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Actualités - Chronologie

Pédophilie au Pays de Galles

La police britannique a bouclé son enquête sur l’une des plus graves affaires de pédophilie du pays, la mise au jour d’un vaste réseau dans des centres sociaux du nord du Pays de Galles, en plein débat sur le renforcement de l’arsenal judiciaire contre les pédophiles. Poussé par l’opinion qui craignait que l’affaire ne soit étouffée, l’ancien gouvernement conservateur avait mis sur pied début 1997 une commission d’enquête spéciale pour traiter de ce dossier, présidée par un magistrat. Quinze mois après le début de ses travaux, elle a entendu son dernier témoin; elle rendra à l’été ses conclusions après avoir accumulé les dépositions accablantes de près de 500 victimes. Les enquêteurs soupçonnent deux foyers sociaux de la province d’avoir abrité pendant une vingtaine d’années un réseau de pédophiles qui comprendrait certains policiers, des édiles locaux, un hommes d’affaires, le fils d’un lord, des travailleurs sociaux, un officier de probation et même un prêtre. Tous ont nié les accusations de viols répétés mais les témoignages des victimes sont concordants et édifiants. Il s’agit pour l’essentiel de jeunes garçons pensionnaires des foyers et âgés de 10 à 19 ans au moment des faits, entre 1974 et 1993. Ils ont raconté en détail comment ils avaient été systématiquement abusés, dans des circonstances frisant parfois la barbarie, par les personnes qui étaient chargées de veiller sur eux. Le rapport d’audition de la commission contient pas moins de 29.000 pages. «Les enfants qui étaient placés (dans les centres incriminés) ont subi des abus sexuels et physiques qui s’apparentent à de la pure exploitation», a estimé un avocat de victimes Gerard Elias. Deux des garçons à l’origine de cette investigation, qui avaient révélé les sévices qu’ils avaient subis dans la presse en 1991, sont depuis décédés. Ils se sont pendus. Environ 50 policiers ont été mobilisés pour cette enquête, qui a eu un grand retentissement dans l’opinion. Elle avait débuté dans le foyer public de Bryn Estyn à Wrexham (nord du Pays de Galles) où pas moins de 138 plaintes portant sur vingt-deux ans ont été enregistrées, avant de s’étendre à un deuxième établissement de la région. La commission met fin à ses auditions au moment où le gouvernement s’est engagé à durcir à l’automne les mesures prévues contre les auteurs de crimes sexuels contre des enfants. Il veut autoriser des experts psychiatres à prolonger indéfiniment leur incarcération s’ils sont jugés dangereux à l’expiration de leur peine. Le débat a été relancé à l’occasion de la sortie de prison de l’un des criminels pédophiles les plus dangereux du pays, Sydney Cooke. Par crainte d’incidents avec la population qui dénonce cet élargissement, l’homme, âgé de 70 ans, a été convaincu de loger provisoirement... dans une cellule d’un commissariat de quartier, pour sa propre sécurité. Il a accepté par la suite de porter un bracelet électronique. (AFP)
La police britannique a bouclé son enquête sur l’une des plus graves affaires de pédophilie du pays, la mise au jour d’un vaste réseau dans des centres sociaux du nord du Pays de Galles, en plein débat sur le renforcement de l’arsenal judiciaire contre les pédophiles. Poussé par l’opinion qui craignait que l’affaire ne soit étouffée, l’ancien gouvernement conservateur avait mis sur pied début 1997 une commission d’enquête spéciale pour traiter de ce dossier, présidée par un magistrat. Quinze mois après le début de ses travaux, elle a entendu son dernier témoin; elle rendra à l’été ses conclusions après avoir accumulé les dépositions accablantes de près de 500 victimes. Les enquêteurs soupçonnent deux foyers sociaux de la province d’avoir abrité pendant une vingtaine d’années un réseau...