Israël a été condamné par le Comité de l’ONU contre la torture qui a estimé que le recours à la violence physique pour interroger des Palestiniens soupçonnés de préparer des attentats représentait une forme de torture. Le recours à des pratiques comme la privation de sommeil, la musique assourdissante, les secousses brutales, les menaces ou l’utilisation de cagoules sur la tête des prisonniers violent la convention internationale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, a déclaré le président du comité, le Canadien Peter Thomas Burns. M. Burns présentait les conclusions du comité qui a examiné vendredi et lundi le deuxième rapport régulier présenté par Israël sur la façon dont il respecte la convention signée en 1986 et entrée en vigueur en 1991. Le comité avait déjà condamné l’an dernier les brutalités des services israéliens de sécurité comme des actes assimilables à la torture et recommandé à Israël d’y mettre fin. Des «pressions physiques modérées» ont été autorisées par la cour suprême israélienne afin d’obtenir des informations vitales pour déjouer des attentats. Le comité a également critiqué le placement en détention administrative pour de longues périodes de Palestiniens et pour des raisons que ne justifient pas le risque qu’ils feraient courir s’ils étaient remis en liberté. Les experts ont noté que des éléments fournis par des médecins indépendants et des détenus démentaient les affirmations du gouvernement israélien selon qui les violences infligées aux suspects n’étaient pas «sévères». Le comité a de nouveau souligné que, selon la convention, le recours à la torture ne se justifie en aucune circonstance. La délégation israélienne a expliqué pour sa défense que ces pressions physiques avaient permis de déjouer de nombreux attentats, dont des attaques suicide à la bombe sur des marchés et arrêts de bus à Jérusalem, Tel Aviv, Haifa, Tibériade, Eilat, et la prise d’une ambassade à Tel-Aviv. Deux organisations non-gouvernementales israéliennes, B’Tselem et ACRI, ont affirmé qu’au moins 850 Palestiniens étaient soumis à la torture chaque année. Le comité a recommandé qu’Israël «cesse immédiatement» ses interrogatoires, qu’il adapte sa législation pour respecter la convention internationale contre la torture, en particulier la définition de la torture. Les experts ont également souhaité qu’Israël modifie le système de la détention administrative dans les territoires occupés. L’ambassadeur d’Israël à Genève, Yosef Lamdan, a exprimé sa «surprise et sa déception» devant les conclusions du comité de l’ONU. Les méthodes policières controversées ne représentent pas une forme de torture. Elles sont conformes à la loi et sont placées sous la supervision de la cour suprême, a ajouté le délégué israélien. L’Etat juif se trouve pris dans le «déchirant dilemme» de déjouer des actes terroristes et de sauver des vies tout en respectant les droits de l’homme, a-t-il dit. Le comité de l’ONU a reconnu plusieurs aspects positifs côté israélien, comme la création d’un comité sur les violences policières, d’un bureau de défense publique, de modifications du code pénal et de la révision de certaines méthodes d’interrogatoire des services de sécurité. Il a souhaité que le dialogue avec Israël se poursuive. (AFP, Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Israël a été condamné par le Comité de l’ONU contre la torture qui a estimé que le recours à la violence physique pour interroger des Palestiniens soupçonnés de préparer des attentats représentait une forme de torture. Le recours à des pratiques comme la privation de sommeil, la musique assourdissante, les secousses brutales, les menaces ou l’utilisation de cagoules sur la tête des prisonniers violent la convention internationale sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, a déclaré le président du comité, le Canadien Peter Thomas Burns. M. Burns présentait les conclusions du comité qui a examiné vendredi et lundi le deuxième rapport régulier présenté par Israël sur la façon dont il respecte la convention signée en 1986 et entrée en vigueur en 1991. Le comité avait...