Est-il devenu hasardeux, pour les voyageurs libanais, de se munir de cartes de crédit émises dans leur pays? C’est ce que laisse croire l’incroyable multiplication des «accidents» survenus, durant leurs déplacements à l’étranger, aux porteurs de certaines de ces cartes arborant pourtant un label tout à fait recommandable: bien qu’amplement couvertes en effet par des dépôts bancaires ou autres garanties, ces cartes — on ne sait trop pourquoi — sont assez fréquemment rejetées par les machines électroniques servant à s’assurer de leur validité, comme à facturer automatiquement les prestations dont ont bénéficié leurs détenteurs. On imagine aisément le désagrément, l’embarras et même l’inquiétude que l’honnête usager peut ressentir dans de tels cas, à des milliers de kilomètres de chez lui, quand bien même il aurait pris la précaution d’emporter avec lui des devises. Ce genre de mésaventures a déjà donné lieu à de nombreuses plaintes, assorties parfois de menaces de poursuites judiciaires contre les établissements locaux délivrant les cartes de crédit: l’un de ces plaignants, apprenons-nous, est un homme d’affaires de renom, détenteur d’une «Master Card» qui, à la suite d’un de ces impardonnables «accidents», avait dû longuement s’expliquer devant la police d’un pays européen, laquelle l’accusait de grivèlerie. Par deux fois en moins de six mois, un journaliste de «L’Orient-Le Jour», détenteur, lui aussi, d’une «Master Card», a eu à pâtir des mêmes défaillances de la «monnaie de plastique»: la première de celles-ci s’est produite à son hôtel de New York, où la banque libanaise qui l’a promptement (et providentiellement) «dépanné» lui a assuré qu’elle avait à traiter quasi quotidiennement de tels incidents. De retour à Beyrouth, ce journaliste avait eu droit à des excuses empressées et à une nouvelle carte, mais non à des explications convaincantes de la part des opérateurs locaux de «Master Card». A la veille d’entamer un nouveau voyage il y a quelques jours seulement, et chat échaudé craignant l’eau froide, le même confrère avait jugé utile de se faire confirmer formellement la parfaite validité de sa carte de crédit, ce qui fut fait. En fait, il n’a même pas eu à tester celle-ci hors des frontières, puisqu’elle calait déjà — pour la modeste somme de deux cents dollars — aux magasins hors-taxe de l’aéroport de Beyrouth! Nous jugeons utile et même nécessaire de rapporter ces faits, dans l’espoir que seront rapidement supprimées de telles anomalies électroniques, proprement impensables à l’heure où le pays prétend récupérer son rôle financier régional.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Est-il devenu hasardeux, pour les voyageurs libanais, de se munir de cartes de crédit émises dans leur pays? C’est ce que laisse croire l’incroyable multiplication des «accidents» survenus, durant leurs déplacements à l’étranger, aux porteurs de certaines de ces cartes arborant pourtant un label tout à fait recommandable: bien qu’amplement couvertes en effet par des dépôts bancaires ou autres garanties, ces cartes — on ne sait trop pourquoi — sont assez fréquemment rejetées par les machines électroniques servant à s’assurer de leur validité, comme à facturer automatiquement les prestations dont ont bénéficié leurs détenteurs. On imagine aisément le désagrément, l’embarras et même l’inquiétude que l’honnête usager peut ressentir dans de tels cas, à des milliers de kilomètres de chez lui,...