L’OTAN s’est lancée depuis une semaine dans une vaste étude d’options militaires destinées à «sécuriser» les pays frontaliers du Kosovo, un choix qui confirme sa suprématie incontestée dans la gestion des nouvelles crises qui éclatent en Europe. Après la Bosnie, l’Albanie et la Macédoine, les nouvelles visées de l’Alliance atlantique, une organisation militaire dominée par les États-Unis, ont été arrêtées avec la bénédiction plus ou moins appuyée, selon les pays, des alliées européens de Washington. Bien que déjà présente militairement en Albanie, avec près d’une centaine de policiers, l’Union de l’Europe Occidentale (UEO), qui se veut l’expression d’une volonté de défense européenne commune sans intervention des Américains, en est réduite au rôle de simple figurant. Tout en continuant sa mission de paix en Bosnie, pilotée très largement par les Etats-Unis, l’OTAN, une fois encore sur proposition américaine, vient de faire ses premiers pas vers un nouvel engagement dans les Balkans. Après avoir écarté dans un premier temps cette perspective, en dépit d’appels pressants de Tirana, puis choisi d’accentuer sa coopération avec les Albanais et les Macédoniens via le programme du partenariat pour la Paix, l’heure est désormais à l’étude d’une vingtaine d’actions militaires. «Aucune décision d’intervention n’a été prise et cette option n’est qu’une option parmi d’autres», fait-on valoir au siège de l’OTAN. Dans les faits, tout va cependant très vite. Une mission militaire des reconnaissances vient d’être envoyée dans le nord de l’Albanie et un premier rapport sur l’étude en cours est attendu mercredi, avant un examen officiel à la fin du mois au Luxembourg, lors d’une session semestrielle des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN. Une organisation de planification «Déploiement de forces aéroportées», «surveillance aérienne de la région frontalière», «soutien en cas de crise humanitaire», «envoi d’une force de paix», etc: «la gamme d’options est vaste» et vise à «sécuriser les frontières» autour de la poudrière du Kosovo, en «remplaçant une armée albanaise» déficiente, indiquent des diplomates. Après quarante ans de face-à-face, armes aux pieds, souvent tendu avec feu l’Union soviétique, le nouveau rôle que s’est approprié l’OTAN révolutionne son fonctionnement et les équilibres stratégiques en Europe. «Notre action est fidèle à l’idée que nous nous faisons de la gestion de crises. Nous sommes une organisation de planification et devons penser à tout prévoir», explique sous couvert d’anonymat un responsable de l’Alliance, en reconnaissant le caractère inédit de l’orientation choisie. Le lancement d’une étude sur d’éventuelles actions militaires en Albanie et en Macédoine «montre que nous voulons être impliqués dès le début d’une crise». «Nous avons tiré les leçons de la Bosnie et ne voulons plus intervenir après le déclenchement d’une guerre», ajoute-t-il. Le «spectre de la FORPRNU»(force de l’ONU envoyée en 1992 en Bosnie pour «maintenir la paix» alors que la guerre y faisait déjà rage) reste très présent dans les têtes des stratégies de l’Alliance. Il doit y avoir adéquation entre les objectifs politiques d’une mission et les éléments militaires engagés, précise le même responsable, en soulignant la nécessité pour l’OTAN «de ne pas promettre plus que ce qu’elle peut faire». Face au «rouleau compresseur» américain, diplomatique comme militaire, l’Europe, divisée et en panne d’idées — les plus européens en sont réduits à espérer des répercussions dans le domaine de la défense de la dynamique créée par l’euro —, laisse faire. Quant à la Russie, qui continue à vouloir s’afficher comme une puissance mondiale pouvant rivaliser avec les États-Unis, elle est restée jusqu’à présent relativement silencieuse devant la mainmise américaine, via l’OTAN, sur les affaires européennes. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’OTAN s’est lancée depuis une semaine dans une vaste étude d’options militaires destinées à «sécuriser» les pays frontaliers du Kosovo, un choix qui confirme sa suprématie incontestée dans la gestion des nouvelles crises qui éclatent en Europe. Après la Bosnie, l’Albanie et la Macédoine, les nouvelles visées de l’Alliance atlantique, une organisation militaire dominée par les États-Unis, ont été arrêtées avec la bénédiction plus ou moins appuyée, selon les pays, des alliées européens de Washington. Bien que déjà présente militairement en Albanie, avec près d’une centaine de policiers, l’Union de l’Europe Occidentale (UEO), qui se veut l’expression d’une volonté de défense européenne commune sans intervention des Américains, en est réduite au rôle de simple figurant. Tout en...