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Actualités - Opinion

Note de lecture May Khalil, une destinée qui triomphe du destin

Témoignage doublé d’une réflexion philosophique personnelle et précieuse, l’ouvrage de May Khalil «Le fruit de la foi» (Hiçad al-Imane) est l’histoire d’une destinée qui triomphe du destin. May Khalil a été victime, très jeune, d’une poliomyélite qui lui a paralysé les jambes et, du plus loin qu’elle se souvienne, deux cannes en aluminium lui ont servi d’appui pour marcher. Elle a vainement tenté, à de nombreuses reprises, de jeter ces cannes honnies, mais indispensables, qui lui paralysent les mains. Et voici qu’un beau jour débarque au Liban le P. Emilien Tardif, dont le ministère de guérison est aujourd’hui familier aux Libanais. May Khalil est là, au fond de la cour de l’école de La Sagesse, «espérant contre toute espérance» qu’un mot du Ciel la délivrera. Et ce mot vient, et la voilà encouragée par l’exhortation que le P. Tardif, à jeter ses cannes et à avancer, toujours claudicante, mais les mains enfin libres. Ce «miracle» durera et aujourd’hui, trois ans plus tard, May Khalil se déplace de plus en plus librement, tout en boitant. Il y a dans ce petit livre la graine d’un auteur. May Khalil, tout en travaillant comme standardiste à la LBC, a poursuivi des études de lettres et de philosophie. Sa réflexion pourra mûrir, mais ses accents sombres et ardents à la fois, ressemblent aujourd’hui à la flamme pure et brillante d’une déclaration d’amour. L’ouvrage est divisé en deux parties: le témoignage de la guérison proprement dit, et de plus ou moins courtes réflexion et méditations sur la foi, le miracle, Dieu, la médecine. D’avoir épuisé tous les recours médicaux et paramédicaux (elle a essayé les remèdes des guérisseurs et des voyants), dans l’espoir de guérir, a développé chez May Khalil une horreur presque «métaphysique» pour la médecine. Ce thème est l’une des articulations principales du livre. Certains passages reflètent un mépris total, absolu, irréductible, de la médecine, un ressentiment éternel contre sa prétention et sa vanité. En fait, ce mépris n’est pas vraiment pour la médecine, mais pour le scientisme insupportable qui souvent l’accompagne. L’ouvrage est une réflexion sur les limites de toute science positive, qui cherche à asservir l’homme, à le réduire à ses possibilités. Il est émaillé de très belles phrases sur l’inanité d’un monde physique muet, parce qu’il ne parle pas le langage de la foi, de l’ordre et de la paix, mais du chaos et de la fatalité. Aucune trace d’apitoiement sur son sort, chez May Khalil, mais le témoignage d’une volonté ardente. Du reste, l’ouvrage rend justice à l’école d’Aïntoura où elle a fait ses études, qui a su être le parfait «milieu porteur», attentionné, miséricordieux, habile à lui faire oublier son handicap, à ses parents et à ses frères, qui l’ont toujours entourée. Et ça va de soi, semble-t-il, quand on comprend que le grand handicap, à ses parents et à ses frères, qui l’ont toujours entourée. Et ça va de soi, semble-t-il, quand on comprend que le grand handicap n’est pas de ne pas pouvoir marcher, entendre ou voir, mais de ne pas pouvoir aimer, de pétrifier son cœur.
Témoignage doublé d’une réflexion philosophique personnelle et précieuse, l’ouvrage de May Khalil «Le fruit de la foi» (Hiçad al-Imane) est l’histoire d’une destinée qui triomphe du destin. May Khalil a été victime, très jeune, d’une poliomyélite qui lui a paralysé les jambes et, du plus loin qu’elle se souvienne, deux cannes en aluminium lui ont servi d’appui pour marcher. Elle a vainement tenté, à de nombreuses reprises, de jeter ces cannes honnies, mais indispensables, qui lui paralysent les mains. Et voici qu’un beau jour débarque au Liban le P. Emilien Tardif, dont le ministère de guérison est aujourd’hui familier aux Libanais. May Khalil est là, au fond de la cour de l’école de La Sagesse, «espérant contre toute espérance» qu’un mot du Ciel la délivrera. Et ce mot vient, et la voilà...