Les pays de l’UE participant aux réunions financières de la semaine à Washington sur la crise asiatique y présenteront sans doute des positions assez harmonisées, mais à l’avenir c’est d’une seule voix que la zone euro devra s’exprimer dans les instances internationales. On risque toutefois de constater des tâtonnements, car les moyens institutionnels pour arriver à cette unité ne sont qu’esquissés. Aucun responsable européen ne conteste les déclarations du commissaire européen aux finances Yves-Thibault de Silguy insistant sur la nécessité d’une «expression unique des membres de la zone euro» dès que celle-ci sera officiellement constituée le 1er janvier 1999, très probablement avec onze pays (les Quinze moins le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et la Grèce). Toute cacophonie concernant la monnaie unique européenne serait en effet impitoyablement sanctionnée par les marchés. Mais le dernier sommet européen de décembre à Luxembourg a été succinct à ce sujet. Selon son document final, «le Conseil (des ministres) et la Banque centrale européenne (BCE) rempliront leurs tâches dans la représentation de la Communauté au niveau international de manière efficace et dans le respect des compétences prévues au traité. La commission sera associée à la représentation externe pour lui permettre d’exercer le rôle que lui assignent les dispositions du traité». Au cours d’auditions devant le Parlement européen, M. de Silguy a préconisé que pour toutes les questions concernant la surveillance des politiques économiques ou les discussions relatives au système monétaire international, il y ait «une coordination préalable entre les Etats membres et la Commission, incluant en cas de besoin, la BCE». Plus précisément en ce qui concerne la surveillance des économies de la zone euro par le FMI, il a recommandé que ce dernier puisse «s’appuyer davantage sur l’expertise de la Commission» pour tout ce qui concerne la situation budgétaire et sur celle de la BCE pour la politique monétaire. La Commission européenne est déjà systématiquement représentée aux réunions du FMI, de l’OCDE et aux sommets du G7 (Etats-Unis, Canada, Japon, Royaume-Uni, France, Allemagne, Italie) et au coup pour coup aux réunions des ministres des Finances du G7. Selon un de ses responsables, ce rôle international de la Commission ne peut que se renforcer même dans l’optique d’une meilleure coordination des Etats membres, du fait «de sa vision d’ensemble et de sa capacité à fournir un appui technique pour tous les aspects opérationnels». Dans les réunions internationales des gouverneurs des banques centrales, c’est celui de la BCE qui aura la vedette à partir de 1999. «Il n’est précisé nulle part que les gouverneurs des banques centrales des pays membres de l’euro n’y assisteront plus, mais la logique voudrait qu’ils n’y ouvrent plus la bouche», souligne un expert monétaire européen. La Commission européenne et la BCE n’ont pas de responsabilité politique et beaucoup pensent donc que l’organe majeur d’élaboration de la future «voix unique» de la zone euro sera le «conseil de l’euro», fruit de discussions acharnées ces derniers mois entre les ministres des Finances des Quinze. Ce regroupement des ministres des Finances de la zone euro devrait avoir sa première réunion avant l’été, peu après la décision historique par le sommet européen de Bruxelles début mai du choix des pays participants. Les «conseils de l’euro» seront «informels» en ce sens qu’ils ne prendront pas les décisions, qui devront rester l’apanage des conseils Ecofin regroupant quant à eux l’ensemble des pays membres de l’UE. Mais comme l’a souligné le ministre français Dominique Strauss-Kahn, il aura «vocation à traiter un champ extrêmement vaste puisqu’indirectement la plupart des sujets économiques ont une conséquence sur la monnaie». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les pays de l’UE participant aux réunions financières de la semaine à Washington sur la crise asiatique y présenteront sans doute des positions assez harmonisées, mais à l’avenir c’est d’une seule voix que la zone euro devra s’exprimer dans les instances internationales. On risque toutefois de constater des tâtonnements, car les moyens institutionnels pour arriver à cette unité ne sont qu’esquissés. Aucun responsable européen ne conteste les déclarations du commissaire européen aux finances Yves-Thibault de Silguy insistant sur la nécessité d’une «expression unique des membres de la zone euro» dès que celle-ci sera officiellement constituée le 1er janvier 1999, très probablement avec onze pays (les Quinze moins le Royaume-Uni, la Suède, le Danemark et la Grèce). Toute cacophonie concernant la monnaie...