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Actualités - Communiques Et Declarations

Pékin sort de sa réserve et hausse le ton

La Chine est sortie de sa réserve jeudi pour condamner fermement le nouveau défi de l’Inde et pour appeler la communauté internationale à s’unir afin de forcer New Delhi à cesser immédiatement son programme d’armes nucléaires. Le ton irrité du communiqué transmis aux médias par le ministère chinois des Affaires étrangères tranche avec la réaction modérée de Pékin, mardi, après la première série de tests atomiques qui n’avait suscité qu’une «grave préoccupation». «L’Inde cherche à devenir la superpuissance en Asie du Sud et à relancer la course aux armements nucléaires dans la région», affirme le ministère, abandonnant cette fois-ci toute retenue à l’égard du voisin et rival traditionnel de la Chine en Asie. «Le gouvernement chinois est profondément choqué et condamne fermement le comportement» de l’Inde, qui a «ignoré l’opposition générale de la communauté internationale» après la série de 3 tests nucléaires menés le 11 mai, poursuit-il. Mercredi, l’Inde a annoncé avoir procédé à deux derniers tests souterrains et promis qu’elle allait désormais poursuivre son programme nucléaire à l’aide de simulations sur ordinateurs et d’essais «sous-critiques» à basse intensité. Ce comportement «est un affront grave à la communauté internationale qui ne ménage pas ses efforts pour empêcher la prolifération des armes nucléaires», affirme le ministère des Affaires étrangères. «Cela va avoir des conséquences graves sur la paix et la stabilité en Asie du Sud et aussi dans le monde». «La communauté internationale doit adopter la même ligne et exiger de l’Inde qu’elle cesse immédiatement son programme nucléaire», ajoute-t-il. Lors d’un entretien téléphonique, sollicité mercredi soir par la partie américaine, le ministre chinois des Affaires étrangères Tang Jiaxuan et le secrétaire d’Etat américain, Madeleine Albright, ont tous deux condamné comme «inacceptables» les essais nucléaires indiens. Mais le gouvernement chinois n’a pas fait de commentaire sur la décision des Etats-Unis d’imposer des sanctions à l’égard de l’Inde. La Chine, qui a elle-même été victime de sanctions par le passé, est en effet opposée par principe à cette forme de châtiment. Une vieille rivalité Mme Albright a certainement tenté en revanche de convaincre le gouvernement chinois de soutenir la ligne dure adoptée par les Américains au Conseil de Sécurité de l’ONU pour obtenir une condamnation officielle de l’Inde. Lors d’un point de presse jeudi, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Zhu Bangzao, a indiqué que d’autres «consultations» étaient en cours avec «les parties concernées», y compris au sein du Conseil de Sécurité. A propos de la «prétendue menace nucléaire chinoise» avancée par New Delhi pour justifier ses expérimentations, le ministère a répliqué que cet argument était «dénué de tout fondement». «Ce n’est qu’une excuse pour développer ses propres armes nucléaires», a-t-il indiqué, ajoutant que «la Chine va continuer à suivre le développement de cette affaire avec beaucoup d’attention». Selon l’agence Chine Nouvelle, Mme Albright a affirmé à son homologue chinois que les Etats-Unis ne croyaient pas non plus à une prétendue menace nucléaire chinoise. La Chine est le seul pays voisin de l’Inde à disposer officiellement de l’arme nucléaire, bien que le Pakistan soit considéré en mesure de produire des bombes atomiques. Pékin a lui-même effectué son 45e et dernier tir nucléaire en juillet 1996 et a adhéré au Traité d’interdiction des essais à la différence de New Delhi. La Chine et l’Inde, qui se sont affrontées militairement en 1962 à la suite d’un désaccord frontalier, ont toujours eu des rapports tendus en raison de leur rivalité pour la domination en Asie et dans le mouvement des non-alignés. Le mois dernier, le ministre indien de la Défense, George Fernandes, a déclaré que la Chine était devenue «la menace numéro un» pour l’Inde, devant le Pakistan. M. Fernandes a également accusé des experts chinois d’avoir aidé le Pakistan à mettre au point son nouveau missile sol-sol «Ghauri», d’une portée de 1.500 km, capable d’atteindre la plupart des villes indiennes. (AFP)
La Chine est sortie de sa réserve jeudi pour condamner fermement le nouveau défi de l’Inde et pour appeler la communauté internationale à s’unir afin de forcer New Delhi à cesser immédiatement son programme d’armes nucléaires. Le ton irrité du communiqué transmis aux médias par le ministère chinois des Affaires étrangères tranche avec la réaction modérée de Pékin, mardi, après la première série de tests atomiques qui n’avait suscité qu’une «grave préoccupation». «L’Inde cherche à devenir la superpuissance en Asie du Sud et à relancer la course aux armements nucléaires dans la région», affirme le ministère, abandonnant cette fois-ci toute retenue à l’égard du voisin et rival traditionnel de la Chine en Asie. «Le gouvernement chinois est profondément choqué et condamne fermement le...