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Actualités - Chronologie

Hong Kong : des élections libres ... Pour un tiers des sièges

Un petit coin de Chine organise dimanche prochain les premières élections législatives libres et pluralistes depuis la création de l’empire communiste il y a un demi-siècle, mais la mécanique institutionnelle garantit que la très large victoire attendue des démocrates ne leur donne pas pour autant une majorité en sièges. Les accords sur le retour de Hong Kong à la Chine le 1er juillet 1997, après un siècle et demi de domination coloniale britannique, stipulent que «le peuple de Hong Kong gouverne Hong Kong». Mais il faudra attendre une dizaine d’années pour que la règle d’or de la démocratie élective – un homme, une voix – s’applique sans restriction dans la nouvelle Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine. Un tiers seulement des 60 conseillers du Conseil législatif (Legco) seront élus au suffrage universel par les vastes circonscriptions géographiques redessinées pour l’occasion, et selon une formule de représentation proportionnelle inédite à Hong Kong. Trente élus viendront des circonscriptions corporatives, un scrutin censitaire hérité du régime colonial où dans certains cas des chefs d’entreprise votent pour leurs employés! Et les dix «élus» restant sont désignés par un «comité électoral» de 800 membres, dominé par le camp pro-Pékin. Les sondages laissent prévoir un retour en force au Legco du camp démocrate, dont les élus avaient décidé de boycotter l’assemblée provisoire mise en place par Pékin le 1er juillet 1997 et dont l’existence peu glorieuse a pris fin en avril. Le camp démocrate Le Parti démocrate, conduit par Martin Lee et Szeto Wah, des figures de proue du combat pour les droits de l’homme en Chine, pourrait enlever 13 des vingt sièges, selon l’enquête d’opinion réalisée par l’équipe du Hong Kong Transition Project. Le groupe Frontier, de Emily Lau, devrait apporter deux autres sièges, et Christine Loh, la présidente du Citizens Party, est bien placée pour un siège très disputé sur l’île de Hong Kong. Au total, le camp démocrate peut arracher 16 des 20 sièges, son score en 1995, et même 17 si on inclut l’indépendant Andrew Wong. Le sondage publié dimanche dernier par le Sunday Morning Post donne des résultats très proches. Il prévoit un score de 55% pour le Parti démocrate, contre 42,3% en 1995. La modification du mode de scrutin ne pourrait donc pas empêcher un nouveau triomphe du camp démocrate, dont la large victoire en 1995 avait décidé Pékin à renvoyer, le jour même de la rétrocession, un Legco élu pour quatre ans. «Ce système, mis en place pour affaiblir les démocrates, pourrait avoir pour résultat de leur donner encore plus de sièges qu’en 1995, ce qui, j’en suis certain, sera très décevant pour certains», commente en souriant Michael DeGolyer, le directeur du Transition Project. Le noyau dur du camp pro-Pékin, l’Alliance démocratique pour le progrès de Hong Kong (DAB), n’obtiendrait que trois sièges, un de plus qu’aux dernières élections. En pourcentage des suffrages, l’Alliance, qui est aussi le soutien le plus fidèle du chef de l’exécutif Tung Chee Wha, s’effondre. De 22,2% dans le vote de 1995, ses scores dans les sondages vont de 13 à 6% selon les circonscriptions. Pourtant le «facteur Chine» pèsera beaucoup moins lourd que par le passé dans ces premières élections sous souveraineté chinoise, le gouvernement central ayant grosso modo respecté le contrat passé avec la population de Hong Kong. Par contre, la crise monétaire et financière asiatique, en enrayant la belle machine économique du territoire, a provoqué l’inquiétude de la population et la chute de la popularité de Tung Chee Hwa. Et bien que l’économie ne soit pas son point fort, le Parti démocrate est regardé comme l’opposition à «la ligne Tung», explique Michael DeGolyer. (AFP)
Un petit coin de Chine organise dimanche prochain les premières élections législatives libres et pluralistes depuis la création de l’empire communiste il y a un demi-siècle, mais la mécanique institutionnelle garantit que la très large victoire attendue des démocrates ne leur donne pas pour autant une majorité en sièges. Les accords sur le retour de Hong Kong à la Chine le 1er juillet 1997, après un siècle et demi de domination coloniale britannique, stipulent que «le peuple de Hong Kong gouverne Hong Kong». Mais il faudra attendre une dizaine d’années pour que la règle d’or de la démocratie élective – un homme, une voix – s’applique sans restriction dans la nouvelle Région administrative spéciale (RAS) de la République populaire de Chine. Un tiers seulement des 60 conseillers du Conseil législatif...