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Actualités - Chronologie

Hussein a opté pour une transparence rare

En tenue décontractée, le roi Hussein de Jordanie est apparu sur les télévisions du monde pour parler de son cancer, optant pour une transparence rare chez les chefs d’Etat, au Proche-Orient en particulier. «Les médecins (…) se sont mis d’accord sur le fait que je suis atteint d’un lymphome (cancer des ganglions lymphatiques) de type B, et ce genre de cancer est totalement curable», a affirmé le roi, filmé dans une clinique américaine, en chemise, cravaté mais le col ouvert. Dans sa première apparition publique depuis son hospitalisation le 14 juillet à la clinique Mayo dans l’Etat du Minnesota, le souverain jordanien, âgé de 62 ans, n’a pas ménagé les détails sur sa santé et a présenté son cancer comme une «nouvelle bataille qu’(il) espère remporter». Il a même révélé que «certains médecins et des officiels en Jordanie ont voulu cacher (son) véritable état de santé, peut-être parce qu’ils ont craint que cela affecte négativement le moral de la population», mais, a-t-il dit, «dans ces circonstances il faut être franc». Bien qu’habitués à sa franchise, puisqu’il ne leur a pas caché son cancer au rein en août 1992, les Jordaniens n’ont pas moins été touchés par les propos du roi. La presse jordanienne de mercredi est d’ailleurs unanime: le roi Hussein pratique une transparence qui n’a pas d’égale au Proche-Orient. Ainsi, les ennuis de santé du président égyptien Gamal Abdel Nasser, qui jouissait d’une grande popularité dans le monde arabe, n’ont été rendus publics qu’après sa mort en septembre 1970 à l’âge de 52 ans. La santé du président syrien Hafez el-Assad reste un mystère. Ses hospitalisations font l’objet de communiqués succincts à Damas qui se contentent d’évoquer une «fatigue» du président. «Rhumes» et «appendicites» Le roi Hassan II du Maroc a cessé de fumer après qu’un cancer du poumon eut été détecté il y a deux ans, selon des informations jamais confirmées officiellement au Maroc. Le président de l’Autorité palestinienne Yasser Arafat, agité de tremblements fréquents qui font croire qu’il est atteint de la maladie de Parkinson, n’a jamais publié de communiqué médical et ses proches restent très discrets sur le sujet. La santé du roi Fahd d’Arabie Séoudite a provoqué des inquiétudes au cours des deux dernières années. Toutefois, officiellement, le monarque wahabite ne souffre que d’un problème de vésicule biliaire. Le prince héritier du Koweit, cheikh Saad Abdallah Sabah, serait atteint d’un cancer de la prostate, mais aucune information officielle n’a été publiée à ce sujet. Le secret qui entoure le plus souvent la santé des dirigeants n’est pas uniquement le fait du Proche-Orient. Les leaders soviétiques ont été les champions toutes catégories des «rhumes», «refroidissements» et autres «appendicites» qui, dans la plupart des cas, provoquaient leur mort. En Occident, la transparence sur la santé des dirigeants n’est pas encore complètement entrée dans les mœurs: on s’en est aperçu en France notamment à l’occasion de la maladie des présidents Georges Pompidou (1969-1974) et François Mitterrand (1981-1995). l A Damas, un responsable syrien qui a requis l’anonymat a affirmé qu’«il appartenait au peuple jordanien de déterminer son avenir d’une manière adéquate», en réponse à une question concernant l’état de santé du roi Hussein. Ce responsable a critiqué «les accords conclus entre la Jordanie et Israël qui n’ont conduit qu’à de mauvais résultats», selon lui. «L’état actuel de l’économie jordanienne est une preuve de l’impact mégatif de ces accords sur le peuple jordanien», a-t-il estimé. (AFP)
En tenue décontractée, le roi Hussein de Jordanie est apparu sur les télévisions du monde pour parler de son cancer, optant pour une transparence rare chez les chefs d’Etat, au Proche-Orient en particulier. «Les médecins (…) se sont mis d’accord sur le fait que je suis atteint d’un lymphome (cancer des ganglions lymphatiques) de type B, et ce genre de cancer est totalement curable», a affirmé le roi, filmé dans une clinique américaine, en chemise, cravaté mais le col ouvert. Dans sa première apparition publique depuis son hospitalisation le 14 juillet à la clinique Mayo dans l’Etat du Minnesota, le souverain jordanien, âgé de 62 ans, n’a pas ménagé les détails sur sa santé et a présenté son cancer comme une «nouvelle bataille qu’(il) espère remporter». Il a même révélé que «certains médecins...