Les encagoulés roumains, une force d'intervention pour les missions périlleuses
le 27 avril 1998 à 00h00
La porte vole en éclats, en combinaisons noires et encagoulés, quelques ombres font irruption dans le petit appartement, se jettent sur le malfaiteur, le maîtrisent et lui passent les menottes. La mission est accomplie en moins de dix secondes. «Pour mes hommes, c’est un exercice de routine», explique le colonel Dan Negrus, commandant du Service d’interventions et d’actions spéciales (SIAS), l’unité d’élite de la police roumaine. Le SIAS intervient dans les situations les plus dangereuses, les prises d’otages ou les arrestations mouvementées de criminels. Cette unité a été créée en 1995 pour répondre «à la prolifération d’une criminalité de plus en plus professionnelle et pour donner une riposte ferme au crime organisé». Depuis sa création, le SIAS a accompli plus de 300 missions dont plusieurs contre des réseaux de trafiquants de drogue. Le colonel Negrus et ses hommes n’interviennent que sur demande d’autres services de police lorsque ces derniers estiment que les dangers sont trop importants. Ainsi, le dernier coup de filet réussi à Brasov des «encagoulés» était contre «un ancien de la Légion étrangères» recherché pour multiples meurtres et braquages de fourgons bancaires perpétrés entre 1983 et 1997 en Belgique. En peu de temps, les hommes du colonel Negrus — qui refuse de révéler ses effectifs afin de «maintenir une pression psychologique sur l’adversaire» —, se sont bâtis une réputation d’invincibles. «Souvent notre simple apparition paralyse l’objectif», affirme-t-il. Mais ce n’est pas toujours le cas. Ainsi le colonel raconte comment lors de l’arrestation du chef d’une mafia locale qui terrorisait la région de Valcea (centre du pays), ce dernier s’est farouchement défendu en jetant des cocktails molotov sur ses hommes. «Nos combinaisons ont pris feu, car elles ne sont pas ignifugées», se souvient le colonel Negrus, un sportif d’une quarantaine d’années aux cheveux grisonnants. Surnommés également les «bau-bau» (épouvantail imaginaire pour les enfants), ou les «cosmonautes», les officiers du SIAS sont recrutés parmi les meilleurs sportifs et policiers du pays. Ils pratiquent les arts martiaux, l’escalade et le saut en parachute. Le patron du SIAS s’indigne lorsqu’il évoque les salaires de ses hommes. «Le budget d’austérité nous frappe aussi, mais pour un tel travail un revenu mensuel inférieur à 100 dollars est aberrant». De plus, les policiers du SIAS, qui interviennent souvent contre les nombreuses mafias qui sévissent en Roumanie, ne bénéficient d’aucune protection particulière. «Notre meilleure protection reste la cagoule», indique le colonel Negrus.(AFP)
La porte vole en éclats, en combinaisons noires et encagoulés, quelques ombres font irruption dans le petit appartement, se jettent sur le malfaiteur, le maîtrisent et lui passent les menottes. La mission est accomplie en moins de dix secondes. «Pour mes hommes, c’est un exercice de routine», explique le colonel Dan Negrus, commandant du Service d’interventions et d’actions spéciales (SIAS), l’unité d’élite de la police roumaine. Le SIAS intervient dans les situations les plus dangereuses, les prises d’otages ou les arrestations mouvementées de criminels. Cette unité a été créée en 1995 pour répondre «à la prolifération d’une criminalité de plus en plus professionnelle et pour donner une riposte ferme au crime organisé». Depuis sa création, le SIAS a accompli plus de 300 missions dont plusieurs contre...
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