La Commission des droits de l’homme des Nations Unies a condamné les «violations extrêmement graves, systématiques et généralisées» des droits et des libertés en Irak. En revanche, la résolution critiquant Cuba a été rejetée pour la première fois depuis des années. Présenté par l’Union européenne, le texte condamnant l’Irak a été vivement critiqué par la délégation irakienne, qui assistait à la réunion en tant qu’observateur. La délégation a dénoncé les sanctions internationales qui pèsent sur Bagdad et qui seraient à l’origine, selon elle, de la mort de 1,5 million d’Irakiens depuis 1991. D’après la délégation, la commission des Nations Unies «ne prend pas en compte la véritable extermination qui se déroule» en Irak. La Russie a tenté de faire supprimer plusieurs paragraphes de la résolution, notamment ceux évoquant les violations «qui ont pour résultat une répression omniprésente et une oppression relayée par une discrimination et une terreur généralisées». La délégation russe estimait que le texte présenté ne tenait pas compte des changements intervenus en Irak. «Nous pensons que dans l’ensemble, l’Irak a les moyens d’améliorer la situation des droits de l’homme», a expliqué la délégation. Les 53 membres de la commission ont également exprimé leur inquiétude quant à la situation des droits de l’homme au Myanmar (Birmanie), où se dérouleraient des exécutions sommaires, et au Nigeria, où sont signalés de nombreux abus, dont des détentions arbitraires. Défaite US Lors de sa principale session annuelle, la commission des Nations Unies a insisté auprès des autorités de la République démocratique du Congo pour qu’elles autorisent les enquêtes sur les massacres présumés de réfugiés rwandais. La résolution, rédigée par la Grande-Bretagne au nom de l’Union européenne, a été adoptée par 28 voix contre sept. Dix-huit membres de la commission se sont abstenus. La semaine dernière, le secrétaire général de l’ONU avait été contraint de retirer l’équipe d’experts des droits de l’homme et de médecine légale chargés de faire toute la lumière sur les meurtres de Rwandais lors de la marche de Kabila sur Kinshasa, en mai 1997. En revanche, la commission a rejeté pour la première fois depuis des années une proposition de résolution présentée par les Etats-Unis qui accusait le gouvernement cubain de violations des libertés fondamentales. Jacob Selebi, président de la commission, a annoncé que la proposition américaine avait été rejetée par 19 voix contre 16 et 18 abstentions. Son intervention a été largement applaudie. La délégation cubaine a salué la fin d’un «exercice ridicule et manipulatoire des Etats-Unis». En 1997, la résolution critiquant Cuba avait été adoptée par 19 voix contre 10 et 24 abstentions. A La Havane, les autorités ont salué la décision de la commission. L’agence de presse officielle Prensa Latina a qualifié le vote de «défaite historique» de Washington, à qui la commission a administré «un sérieux revers». «Justice a été rendue», s’est réjoui Carlos Amat, chef de la délégation, au micro de Radio Rebelle, une radio basée à La Havane. «La vérité sort enfin et la Commission des Nations Unies a vu clair dans le jeu sordide (des Etats-Unis) contre notre pays», a-t-il ajouté. Cette année, la résolution avait reçu le soutien entre autres de la Grande-Bretagne, du Canada, de la France, de l’Italie, de l’Allemagne et du Japon. La majorité des pays d’Amérique latine s’est abstenue. La Chine, l’Inde et la Russie se sont prononcées contre la résolution. (Reuters)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Commission des droits de l’homme des Nations Unies a condamné les «violations extrêmement graves, systématiques et généralisées» des droits et des libertés en Irak. En revanche, la résolution critiquant Cuba a été rejetée pour la première fois depuis des années. Présenté par l’Union européenne, le texte condamnant l’Irak a été vivement critiqué par la délégation irakienne, qui assistait à la réunion en tant qu’observateur. La délégation a dénoncé les sanctions internationales qui pèsent sur Bagdad et qui seraient à l’origine, selon elle, de la mort de 1,5 million d’Irakiens depuis 1991. D’après la délégation, la commission des Nations Unies «ne prend pas en compte la véritable extermination qui se déroule» en Irak. La Russie a tenté de faire supprimer plusieurs paragraphes de la...