Ils ont construit ensemble l’accord de paix en Irlande du Nord, ont affronté côte à côte la crise irakienne et cherchent maintenant à relancer le processus de paix au Proche-Orient: Bill Clinton et Tony Blair s’épaulent mutuellement pour défendre leur politique extérieure. Les affinités du président américain et du premier ministre britannique, élu il y a à peine un an, ne sont pas un secret à Washington où les responsables de l’administration parlent «de la grande sympathie» qui unit les deux hommes. «C’est une relation spéciale en action», fait remarquer Stanley Sloan, un chercheur au Congressional Research Service. Alors que M. Blair et M. Clinton reproduisent un peu le couple Ronald Reagan — Margaret Thatcher des années 1980, les responsables officiels ne perçoivent pas de stratégie américaine visant à diviser l’Europe ou redéfinir les relations transatlantiques à travers le prisme Washington-Londres. «La Grande-Bretagne est un bon intermédiaire. Mais les Etats-Unis ne peuvent compter sur elle pour leur donner la clef de l’Union européenne», estime un porte-parole du département d’Etat ayant requis l’anonymat. Mais, au cours des derniers mois, la coopération anglo-américaine a connu des succès sur le front diplomatique. Sur l’Irlande du Nord, les deux gouvernements se sont mis d’accord sur une approche commune du processus de paix forçant toutes les parties au compromis, qui a mené à l’accord historique du Vendredi Saint. Lorsque le président irakien Saddam Hussein a déclaré les palais présidentiels inaccessibles aux inspecteurs de l’ONU en janvier, le Royaume-Uni a rapidement envoyé un porte-avions dans le Golfe pour soutenir les forces américaines dans la région. La présidence de l’UE acquise en janvier a donné à Londres la possibilité d’augmenter la pression sur Israël et les Palestiniens pour qu’ils reprennent les négociations. Une première Lors de sa visite au Proche-Orient, M. Blair a annoncé que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le dirigeant palestinien Yasser Arafat étaient invités à Londres pour des discussions organisées sous l’égide des Etats-Unis. Cette annonce était une première pour les Etats-Unis, qui avaient jusqu’à présent refusé d’accorder à l’Europe un rôle plus important dans le processus de paix au Proche-Orient. Selon certains responsables, Washington permet à la Grande-Bretagne de renforcer son rôle dans le but d’accroître la pression sur Israël. «J’imagine que le gouvernement partage l’inquiétude des Européens sur le sort du processus de paix (...). Mais, en raison de préoccupations intérieures, principalement de certains administrés, il ne peut pas s’exprimer aussi directement que les Européens», a déclaré un responsable du département d’Etat. Bill Clinton a dû faire face à des pressions importantes de la part de dirigeants juifs américains contre des demandes de retrait d’Israël de Cisjordanie. Si la coopération britannique au Proche-Orient est la bienvenue, le gouvernement américain veut cependant s’assurer que M. Blair ne sera pas taxé de suivisme par les autres gouvernements européens. L’Autriche prendra la présidence de l’UE le 1er juillet pour six mois d’une politique perçue à l’avance par des responsables officiels comme beaucoup plus dans la ligne de Bruxelles. Mais sur le plan bilatéral, MM. Clinton et Blair devraient continuer à avancer unis. Les deux hommes sont considérés comme jeunes, politiquement ambitieux et qui dirigent des partis de gauche, tout en empruntant des idées de la droite afin d’élargir leur électorat. M. Clinton s’était réjoui de l’élection de M. Blair, alors qu’il connaissait des relations plus que tièdes avec l’ancien premier ministre britannique John Major, plus proche des républicains lors de l’élection présidentielle américaine de 1992. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ils ont construit ensemble l’accord de paix en Irlande du Nord, ont affronté côte à côte la crise irakienne et cherchent maintenant à relancer le processus de paix au Proche-Orient: Bill Clinton et Tony Blair s’épaulent mutuellement pour défendre leur politique extérieure. Les affinités du président américain et du premier ministre britannique, élu il y a à peine un an, ne sont pas un secret à Washington où les responsables de l’administration parlent «de la grande sympathie» qui unit les deux hommes. «C’est une relation spéciale en action», fait remarquer Stanley Sloan, un chercheur au Congressional Research Service. Alors que M. Blair et M. Clinton reproduisent un peu le couple Ronald Reagan — Margaret Thatcher des années 1980, les responsables officiels ne perçoivent pas de stratégie américaine...