Les usines japonaises ferment, Tokyo étudie une évacuation
le 16 mai 1998 à 00h00
Le Japon a demandé vendredi à ses ressortissants de quitter l’Indonésie s’ils le peuvent, tandis que de nombreuses usines japonaises dans ce pays ont fermé leurs portes en raison des émeutes sanglantes. Le gouvernement a tenu une réunion d’urgence à l’issue de laquelle il a renforcé la mise en garde adressée aux Japonais. Jeudi, il s’était contenté de recommander le report de tout voyage en Indonésie non essentiel. Désormais, les voyageurs sont tous invités à ne pas s’y rendre. Quant aux Japonais présents en Indonésie, il leur est recommandé «de quitter le pays s’ils le peuvent». Il existe un ultime degré de mise en garde qui serait un ordre d’évacuation de tous les Japonais en Indonésie. «Nous devons imaginer le pire scénario. Nous éprouvons de graves inquiétudes sur la situation (en Indonésie) et ne pouvons prédire ce qui se passera», a expliqué le ministre des Affaires étrangères, Keizo Obushi, qui assure l’intérim du premier ministre Ryutaro Hashimoto. Ce dernier est à Birmingham pour le sommet du G-8. 13.600 Japonais résident en Indonésie. En outre, quelque 7.000 Japonais y font du tourisme à l’heure actuelle. Une cellule de crise Les compagnies aériennes japonaises JAL et ANA ont indiqué que leurs vols en partance de Jakarta pour Tokyo étaient tous complets et qu’elles envisageaient des vols spéciaux. M. Obuchi a indiqué que le ministère des Affaires étrangères avait entamé des préparatifs pour le cas où des avions de transport C-130 de l’armée devaient être dépêchés en Indonésie pour évacuer les ressortissants japonais. Une cellule de crise a été mise sur pied sous la conduite du vice-ministre des Affaires étrangères, Shunji Yanai, pour collecter des informations sur la situation en Indonésie. Usines fermées En cas d’évacuation, les Japonais seraient dans un premier temps transportés à Singapour, en Malaisie ou en Thaïlande, a-t-il dit. Dix responsables du gouvernement japonais ont été dépêchés en Indonésie pour renforcer l’ambassade et lui prêter main forte en cas d’évacuation. Une série d’entreprises japonaises ont quant à elles temporairement fermé des usines en Indonésie et demandé à leurs employés et leurs familles de rester chez eux ou de quitter le pays. Parmi les grandes entreprises qui ont pris de telles mesures figurent Sony, Sanyo, Toshiba, Sharp, Toyota et Nissan. Celles-ci ont interrompu la production et fermé leurs usines dans ce pays. «Nous sommes inquiets de la situation en Indonésie, mais nous espérons pouvoir rouvrir les usines bientôt», a indiqué un porte-parole de Sanyo qui a fermé un total de cinq usines dans le pays. Sony a fermé deux usines de production de téléviseurs et d’équipements audio, tandis que Sharp en a fermé une. Chacune de ces usines emploit plusieurs milliers d’employés locaux ainsi que des expatriés japonais. Toshiba a précisé qu’il avait recommandé à ses 54 expatriés japonais et à leurs familles de rester chez eux ou dans des hôtels après la fermeture de trois usines. La grande maison de commerce Marubeni a donné des billets d’avion à ses employés japonais et à leurs familles de même que des dollars en argent liquide pour qu’ils soient prêts à une évacuation d’urgence. «Nos locaux sont fermés et nous leur avons conseillé de rester chez eux jusqu’à ce que la situation revienne à la normale», a dit un porte-parole de Marubeni. 187 Japonais résident en Indonésie pour le compte de Marubeni. Les constructeurs automobiles japonais présents en Indonésie ont été touchés eux aussi par les émeutes. Le géant japonais Toyota a fermé deux usines, dont l’une a une capacité de production de 100.000 unités par an. «Nous demandons à nos employés de rester chez eux ou à l’hôtel et de ne pas aller dans les rues», a dit un responsable de l’entreprise. Nissan a fermé sa seule usine en Indonésie et conseillé aux expatriés de quitter le pays. (AFP)
Le Japon a demandé vendredi à ses ressortissants de quitter l’Indonésie s’ils le peuvent, tandis que de nombreuses usines japonaises dans ce pays ont fermé leurs portes en raison des émeutes sanglantes. Le gouvernement a tenu une réunion d’urgence à l’issue de laquelle il a renforcé la mise en garde adressée aux Japonais. Jeudi, il s’était contenté de recommander le report de tout voyage en Indonésie non essentiel. Désormais, les voyageurs sont tous invités à ne pas s’y rendre. Quant aux Japonais présents en Indonésie, il leur est recommandé «de quitter le pays s’ils le peuvent». Il existe un ultime degré de mise en garde qui serait un ordre d’évacuation de tous les Japonais en Indonésie. «Nous devons imaginer le pire scénario. Nous éprouvons de graves inquiétudes sur la situation (en...
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