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Cancer du sein : deux médicaments aux vertus préventives insoupçonnées

Deux médicaments, le tamoxifène et le raloxifène — dont seul le premier est déjà utilisé contre le cancer du sein — font preuve de propriétés préventives éclatantes contre cette maladie, selon les études publiées à Los Angeles au 34e congrès de cancérologie de l’Association américaine d’oncologie clinique (ASCO). «Ces données sont particulièrement encourageantes», a indiqué le Dr Robert Mayer, président du congrès. Selon lui, la prise d’une de ces deux molécules avant l’arrivée du cancer permettra probablement de réduire considérablement non seulement le nombre de ses cas mais aussi les décès qu’il provoque. Le raloxifène, un médicament largement prescrit contre l’ostéoporose, une fragilité osseuse liée à l’âge, réduit substantiellement le risque de cancer du sein chez les femmes ménopausées à risque normal mais aussi leur risque de subir un cancer de l’endomètre, la muqueuse interne de l’utérus. Le raloxifène ne semble pas non plus augmenter les risques de survenue d’autres maladies. Pendant deux ans, les médecins ont surveillé 7.705 femmes traitées pour ostéoporose. Ils ont constaté que celles qui prenaient quotidiennement le médicament avaient de 58 à 66% de risques en moins de développer un cancer mammaire que celles qui recevaient un placebo, une substance neutre dénuée d’effets. L’autre médicament, le tamoxifène, connu depuis 1973, est un anti-oestrogènes: il agit en bloquant ces hormones féminines qui favorisent la croissance de la tumeur. Déjà largement prescrit contre les cancers du sein existants, il permet, selon l’étude présentée à l’ASCO, de réduire la survenue de ces cancers de 45% dans une catégorie particulière de femmes: celles qui sont considérées comme «à hauts risques». Paramètres Le risque avait été déterminé en prenant en compte plusieurs paramètres connus pour être défavorables: nombre de parents déjà atteints par cette maladie, âge des premières règles et de la première grossesse, puberté précoce. Sur les 13.388 femmes qui ont participé à l’essai pendant quatre ans, 85 qui recevaient du tamoxifène ont développé un cancer du sein, contre 154 parmi celles qui étaient sous placebo. En revanche, la prise de tamoxifène a pour inconvénient majeur de provoquer des cancers de l’endomètre (la muqueuse interne de l’utérus). Dans l’essai américain, 33 femmes ont été atteintes, contre 14 seulement chez celles sous placebo. En février 1996, ce médicament avait d’ailleurs été classé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la liste des produits présentant un risque réel de cancer. Tout en soulignant les qualités de ce médicament «qui allonge considérablement la survie des malades» et dont les risques pour l’endomètre sont «bien plus faibles» que les bénéfices pour le sein, les experts de l’OMS estimaient «important» que les femmes soient informées sur le traitement qu’elles acceptent. Utile, efficace — et aussi générateur de cancers — le tamoxifène va faire l’objet d’une forte demande de la part des femmes, mais sa prescription devra impérativement s’accompagner d’une surveillance gynécologique annuelle destinée à prévenir la survenue éventuelle de cancers utérins, ont souligné unanimement les cancérologues interrogés. Plus de trois millions de femmes ont pris du tamoxifène dans le monde pour combattre un cancer du sein. Les ventes annuelles de ce produit tournaient en 1997 autour de 306 millions de dollars. L’étude sur le tamoxifène — dont la qualité a été unanimement saluée par les experts — est aussi une éclatante réhabilitation professionnelle pour son auteur principal, le Dr Bernard Fisher: ce médecin américain avait été suspecté de fraude il y a quelques années. Il a depuis été lavé de tout soupçon et a reçu de la justice deux millions de dollars de dommages et intérêts. (AFP - Reuters)
Deux médicaments, le tamoxifène et le raloxifène — dont seul le premier est déjà utilisé contre le cancer du sein — font preuve de propriétés préventives éclatantes contre cette maladie, selon les études publiées à Los Angeles au 34e congrès de cancérologie de l’Association américaine d’oncologie clinique (ASCO). «Ces données sont particulièrement encourageantes», a indiqué le Dr Robert Mayer, président du congrès. Selon lui, la prise d’une de ces deux molécules avant l’arrivée du cancer permettra probablement de réduire considérablement non seulement le nombre de ses cas mais aussi les décès qu’il provoque. Le raloxifène, un médicament largement prescrit contre l’ostéoporose, une fragilité osseuse liée à l’âge, réduit substantiellement le risque de cancer du sein chez les femmes...