L’esclavage doit être considéré comme un crime contre l’humanité parce qu’il «nie toute existence» à l’homme, a estimé samedi le président de l’Assemblée nationale française Laurent Fabius, lors de la commémoration du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage au Palais Bourbon. «C’est vraiment la personne humaine elle-même qui est visée, dans ce qui constitue l’esclavage. On lui supprime sa liberté, on lui supprime son identité, on lui nie toute existence comme homme ou comme femme. Donc si ce n’est pas un crime contre l’humanité, le crime contre l’humanité n’a pas de contenu», a déclaré M. Fabius à la presse. «Nous devons militer pour l’existence d’un tribunal pénal international qui puisse juger ces crimes contre l’humanité. Ce n’est pas une discussion simplement entre juges, il y a des conséquences qui s’attachent à cela, notamment le fait que le crime (de l’esclavage) est universel et imprescriptible», a-t-il poursuivi. L’ancien premier ministre a accueilli dans la matinée 1.200 jeunes, dont quelque 200 venus d’Outre-Mer, avant d’inaugurer l’exposition «Déchaîne ta citoyenneté» dans la Galerie des fêtes de l’Hôtel de Lassay, en présence du secrétaire d’Etat français chargé de l’Outre-Mer, Jean-Jack Queyranne. «La haine, l’intolérance, la bêtise ne sont pas l’apanage des temps révolus ou des contrées lointaines. Dans nos rues, il y a par exemple la menace que fait peser un parti qui prône l’inégalité des peuples et des races, c’est-à-dire le fondement théorique de l’esclavage», a-t-il déclaré devant les jeunes, sans toutefois citer le Front national. Pour M. Fabius, «nous sommes toujours redevables à l’Afrique de la souffrance que nous lui avons infligée et dont les traces demeurent souvent dans les sociétés et dans les têtes». Il a annoncé la visite prochaine à l’Assemblée nationale du président du Sénégal Abdou Diouf et celle, «à la fin de l’année», du chef de l’Etat sud-africain Nelson Mandela. «Il est juste que ce soit des représentants aussi symboliques de l’Afrique de notre temps qui viennent ici, au cœur même de la République, porter témoignage de leurs attentes vis-à-vis de l’Europe qui leur doit réparation», a souligné M. Fabius. Outre l’émission d’un timbre-anniversaire, créé par le peintre français d’origine haïtienne Hervé Télémaque, quelque 200 panneaux commémorant le cent-cinquantenaire de l’abolition de l’esclavage — réalisés par des lycéens, collégiens et écoliers de l’ensemble du territoire français — sont exposés jusqu’au 7 mai au Palais Bourbon. Ces affiches retracent, à l’aide de textes, de photos et de dessins, l’histoire de l’esclavage jusqu’au décret d’abolition du 27 avril 1848, à l’initiative de Victor Schoelcher. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’esclavage doit être considéré comme un crime contre l’humanité parce qu’il «nie toute existence» à l’homme, a estimé samedi le président de l’Assemblée nationale française Laurent Fabius, lors de la commémoration du 150e anniversaire de l’abolition de l’esclavage au Palais Bourbon. «C’est vraiment la personne humaine elle-même qui est visée, dans ce qui constitue l’esclavage. On lui supprime sa liberté, on lui supprime son identité, on lui nie toute existence comme homme ou comme femme. Donc si ce n’est pas un crime contre l’humanité, le crime contre l’humanité n’a pas de contenu», a déclaré M. Fabius à la presse. «Nous devons militer pour l’existence d’un tribunal pénal international qui puisse juger ces crimes contre l’humanité. Ce n’est pas une discussion simplement entre...