucoup plus d’amiante à l’état naturel dans l’eau du Canada et des Etats-Unis qu’il n’y a d’amiante qui peut passer à travers des canalisations, sans que cela n’ait d’effet sur la santé des habitants de ces régions». M. Commins a par ailleurs abordé le sujet des expériences sur des animaux, révélant que «les individus testés pouvaient ingurgiter jusqu’à 10% de leur régime quotidien d’amiante sans effets négatifs». Le Pr Etienne Fournier, professeur de toxicologie clinique en France, a parlé des différentes maladies pouvant être générées par une exposition anormale à l’amiante (VOIR PAR AILLEURS). Il a constaté que la situation dans les usines s’était nettement améliorée ces derniers temps, mais que dans beaucoup de cas, on payait toujours pour la situation antérieure. D’autre part, M. Robert Nolan, des Etats-Unis, a expliqué l’attitude de son pays concernant l’amiante, soulignant notamment le refus de la Cour d’accepter la demande de l’«Environment Protection Agency» (EPA) de bannir ce produit, considérant qu’une réduction minime du nombre de morts ne valait pas les dépenses considérables. Pour sa part, M. Berge Hatjian, l’un des participants à la mise au point du protocole pour l’utilisation de l’amiante à Eternit, a défendu le projet, adoptant un ton hostile envers la presse qui «crée une phobie non basée sur des données scientifiques». Enfin, M. Dennis Hamel, directeur de l’Institut de l’amiante au Canada, a parlé du Programme de l’utilisation responsable lancé par son institution, et qui devrait être appliqué dans tous les pays soit par le biais du gouvernement soit par les industries elles-mêmes.
L’amiante-ciment, qui a fait l’objet d’une grande controverse dans le pays en raison de son utilisation dans de nouvelles canalisations d’eau potable au Liban-Nord, a trouvé hier ses défenseurs. En effet, un séminaire sur «l’utilisation responsable et sûre de la chrysotile (amiante blanche)» a été organisé par l’ambassade du Canada, auquel des experts étrangers ont été invités afin de donner des arguments favorables à l’emploi de ce produit qui, s’il est doublé de mesures sécuritaires, ne pose aucun danger de maladie. Des membres de Greenpeace ont par ailleurs fait une apparition très remarquée au séminaire La rencontre était placée sous le patronage des ministres de l’Environnement, de la Santé et de l’Industrie, respectivement MM Akram Chehayeb, Sleimane Frangié et Nadim Salem (qui était...