La bataille des municipales s’annonce sévère. Dans beaucoup trop de cas, les efforts pour la formation de listes d’entente, évitant les déchirements au sein même des familles, ont échoué. Les urnes trancheront et tout est de savoir si les résultats apporteront de notables surprises. Dans ce sens qu’il faudra voir si, dans le domaine politique, ce test permettra d’évaluer la force des différentes composantes, des partis ou des pôles d’influence, qui s’affrontent sur la scène locale. A Beyrouth, la capitale, les jeux paraissent faits après l’accord sunnite Hariri-Salam. Reste quand même à attendre le retour de Fouad Boutros, qui traite au nom de l’Est chrétien, ainsi qu’un éventuel consensus avec le Hezbollah comme avec le mouvement Amal pour la section chiite. Le chef du gouvernement a en tout cas de bonnes chances de confirmer son emprise politique sur la capitale, même si sa liste devait être percée comme on dit par des outsiders. Comme il parvient à éviter la bataille à Saïda, sa ville natale, et qu’il soutient ailleurs des candidatures peu favorables aux autres figures de proue du camp loyaliste, le président du Conseil a tout l’air d’affirmer une meilleure dimension nationale que ses différents concurrents, y compris au sein du système. C’est ce qui pousse d’ailleurs certains pôles à le critiquer, en faisant remarquer que, pour leur part, ils évitent d’intervenir dans les municipales et qu’il ferait bien de les imiter, par respect pour le concept de neutralité de l’Etat. Mais des politiciens, nécessairement haririens, indiquent pour leur part que «les dirigeants, qui doivent effectivement rester impartiaux dans les villes ou les villages, ne peuvent pas oublier que Beyrouth est l’exception qui confirme la règle. C’est la capitale, elle abrite presque la moitié de la population libanaise, son rôle de développement est immense et si l’Etat s’en désintéressait, il faillirait en fait à ses devoirs les plus élémentaires. Avec l’énorme projet de reconstruction du centre-ville, il faut faire très attention à ce que l’électorat n’aille pas s’amuser à élire n’importe qui et à ce que les membres du conseil municipal et surtout leur président virtuel soient des gens effectivement compétents». Une drôle de façon, on le constate, de concevoir à la séoudienne la démocratie, en taxant de crétinisme congénital le tout-venant de la citoyenneté électrice… D’autant que la neutralité dont se vantent les responsables «n’est que faux-semblant du moment que, sans parrainer officiellement des listes, ils donnent des consignes de vote aux fractions qu’ils contrôlent et encouragent en sous-main, parfois par un soutien financier ou logistique, la formation de telle ou telle alliance», relève un opposant. Partant de là, «il faudrait, ajoute-t-il, que, pour chaque élection générale, à dater des prochaines législatives, on mette en place un Cabinet spécial formé de personnalités absolument neutres politiquement, pour que les ministres n’usent pas de leur pouvoir pour promouvoir leurs intérêts propres ou favoriser des listes et des candidats déterminés». Parallèlement, l’implication de certains membres parlementaires du gouvernement dans les municipales, comme naguère dans les législatives, remet sur le tapis la question de l’interdiction du cumul entre le mandat de député et un portefeuille ministériel, pour éradiquer ce mal chronique de l’immixtionnisme abusif. On sait que le ministre de l’Agriculture hraouiste, M. Chawki Fakhoury, avait élaboré à ce propos un projet de loi que le Conseil des ministres, lui-même formé comme par hasard d’une majorité écrasante de parlementaires, s’était empressé de flanquer au frigo, sous prétexte de «circonstances inopportunes». Certaines sources pensent toutefois que, «si d’aventure le prochain régime devait s’atteler aux réformes constitutionnelles préconisées sans succès par l’actuel occupant de Baabda, ce projet de M. Fakhoury devrait être l’une des premières mesures d’assainissement de la vie politique qui seraient appliquées. Déjà en temps ordinaire, nombre de ministres mobilisent les services officiels qu’ils dirigent pour servir leurs propres intérêts et cela empire naturellement en période d’élections. Il faut y mettre fin». Plus facile à dire qu’à faire quand un gouvernement est surtout formé de députés…
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La bataille des municipales s’annonce sévère. Dans beaucoup trop de cas, les efforts pour la formation de listes d’entente, évitant les déchirements au sein même des familles, ont échoué. Les urnes trancheront et tout est de savoir si les résultats apporteront de notables surprises. Dans ce sens qu’il faudra voir si, dans le domaine politique, ce test permettra d’évaluer la force des différentes composantes, des partis ou des pôles d’influence, qui s’affrontent sur la scène locale. A Beyrouth, la capitale, les jeux paraissent faits après l’accord sunnite Hariri-Salam. Reste quand même à attendre le retour de Fouad Boutros, qui traite au nom de l’Est chrétien, ainsi qu’un éventuel consensus avec le Hezbollah comme avec le mouvement Amal pour la section chiite. Le chef du gouvernement a en tout cas de...