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Actualités - Biographies

Décès de Mgr Séraphim, primat de Grèce

L’archevêque d’Athènes et primat de l’Eglise orthodoxe de Grèce, Mgr Séraphim, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 85 ans des suites d’une infection pulmonaire, a-t-on appris de source hospitalière. Mgr Seraphim avait été hospitalisé il y a 45 jours à l’hôpital Laïko d’Athènes et son état s’était aggravé ces derniers jours. Le dirigeant de l’Eglise grecque souffrait depuis quatre ans d’insuffisances rénales. Mgr Séraphim dirigeait depuis 1974 l’Eglise grecque, qui n’est pas séparée de l’Etat et qui jouit d’une très forte influence auprès des Grecs, orthodoxes à plus de 95%. Mgr Seraphim a fait de l’Eglise orthodoxe grecque un influent bastion nationaliste, au détriment de son rayonnement spirituel. Fort d’une popularité acquise dans la résistance armée à l’occupation nazie, ce prélat peu cultivé n’a cessé de batailler contre toutes les ouvertures doctrinales ou politiques susceptibles selon lui de menacer l’identité nationale et religieuse d’un pays orthodoxe. Face à l’esprit de réconciliation œcuménique affiché par le patriarcat orthodoxe de Constantinople, avec lequel il entretenait des relations orageuses, il a aussi creusé le fossé entre son Eglise et les autres religions, tournant le dos à tout dialogue avec le judaïsme, le catholicisme ou l’islam. Sous la direction de ce personnage au franc-parler légendaire, l’Eglise, non séparée de l’Etat, s’est notamment opposée à l’intégration communautaire du pays et à l’instauration du mariage civil en 1981, tout en réclamant à plusieurs reprises la rupture des relations diplomatiques entre Athènes et le Vatican. Ralliée à la cause serbe durant le conflit yougoslave, elle a également réussi à bloquer un projet socialiste de nationalisation de son immense patrimoine foncier, et à imposer le maintien de l’obligation faite aux Grecs de mentionner leur religion sur leurs cartes d’identité. Aucun des principaux candidats à la succession du défunt n’a manifesté l’intention de se démarquer de cette ligne. Né en 1913 à Karditsa (centre de la Grèce), Mgr Séraphim, dans le civil Vissarion Tikas, est sacré diacre en 1938 et prêtre en 1942, après des études à la faculté de théologie de l’Université d’Athènes. Nommé évêque d’Arta en 1949, il est muté en 1958 à l’évêché de Ioannina (nord-ouest), où il milite pour la minorité grecque d’Albanie, alors sous régime communiste. Il devra son ascension à la dictature «des colonels» (1967-74), qui le porte, peu avant le rétablissement de la démocratie, à la tête de l’Eglise, à l’issue d’une élection reconnue comme conforme. Il y succède à Mgr Hieronymos, imposé irrégulièrement au clergé par la Junte. Flexible, il réussira longtemps à contenir les luttes d’influence internes à l’Eglise, qui ne se rallumeront que vers la fin de sa vie. Accroché à son siège en dépit d’une santé de plus en plus fragile, il traitera alors ses dauphins de «corbeaux». L’Eglise grecque est l’une des Eglises autocéphales de la religion orthodoxe, sur lesquelles le patriarcat œcuménique de Constantinople (Istanbul) n’exerce qu’une primauté spirituelle, le patriarche d’Istanbul n’étant, pour les autres patriarches orthodoxes, que le «premier parmi ses égaux». (AFP)
L’archevêque d’Athènes et primat de l’Eglise orthodoxe de Grèce, Mgr Séraphim, est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi à l’âge de 85 ans des suites d’une infection pulmonaire, a-t-on appris de source hospitalière. Mgr Seraphim avait été hospitalisé il y a 45 jours à l’hôpital Laïko d’Athènes et son état s’était aggravé ces derniers jours. Le dirigeant de l’Eglise grecque souffrait depuis quatre ans d’insuffisances rénales. Mgr Séraphim dirigeait depuis 1974 l’Eglise grecque, qui n’est pas séparée de l’Etat et qui jouit d’une très forte influence auprès des Grecs, orthodoxes à plus de 95%. Mgr Seraphim a fait de l’Eglise orthodoxe grecque un influent bastion nationaliste, au détriment de son rayonnement spirituel. Fort d’une popularité acquise dans la résistance armée à...