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Actualités - Chronologie

Dévoré par le Noma

Disparu des pays riches, le Noma, une affection mortelle liée au manque d’hygiène et qui tire son nom du grec «dévorer», fait toujours des victimes au Niger où 300 cas ont ainsi été recensés par une ONG allemande. Hilfsaktion, qui a organisé la semaine dernière un séminaire sur le sujet à Dosso (100 kilomètres au sud-est de Niamey), prévoit de dépenser cette année 630 millions de francs CFA (6,3 millions de FF) pour le financement de nouveaux projets à Niamey, dont la réalisation d’une salle d’opération et la construction d’un «Centre Noma». A partir d’une simple lésion à la gencive ou à la joue, le Noma défigure en quelques jours la victime qu’il dévore. L’épaisseur de la joue diminue et, comme attaquées par l’acide, les lèvres, comme la peau recouvrant le nez, disparaissent, dévoilant le fond osseux et les dents. Dans de nombreux cas, paupières et orbites sont complètement détruits, et les joues transpercées. Selon les spécialistes, il suffit de trois semaines au Noma pour atteindre une phase de non retour, et il tue dans 80 à 90% des cas. Au Niger, où le taux d’analphabétisme est très élevé, le Noma est perçu comme une malédiction divine au même titre que la lèpre. Les enfants âgés de 2 à 6 ans sont les plus exposés, car cet âge de sevrage est souvent accompagné de malnutrition chronique. Le Noma est aussi favorisé par les maladies infectieuses (rougeole et thyphoïde) et l’absence d’hygiène bucco-dentaire. On compte un chirurgien-dentiste pour 645.988 Nigériens, selon les statistiques officielles. La plupart des malades vivent dans des villages reculés, ce qui complique leur recensement,indiquent les responsables de l’ONG allemande qui, outre les soins, prend en charge les coûts des opérations chirurgicales en Europe. Très complexe, cette chirurgie consiste à colmater, à l’aide de morceaux de chair prélevés sur le corps du patient, la fosse osseuse puis à restaurer les supports faciaux et musculaires. Au total, 113 patients nigériens, en majorité des enfants, ont bénéficié de cette opération. (AFP)
Disparu des pays riches, le Noma, une affection mortelle liée au manque d’hygiène et qui tire son nom du grec «dévorer», fait toujours des victimes au Niger où 300 cas ont ainsi été recensés par une ONG allemande. Hilfsaktion, qui a organisé la semaine dernière un séminaire sur le sujet à Dosso (100 kilomètres au sud-est de Niamey), prévoit de dépenser cette année 630 millions de francs CFA (6,3 millions de FF) pour le financement de nouveaux projets à Niamey, dont la réalisation d’une salle d’opération et la construction d’un «Centre Noma». A partir d’une simple lésion à la gencive ou à la joue, le Noma défigure en quelques jours la victime qu’il dévore. L’épaisseur de la joue diminue et, comme attaquées par l’acide, les lèvres, comme la peau recouvrant le nez, disparaissent, dévoilant le...